3.05 Win some lose some

Vendredi soir
Appartement des soeurs Kotani

Sano était à la porte de l'appartement de Masaki. Il avait sonné plusieurs fois mais personne ne lui ouvrait. Il trouvait cela étrange car il entendait de la musique, signe qu'il y avait bien quelqu'un à l'intérieur. Il frappa de nouveau à la porte avant de finalement sortir un trousseau de clés de sa poche. En tant que propriétaire, il disposait d'un double des clés. Il n'aimait pas l'utiliser, ne voulant pas s'incruster dans la vie de ses locataires.

Cependant, aujourd'hui, c'était un peu particulier. Cela faisait une semaine qu'il n'avait pas de nouvelles de Masaki. La dernière fois qu'il l'avait vu, elle lui avait parue particulirèment déprimée. Elle lui avait avouée ce qui s'était passé avec Devon, dans la chambre d'hôtel. Sano se sentait depuis un peu responsable de cet incident. C'est lui qui avait poussé Masaki à l'accompagner à Las Vegas. S'il n'avait pas insisté, elle n'aurait jamais rencontré un pervers dans le genre de Devon.

C'est donc pour se donner un peu bonne conscience qu'il était passé la voir et lui remonter le moral. Cependant, de ne pas la voir lui hurler dessus parce qu'il s'amusait avec la sonnette, donnait à Sano de drôles d'idées. Il s'imaginait le pire et préféra vérifier par lui même que Masaki ne faisait rien de dangereux. Il ouvrit la porte et jetta un oeil dans le salon. Il n'y avait personne. Sano coupa le son de la chaine-hifi et appella Masaki. Il retrouva dans la cuisine quelques bouteilles d'alcool vides. Son attention se porta alors vers la salle de bains où il entendit de l'eau coulée. Il s'excusa en entrant dans la pièce pleine de buée à cause de la chaleur et ferma presque les yeux pour ne pas avoir à la mauvaise surprise de tomber nez à nez sur Masaki. Il l'imaginait très bien lui donner une gifle qui l'enverrait à des kilomètres comme dans les mangas et lui criant que c'est un pervers.

Lorsqu'il aperçut Masaki dans son bain, inconciente, il comprit vite que le côté comique de la situation n'était plus d'actualité. La jeune fille glissait dans la baignoire et allait se noyer. Sano se précipita alors pour la sortir de là.

 

Générique

Au même moment
Rues de New York

Nobuko marchait tranquillement sans se douter de ce qui arrivait à sa soeur au même moment. D'ailleurs, elle ignorait tout ce qui était arrivé à Masaki depuis son arrivée à New York. Masaki avait pris soin de cacher qu'elle s'était « vendue » pour louer un appartement.

Nobuko n'était pas idiote. Elle savait bien que sa soeur lui cachait des choses. Depuis son retour de son voyage, elle n'était plus la même.

Nobuko fut sortie de ses pensées par son téléphone qui se mit à sonner. Elle le sortit de sa poche et répondit sans regarder qui l'appelait. Elle s'arrêta net en plein milieu du trottoir, se cognant aux passants lorsqu'elle réalisa que c'était Sarah à l'autre bout du fil.

Sarah : Je m'excuse de ne pas t'avoir appellé avant. J'espère que tu ne m'en veux pas trop.
Nobuko : Je suppose que tu avais tes raisons pour avoir agit de la sorte. Je mentirais en disant que j'étais ravie d'apprendre par hasard que tu avais quitté la ville du jour au lendemain sans même me dire au revoir. Tu aurais pu au moins me prévenir, on est amies tout de même.
Sarah : Désolé...
Nobuko : Mais ne t'inquiètes pas, je ne t'en veux pas. Je comprends qu'après tout ce qui s'est passé dernièrement avec Charlie tu es dû partir... Je me doute bien que c'est plus facile pour toi d'essayer de passer à autre chose si tu es loin de lui et de New York.
Sarah : C'est ce que je me disais mais ce n'est pas aussi simple. Je n'arrête pas de penser à Charlie, à ce qui aurait pu se penser entre nous si Nikki n'avait pas débarquée.... Je t'en pries, fais moi plaisir et dis moi qu'il a enfin ouvert les yeux et réalisé que Nikki était une blonde sans cervelle qui ne pense qu'à détruire tout ce qu'elle touche.
Nobuko : Désolé, je ne peux pas et d'après ce que je sais, Charlie n'a toujours pas retrouvé ses esprits.
Sarah : Quoi ? Il est amoureux de cette pétasse ?

Nobuko avait appris par Akira que Charlie avait dit à Nikki qu'il l'aimait. Cependant, elle se garda de faire part de cette information à Sarah. Cela l'aurait anéantie.

Nobuko : Je ne sais pas... A vrai dire, je ne parle plus beaucoup à Charlie. Nikki est tout le temps collé à lui, c'est impossible de parler à Charlie sans qu'elle ne soit là. Je déteste cette Nikki autant que toi et je limite au maximum les contacts que je peux avoir avec elle.

