
Vendredi 20h00
Appartement des soeurs Kotani
L'appartement était désert, toutes les lumières
étaient éteintes. Masaki était probablement sortie diner
dehors. Nobuko passa le pas de la porte et se laissa tomber par
terre. Elle se mit à pleurer.
La fin de semaine avait été terrible pour Nobuko. Elle pensait avoir déjà vécu le pire avec Adena et Nikki mais Lindsay se montrait encore plus horrible. Non contente de faire croire à qui voulait l'entendre que Nobuko l'avait délibérément poussée pour la blesser, elle mettait un point d'honneur à jouer la pauvre victime dans les couloirs du lycée.
Trois jours que Nobuko devait faire semblant de ne pas être toucher par les messes basses et autres ricannements sur son passage. La jeune fille pensait qu'en ne répondant pas aux diverses attaques de Lindsay, cette dernière laisserait tomber. Ce n'était pas vraiment une bonne stratégie, Lindsay se montrait vraiment tenace. Elle ne manquait pas une occasion pour la ridiculiser devant ses amies, que ce soit sur sa tenue ou sur n'importe quoi d'autres.
Mais aujourd'hui, Lindsay avait monté d'un échelon dans la méchanceté. Nobuko se demanda combien de temps elle allé pouvoir supporter tout ça.
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Flasback
Salle de classe
16h00
La sonnerie retentit enfin. Nobuko rassembla ses affaires puis les fourra dans son sac. Akira, assis non loin la rejoignit.
Akira : On rentre ensemble ?
Nobuko : Je dois d'abord passer au secrétariat. Des cours à récupérer
pour Sarah.
Le couple pris la direction de la porte comme tout les élèves lorsque Charlie se planta devant eux, leur bloquant le passage. Il semblait décider à ne pas laisser partir Nobuko aussi facilement.
Charlie : Nobuko, j'aimerais te parler un instant.
Nobuko : Je suis plutôt pressée...
Charlie : S'il te plait ! Je voudrais te parler de Sarah.
Nobuko : Tiens donc ! Tu te souviens enfin de ta meilleure amie,
il était temps !
Charlie : Je sais... Je peux te voir une minute... toute seule ?
Nobuko aurait voulu trouver une excuse pour refuser mais Akira fut plus rapide. Elle se retrouva au pied du mur.
Akira : Je vais vous laisser. Je t'appelles ce soir !
Il embrassa rapidement sa petite amie avant de quitter la salle de cours. Bientôt, Charlie se retrouva seul face à Nobuko.
Nobuko : Nikki n'est pas avec toi, c'est rare !
Charlie : Je lui est demandé de partir. Je voulais te parler et
je sais que tu n'aurais pas voulu m'adresser la parole si elle
avait été là.
Nobuko : Ce n'est pas faux... Bon, que voulais-tu me dire
exactement ? J'ai un tas de choses à faire moi !
Charlie : Je voulais savoir... Comment va Sarah ?
Nobuko : Tu t'inquiètes vraiment ou c'est juste par politesse
que tu me demandes ça ?
Charlie : Tu me prends pour quelle genre de personne ? Tu penses
que son départ ne pas affecter ?
Nobuko : Je pensais que tu t'en fichais, en effet.
Charlie : Bien sûr que non ! Sarah est ma meilleure amie, la
voir souffrir et partir à cause de moi, bien sûr que ça me
touche.
Nobuko : C'est pas l'impression que j'avais en te voyant avec
Nikki.
Charlie : J'aurais dû faire quoi ? Lui courir après ? La
supplier de rester ?
Nobuko : Tu aurais pu faire quelque chose au lieu de la laisser
tomber comme une vieille chaussette.
Charlie : Je ne l'ai pas laisser tomber... J'ai juste... choisi
Nikki. Sarah, je l'aime beaucoup mais elle restera juste une amie.
Je la considère comme une soeur. Je pensais que c'était la même
chose pour elle.
Nobuko : Tu t'es trompé. Votre relation était bien plus
importante à ses yeux.
Charlie semblait vraiment triste. Nobuko réalisa soudain qu'il n'avait probablement pas fait tout ça dans le but de nuire, de faire du mal à Sarah. Il avait fait l'effort de venir la voir, pour essayer de se justifier, c'était déjà une preuve de sa bonne foi.
Nobuko : Je peux te poser une question ?
