
Hall d'entrée du lycée
Lundi 8h30
Assise toute seule dans un coin, buvant tranquillement un café qu'elle venait de prendre au distributeur, Adena souriait bêtement, regardant vaguement les lycéens qui passaient devant elle. A paraître si joyeuse en ce lundi matin, la jeune fille détonnait par rapport aux autres. Cependant, elle se fichait bien d'avoir l'air stupide. Elle était heureuse, surtout après ce qui s'était passé ce weekend.
Flashback
Samedi 16h30
Gare d'Atlantic City
Adena se pressait à travers la foule de voyageurs agglutinés sur le quai. Elle tentait tant bien que mal de fuir Carlos car elle n'avait aucune envie de l'écouter lui donner une excuse bidon pour expliquer son comportement.
Lorsqu'elle entendit lui crier qu'il n'avait pas pris l'argent de sa mère, le cur d'Adena fit un bond dans son poitrine. Surprise, elle se tourna si vite qu'elle fit un faux pas et tomba sur la voie.
A ce moment, un train entrait en gare. Pétrifiée par la peur, l'adolescente n'arrivait plus à faire le moindre mouvement. Elle ferma les yeux. C'était la fin, elle allait mourir, écrasée par ce monstre de fer qui fonçait droit sur elle.
Soudain, elle sentit qu'une force l'attirait sur le côté. Lorsqu'elle réussit enfin à ouvrir les yeux, le train passait à moins d'un mètre d'elle. Encore sous le choc, elle n'arrivait pas à comprendre ce qui s'était passé. Reprenant peu à peu ses esprits, elle réalisa qu'elle était dans les bras de Carlos. Elle comprit alors qu'il avait risqué sa vie pour sauver la sienne. Adena se mit alors à pleurer à chaudes larmes. D'abord parce qu'elle venait d'échapper à une mort imminente mais surtout parce qu'elle était touché par le geste de Carlos.
Une voix masculine sortit brusquement Adena de sa rêverie. Elle leva la tête et aperçut le principal du lycée qui la fixait.
Monsieur Baxter : Mademoiselle Stiles, je pourrais vous voir un instant, dans mon bureau.
![]()
![]()
Bureau du principal
8h45
Adena tenta de garder son calme. Elle n'avait pas penser qu'elle se retrouverait chez le principal, surtout à peine revenu au lycée mais il fallait bien qu'elle justifie son absence, chose qu'elle n'avait pas du tout envisagée.
Le principal referma la porte derrière Adena avant de prendre place dans son fauteuil. La lycéenne tenta de trouver rapidement une excuse mais elle n'eut pas le temps de penser à quoi que ce soit qu'il commença à parler,
Monsieur Baxter : Adena, vous vous doutez sans doute de la
raison de votre présence ici.
Adena : Probablement à cause de mon absence... Je sais, je
n'aurais pas dû rater une semaine entière de cours, les examens
approchent mais j'ai eu quelques petits soucis et...
Monsieur Baxter : Vous n'êtes plus inscrite au lycée, vous
n'avez plus votre place ici.
Adena : Quoi ? Mais Monsieur Baxter, je n'ai séchée qu'une
semaine, vous n'allez pas me renvoyer pour ça ? Je suis désolé
mais j'ai dû quitter New York précipitamment. J'aurais dû prévenir
mais à vrai dire, j'avais d'autres soucis en tête... Je vous en
prie, vous ne pouvez pas me renvoyer maintenant, les examens
finaux ont lieu bientôt.
Monsieur Baxter : Calmez-vous, vous n'êtes pas
renvoyer. Vous ne faites juste plus partie du lycée Liberty.
C'est vrai que je ne tolère pas que mes élèves fassent l'école
buissonnière mais je ne vais pas pour renvoyer pour votre
absence. Je vous connais un peu, je me doute bien qu'il y a une
bonne raison à cela. Vous êtes une jeune fille intelligente, je
sais que vous ne mettriez pas votre entrée en fac en péril en séchant
les cours, surtout en fin d'année.
Adena : Que voulez-vous dire par « vous ne faites juste
plus partie du lycée » ? Si je ne suis pas renvoyée,
pourquoi je n'ai plus ma place ici ?
Monsieur Baxter : En fait, c'est probablement un oubli de votre mère
mais elle a cessée de payer vos frais de scolarité. Vous ne
pouvez donc pas rester parmi nous.