Charlie : Laquelle ?
Nobuko : Pourquoi avoir choisi Nikki ?
Charlie : Nikki est le choix qui s'est imposé à moi à ce
moment là. Et si je devais de nouveau chosir, ce serait encore
Nikki.
Nobuko : Mais qu'est ce qu'elle a de si spécial cette fille ?
Elle est cruelle et...
Charlie : Nikki n'est pas ce qu'elle paraît être. Si tu prenais
le temps de la connaître, tu t'apercevoir qu'elle est bien plus
sensible qu'il n'y paraît.
Nobuko : Sensible ? C'est un adjectif que j'ai du mal à associer
à Nikki.
Charlie : Nobuko, tu ne devrais pas juger les gens si vite. Tu te
permets de juger sans connaître.
Nobuko : C'est juste que... je n'ai pas confiance en Nikki.
Charlie : Je veux pas jouer la rabat-joie mais ton petit copain
n'a pas toujours été le petit ange que tu connais.
Nobuko : Je peux savoir ce que tu insinues par là ?
Charlie : Juste que les gens peuvent changer et tu devrais
accorder une chance à Nikki. Il n'y pas si longtemps, ton petit
copain n'était pas vraiment du genre fréquentable. Lorsqu'il était
ami avec Jake, il n'a pas fait que des choses sympa.
Nobuko : Akira a changé.
Charlie : C'est vrai. Nikki aussi, pourquoi tu n'arrives pas à
le comprendre ?
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Couloirs du lycée
Au même moment
Nikki sortit en trombe de la salle de cours. Elle ne voulait pas rester une seconde plus dans cette pièce. Elle regrettait d'avoir choisi ce cours d'économie facultatif. Certes, ça permettait de gagner quelques points assez facilement pour l'examen final mais c'était d'un ennui mortel. Heureusement, cette sonnerie était également le signal du début du week-end, ce qui était bien plus intéressant.
La jeune lycéenne blonde se dirigea vers la sortie sans attendre Charlie. Il voulait parler à Nobuko et il valait mieux que Nikki ne soit pas dans les parages à ce moment là. Arrivée près de l'entrée, elle remarque un jeune homme brun, pas très grand qui semblait attendre quelqu'un. Nikki s'approcha et le reconnut rapidement, il s'agissait de Carlos.
Nikki : Salut, tu es Carlos, c'est ça ?
Carlos : Oui mais... on se connait ?
Nikki : Non mais Adena m'a un peu parlé de toi et n'a pas arrêter
de me montrer ta photo.
Carlos : Vraiment ?
Nikki : Enfin, elle me l'a montré assez souvent pour que je te
reconnaisse.
Carlos : Je vois...
Nikki : Elle a fini les cours il y a déjà une heure, tu sais...
Carlos : Je sais. Elle est restée un peu pour préparer son émission
de radio de la semaine prochaine.
Nikki : Oh... Alors elle doit être dans le studio... Tu n'as qu'à
aller la rejoindre. Tu prends ce couloir, tu tournes à gauche,
c'est la première porte. Tu peux pas la louper.
Carlos : Merci... Nikki, c'est ça ?
Nikki : Comment tu as deviné ?
Carlos : Adena parle beaucoup de toi, elle t'apprécie beaucoup.
Elle dit toujours que tu es la seule à être rester près d'elle
lorsque son ex a décidé de ruiner sa vie au lycée.
Nikki : Je n'allais pas l'abandonner à un moment si difficile...
Confidence pour confidence, je pense que si Adena a si bien
remonter la pente, c'est grâce à toi. Depuis qu'elle te fréquente,
elle est beaucoup plus joyeuse.
Carlos : Merci.
Nikki : Et puis, sortir avec un étudiant en médecine, c'est
tellement plus glamour que de sortir avec un lycéen... Adena est
vraiment chanceuse...
Carlos : Etudiant en médecine ? Adena t'a dit que je faisais médecine
?
Nikki : Ce n'est pas le cas ?
Carlos resta un moment sans voix. Il ne savait plus quoi dire. Il était trop choqué d'apprendre qu'Adena le présentait pour ce qu'il n'était pas. Nikki ne semblait pas se rendre compte du malaise et continua à parler.
Nikki : Médecine, ça doit être super compliqué, non ? Moi je ne pourrais jamais faire ça, beaucoup trop compliqué...