Adena : Je ne pense pas que ce soit un oubli. Ma mère m'a rayée
de sa vie, elle n'approuve pas mes choix.
Monsieur Baxter : Quoi qu'il en soit, si vous voulez terminer
votre année scolaire à Liberty, il vous faut régler vos frais
de scolarité. Je vous laisse jusqu'à vendredi.
Adena : Ma mère ne voudra probablement rien déboursée, je vous
ferais un chèque moi même. Combien reste-t-il à payer au juste
?
Monsieur Baxter : 2000 dollars.
Adena : Quoi ? C'est une blague ?
Monsieur Baxter : Nous sommes un lycée privé et l'éducation
que nous proposons ici est assurée par des professeurs hautement
qualifiés. Tout cela n'est pas gratuit.
Adena : Bien... je vais m'arranger.
Monsieur Baxter : Je l'espère car je serais vraiment désolé
que le lycée perdre une de ses meilleures élèves pour une
simple histoire de comptabilité.
Adena sourit au principal mais intérieurement, elle grimaçait. 2000 dollars ? Comment allait-elle trouver une telle somme en si peu de temps ? Il était bien sûr hors de question qu'elle aille demander à sa mère qui se réjouirait trop de la voir supplier de l'aider.
![]()
17h00
Bar d'un hôtel
Adena entra dans le bar de l'hôtel. Elle était déjà venu ici des dizaines de fois auparavant mais aujourd'hui, elle n'était pas là pour boire quelques verres d'alcool tranquillement, sans que personne ne vienne contrôler son âge. Elle aurait bien eu besoin d'un petit remontant mais tout ce qu'elle aurait pu se payer ici, c'était les glaçons.
Elle prit place au comptoir et Carlos qui travaillait là, vint la rejoindre. En voyant la tête qu'elle faisait, il comprit rapidement qu'elle n'était pas dans un bon jour.
Carlos : Qu'est ce que tu as ? Ça c'est mal passé au lycée
?
Adena : Ma mère a trouvé un nouveau moyen de me pourrir la vie.
Elle a arrêter de payer mes frais de scolarité. Si je ne paye
pas avant la fin de semaine, le principal m'a bien fait
comprendre qu'il ne me laisserait pas terminer l'année.
Carlos : Si c'est que ça, je vais t'aider. Combien il te faut ?
2, 300 dollars ?
Adena : 2 000 dollars.
Carlos (qui faillit faire tomber le verre qu'il tenait entre les
mains) : 2 000 dollars ? Waouh... ça en fait une somme...
Adena : Je viens de passer à ma banque et ma mère a vidé tout
mes comptes. Je n'ai plus un seul centime. Je crois que je peux
faire une croix sur Liberty.
Carlos : Non ! On va trouver une solution... Je vais demander une
avance à mon patron et ma sur pourrait peut-être me
prêter un peu d'argent.
Adena : Carlos...
Carlos : Si tu te retrouves dans cette situation,
c'est à cause de moi. Laisses moi t'aider.
Adena : Si j'arrêtais le lycée et que je me trouvais un boulot...
ça serait bien plus simple.
Carlos : Hors de question que je te laisse faire une chose
pareille !
Adena : Mais...
Carlos : On va se débrouiller pour l'argent. Tu passeras ton
diplôme à Liberty, je te le promets.
Adena aurait voulu croire Carlos. Elle avait cependant un peu de mal à croire qu'il allait réussir à trouver autant d'argent en si peu de temps.
![]()
Réfectoire du lycée
Mardi 12h30
Adena : Dire que peut-être une des dernières fois que je
mange ici.
Nikki : Franchement, tu ne perdras rien... La nourriture ici, ça
n'a jamais été très fameux.
Adena sourit à la remarque mais le cur n'y était pas vraiment. Elle trouvait tout de même sympa de la part de Nikki qu'elle essaie de lui remonter le moral. Depuis son retour, la veille, Nikki n'avait pas cessé de l'écouter, la réconforter et lui dire que tout finirait par s'arranger.
Adena : Alors dis moi, que s'est -il passé durant toute cette
semaine ? Qu'est ce que j'ai loupé ?
Nikki : Pas grand chose tu sais...
Adena : Quoi ? Pas un scandale, pas même une petite rumeur ? Ne
me dis pas que rien ne s'est passé durant ma courte absence.
Nikki : J'ai pas vraiment fait attention tu sais... Ah si, Akira
s'est fait opérer de l'appendicite.
Adena : Palpitant...