Brusquement, Carlos se retourna et quitta le lycée. Nikki le regarda partir sans comprendre. Elle avait dit ou fait quelque chose ?
Nikki : Eh ! Tu ne voulais pas voir Adena ?
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Couloirs du lycée
16h30
Nobuko sortait du secrétariat. Elle avait récupérer quelques notes laissées par des professeurs pour Sarah. Ce n'était pas vraiment la procédure habituelle mais Sarah était une élève très appréciée. Les professeurs pensaient que Sarah était rentrée chez elle pour se reposer suite à son accident et qu'elle pourrait rapidement revenir en classe.
Nobuko s'apprétait à rentrer chez elle. Elle était encore choquée par la conversation qu'elle avait eu avec Charlie. Elle devait admettre qu'il n'avait pas totalement tort. Elle jugeait peut être trop vite les gens. Ce n'était pas vraiment son habitude mais depuis qu'elle vivait à New York, elle avait rencontré tellement de personnes qui lui voulaient du mal qu'elle avait du mal à faire confiance.
Elle pensa qu'elle pourrait peut-être faire un effort et être plus tolérante. Cette idée disparut lorsqu'elle vit apparaître au bout du couloir, Lindsay et toute la bande de pom-pom girl du lycée. Elle aurait voulu l'éviter mais c'était le seul passage pour atteindre la sortie. Elle continua son chemin, évitant de regarder Lindsay, elle n'aurait pas manquer l'occasion pour lui lancer une nouvelle vacherie. Malheureusement pour Nobuko, ignorer le problème ne résolut pas le problème. En un instant elle se retrouva encerclée de pom-pom girl. Lindsay était face à elle, le sourire en coin. Elle avait clairement une idée derrière la tête, cela effraya Nobuko.
Lindsay : Tiens tiens, regardez donc qui voilà... Nobuko... tu n'es pas accompagné de ton garde du corps aujourd'hui ?
Depuis qu'Akira lui avait raconté les quelques rumeurs qui circulaient sur Lindsay, Nobuko avait préféré jouer la sécurité. Elle était rarement seule dans les couloirs, Akira n'était jamais loin. Le seul endroit qu'elle redoutait, c'était les toilettes. Lindsay en profitait pour la coincer dans un coin et la menacer. Elle prenait aussi un malin plaisir à humilier Nobuko lorsqu'elle était accompagné de sa bande de copines.
Lindsay : C'est dangeureux de se balader seule, il
pourrait t'arriver tout un tas de choses.
Nobuko : Pourquoi tu m'en veux autant ? Qu'est ce que je t'ai
fait au juste ?
Lindsay : A cause de toi l'équipe de pom-pom girls se retrouve
sans capitaine. Tu essaies de me piquer ma place ? Je te
laisserais pas faire.
Nobuko : Désolé pour ta cheville mais je n'ai rien à me
reprocher. Je n'ai pas fais exprès de te faire tomber et je sais
que tu n'as rien de casser.
Lindsay : Tu penses que je mens ?
Nobuko : Exactement !
Lindsay : Nobuko, je crois que tu n'as pas bien compris.
Nobuko : Compris quoi ?
Lindsay : Ici, tu ne fais pas la loi.
Nobuko : Je ne cherche rien du tout.
Lindsay : Tu as pris quelque chose qui m'appartenait, je compte
bien le récupérer.
Nobuko : Je ne comprends rien du tout. Avant mercredi, je ne te
connaissais pas. Je ne savais même pas ton nom. Je n'ai rien qui
t'appartiens...
Lindsay : Les filles, attrappez là !
Nobuko n'eut pas le temps d'en savoir plus qu'une dizaine de filles l'attrapèrent. Une seconde plus tard, elle se retrouva enfermer dans un placard à balai miniscule. Elle tambourina à la porte mais tout ce qu'elle entendit c'est les pauvres idiotes de pom-pom girls qui rigolaient de leur blagues.
Nobuko : Laissez moi sortir ! Arrêtez, ce n'est pas drôle
! Lindsay, ouvres cette porte !
Lindsay : Hors de question !
Nobuko : Mais pourquoi tu me fais ça ? Je ne t'ai rien pris !
Nobuko continua de tambouriner à la porte mais cela ne servait à rien. Le groupe de filles s'éloignait déjà.