Adena s'attendait à quelque chose d'un peu plus croustillant que ça. Au moins, connaître les derniers potins lui aurait permis de penser à autre chose. Déçue, elle planta sa fourchette dans son assiette de légumes et repris le cours de son déjeuner. Elle aperçut alors Charlie qui s'approchait de leur table rapidement. Elle s'apprêtait à le saluer mais visiblement, elle était transparente pour lui.
Nikki : Je t'ai déjà dit que je ne voulais plus
te voir.
Charlie : Nikki, cet enfant, c'est aussi le mien. J'ai le droit
de dire ce que j'en pense.
Nikki : Je n'ai pas envie d'en parler maintenant. Et parles moi
fort ! Tout le monde va t'attendre.
Adena avait un peu de mal à suivre. De quoi parlaient-ils tout les deux ? De quel enfant s'agissait-il ? De toute évidence, durant son absence, il s'était passé bien plus de choses que Nikki le laissait entendre.
Adena : Je peux savoir ce qui se passe ? Nikki, tu es...
Nikki : Oui, je suis enceinte, et alors ?
Tout à coup, le silence se fit dans le réfectoire. Alors qu'elle voulait que Charlie soit discret, voilà que Nikki venait de crier qu'elle était enceinte. Morte de honte en s'apercevant que tout le lycée avait entendu, Nikki sortit en courant. Charlie ne tenta pas de la rattraper, ce n'était pas le moment. Il prit la direction inverse tandis qu'Adena réalisa qu'à force de ne penser qu'à elle, à ses problèmes avec sa mère, elle n'avait pas vu que sa meilleure amie avait besoin d'elle.
![]()
Quelques tables plus loin
Au même moment
Comme tout le monde, Akira se retourna en entendant Nikki faire cette révélation. Il se retourna vers Nobuko qui n'avait pas bougé et qui continuait de déjeuner comme si de rien n'était. Ce manque de surprise étonna le garçon.
Akira : Nikki vient de crier devant tout le lycée qu'elle était
enceinte et on dirait que ça ne te fait rien.
Nobuko : Je devrais avoir une réaction particulière ?
Akira : J'en sais rien... Je sais que tu ne l'aimes pas beaucoup
mais tu pourrais être un minimum surpris... Lorsque tu n'as
aucune réaction, on dirait que tu n'as aucun sentiment...
Nobuko : C'est juste que je ne suis pas surprise,
je le savais déjà. Elle me l'a dit samedi. Arrêtes de faire
cette tête. Oui, je sais, c'est hallucinant mais remets toi
d'accord, on est pas amies pour autant.
Akira : Je n'arrive pas à le croire.
Nobuko (qui tenta de changer de sujet) : Je vois qu'Adena est de
retour, tu sais ce qui s'est passée ? J'ai tenté de joindre
Sarah mais on dirait qu'elle est très occupée.
Akira : Je sais juste qu'elle habite chez son petit copain et
qu'elle n'adresse toujours pas la parole à sa mère. Mais ne
change pas de sujet... pourquoi Nikki t'a parlé de ça ?
Pourquoi elle ne me l'a pas dit à moi ?
![]()
Mercredi 19h00
Appartement des Hargrove
Nikki avait passée une horrible journée. Tout le monde ne parlait que d'elle au lycée. En faisant cette révélation la veille, elle avait attirée l'attention. Elle avait l'impression que tout le monde ne parlait que de ça. A chaque fois coin de couloirs, elle avait la sensation qu'on la dévisageait et que l'on faisait des messes basses. Elle se rendit compte alors de ce que Nobuko ou Adena avait pu affronter. Nobuko à cause de la rumeur qui courait sur elle et Adena avec les photos la montrant nue qui avaient été affichées partout au lycée.
Une chose rassurait cependant un peu Nikki, on ne parlait plus de ses deux affaires. Un potin en remplaçant un autre, elle n'avait qu'à attendre qu'un autre scandale éclate au lycée Liberty pour qu'on cesse de parler d'elle.
Le calvaire de Nikki n'était pas fini. Aujourd'hui, son père fêtait ses 55 ans. A cette occasion, un diner était organisé. Elle allait devoir faire bonne figure encore un moment devant ses parents, son frère détesté et la pimbêche qu'il avait pour épouse. Nikki prit place autour de la table. Elle allait tout de même faire un petit effort, au moins pour son père. Le seul dans cette maison qu'elle appréciait.
Au début, tout se passait plutôt bien. Nikki avait décidé de ne rien dire. Elle resta silencieuse tout au long du repas; répondant juste lorsqu'on lui posait une question. Ce genre de comportement n'était pas dans ses habitudes. Normalement, elle disait ce qu'elle pensait, quitte à se disputer, notamment avec sa mère. Son père remarqua ce changement d'attitude. Alors qu'il venait de souffler ses bougies et que la bonne distribuait les paires du gâteau; il se tourna vers sa fille.
Monsieur Hargrove : On ne t'a pas beaucoup entendu ce soir,
tout va bien ?
Nikki : Très bien, pourquoi ça n'irait pas...
Monsieur Hargrove : C'est parce que Charlie n'est pas là ? Il était
invité, lui aussi.
Nikki : Je te l'ai dit, il avait un empêchement. Il serait venu
avec plaisir mais il avait ce truc.... avec son père...
Monsieur Hargrove : Dans ce cas, pourquoi tu à l'air si triste ?
Des problèmes au lycée ?
Nikki : Rien de grave...
Nikki avait presque réussi à passer le diner sans encombre. Cependant, son père se montrait trop curieux mais en voyant que sa fille n'avait apparemment pas envie d'en parler, il n'insista pas. Nikki en fut soulager. Elle s'apprêtait à manger rapidement son gâteau avant de s'éclipser dans sa chambre. Malheureusement pour elle, sa mère n'était pas comme son époux. Elle n'allait pas la laisser tranquille si facilement.
Madame Hargrove : C'est vrai que tu as l'air un peu pâle...
tu es sûre que tu vas bien ?
Nikki : Très bien, merci de t'en inquiéter.
Madame Hargrove : J'ai entendu de drôles de choses à ton sujet
lorsque j'ai croisée mes amies cet après-midi... Je ne voulais
pas vraiment y croire mais en te voyant, je commence à me dire
que ce n'est peut-être vrai.
Monsieur Hargrove : Tu ne vas pas commencer à croire les rumeurs...
D'ailleurs, qu'est ce que l'on raconte au juste ?
Madame Hargrove : Ta fille est enceinte.
Nikki laissa tomber sa cuillère, faisant au passage, une tache sur son chemisier. Son père se retourna vers elle, le regard inquiet.
Monsieur Hargrove : Nicole ? C'est quoi ces histoires ?
Nikki : Euh... et bien...
Monsieur Hargrove : Oh non ! C'est vrai ?
Nikki cherchait quelque chose à dire mais rien ne sortit. Devant son père, elle fut incapable de dire quoi que ce soit. Monsieur Hargove était en colère. Il tolérait les nombreux écarts de conduite de Nikki mais celui-ci était celui de trop. Choqué et ne sachant pas quoi faire; il préféra quitter la table avant de dire quelque chose qu'il puisse regretter.
Madame Hargrove : Merci Nicole, tu viens de gâcher
l'anniversaire de ton père !
Nikki : Je... Quoi ? C'est toi qui a lancé cette bombe. Pourquoi
tu en parles maintenant, hein ? Tu cherches à me ridiculiser
devant toute la famille ? Mais pourquoi tu me détestes autant ?
Désolé de ne pas être si parfaite que David.
David : Je ne suis pas parfait...
Nikki : C'est ça ! Maman ne manque pas une occasion de me vanter
tes exploits. Quoi je fasses, ça ne compte pas. Maman ne voit
que par toi et par ton parcours exemplaire. Désolé mais je ne
suis pas toi !
Madame Hargrove : Nicole, calmes toi tu veux !
David : Quels exploits ? De quoi tu parles ?
Nikki : C'est ça, fait l'ignorant... Désolé mais je suis pas
aussi intelligente que toi, je ne finirais pas major de ma
promotion et je ne rêve pas d'aller en fac de droit à Harvard
depuis que j'ai 5 ans.
David : C'est quoi ces histoires ! Nikki, je n'étais pas un
mauvais élève mais j'étais loin d'être major de ma promo et
en ce qui concerne Harvard, ça n'a jamais été le rêve de ma
vie. Maman, qu'est ce que tu lui a raconté ?
Nikki, dont la colère avait grimpée en flèche, tomba des nues. Qu'est ce que cela signifiait ? Son frère n'était pas ce que prétendait sa mère, dans ce cas là, qui était-il vraiment ? Et pourquoi sa mère lui mentait à ce sujet ?