C'était la stricte vérité. Même avant que Nikki soit la source du conflit entre Charlie et Sarah, elle évitait de croiser cette fille. Elle ne gardait que des mauvais souvenirs d'elle, lorsqu'elle l'avait coursé dans le lycée, lorsqu'elle avait failli mourir de froid sur le toit, lorsqu'elle avait fait courir cette stupide rumeur sur Akira et elle. Bien qu'elle se soit excusée, Nobuko ne lui pardonnait pas ses actes et restait civiliser avec elle juste parce qu'elle était amie avec Akira.

Sarah : Est-ce qu'au moins il a été touché par mon départ ?
Nobuko : Sarah...
Sarah : J'en étais sûre... Il s'en fiche royalement que je sois à New York ou ici...
Nobuko : En revanche, il y a quelqu'un au lycée qui a vraiment changé depuis ton départ.
Sarah : Qui donc ?
Nobuko : Adena ! Tout le monde pense que c'est elle qui t'a fait quitté le lycée. Tu la connais, elle ne va pas contredire la rumeur surtout que ça arrange bien ses affaires. Quasiment du jour au lendemain, elle est redevenu populaire, tout le monde recommence à avoir peur d'elle, comme avant, avec la Black List. C'est effrayant.
Sarah : Vraiment ?
Nobuko : Oui. Moi qui pensais qu'elle s'était calmée. On dirait que la méchante Adena est de retour à Liberty.

 

Au même moment
Dans une autre rue

Quelques rues plus loin, Charlie et Nikki marchaint main dans la main. Le genre de scène qui aurait rendue Sarah malade. Heureusement, elle était à près de 200 kilomètres de là. Le couple entra dans une pizzeria. Ils prirent place à une table de libre lorsque Nikki aperçut Adena seule un peu plus loin. En s'approchant, Nikki constata qu'il y avait un second couvert. Elle savait qu'Adena sortait depuis un mois avec un quelqu'un mais ne l'avait jamais rencontré, c'était l'occasion.

Nikki : Je te dérange ?
Adena : Non pas du tout.
Nikki : Tu sors avec ton nouveau petit ami ? Tu pourrais me le présenter, depuis le temps que...

Nikki n'eut pas le temps d'en dire davantage car un grand bruit de vaiselle qui se brise venait de derrière elle. Elle se retourna et aperçut Charlie rouge de rage. Il venait de recevoir un plat de lasagnes en plein sur la tête. La scène faisait particulièrement rire un petit garçon. Nikki se précipita vers Charlie qui s'apprétait à bondir sur le gamin qui était visiblement à l'origine de l'accident.

Nikki : Charlie, c'est rien. Ne t'énerves pas.
Charlie : Je m'énerve pas ! C'est juste que ce morveux vient de bousiller une veste à 500 dollars.
Adena : Calmes toi, je paierais les dégats.

Nikki et Charlie se retournèrent vers Adena qui tenait le petit garçon par la main. Nikki grimaça, se demandant ce que son amie venait faire dans l'histoire.

Adena : Max, arrêtes de rire. Excuses toi !
Max : Mais pourquoi ? C'est pas de ma faute...
Charlie : Tu as fait un croche-pied au serveur. Résultat, j'ai tout reçu sur moi.
Adena : Cela n'a rien de drôle. Max, cela aurait pu être dangereux... Il aurait pu être ébouillanté ou que sais-je encore. Ce genre de blague est stupide. Si Carlos était là, il penserait comme moi.
Max : Désolé...

Le petit garçon avait brusquement cesser de rire. Il s'excusa s'en même adresser un regard à Charlie puis retourna s'assoir à sa table sans rien ajouter. Adena se retourna vers Charlie.

Adena : Tu préfères un chèque ou tu veux que je passes au pressing pour...
Nikki : Adena, c'est qui ? Tu sors avec un homme de quel âge ? C'est qui Carlos, le père du petit ?
Adena : Carlos est mon petit ami et non, Max n'est pas son fils. C'est son neveu. Je le garde ce soir pour rendre service. Sa mère travaille et Carlos ne termine son service qu'à 22 heures.
Nikki : Son service ? Il est médecin ? Il a quel âge ce Carlos ?
Adena : Il a 25 ans... Ce n'est pas que je ne veux pas te parler mais je ne voudrais pas laisser Max tout seul trop longtemps.
Nikki : Je comprends, tu me raconteras tout ça au lycée lundi.
Adena : OK...
Charlie : Laisses tomber pour la veste... C'est rien, je me suis peut-être emporté un peu vite.

Adena souria, génée de la situation puis retourna vers Max qui la fixait méchament.

Adena : Quoi ?
Max : Pourquoi tu mens ?
Adena : Je ne mens pas ! Tu racontes n'importe quoi.
Max : Ta copine pense que oncle Carlos est médecin. C'est pas vrai.
Adena : Je n'ai jamais dit qu'il était médecin, c'est Nikki qui dit ça.
Max : Tu aurais pu lui dire qu'il était juste serveur. C'est parce que oncle Carlos est moins riche qu'eux ? J'ai peut-être que 8 ans mais je comprends beaucoup de choses tu sais.
Adena : Je sais que tu es loin d'être bête... S'il te plait, ne parles pas à Carlos de tout ça, ça le rendrait malheureux. Tu sais, je viens d'un milieu où le compte en banque est un critère très important dans une relation amoureuse... Ma mère a épousé mon père pour son argent, résultat elle est riche mais sa vie est tellement ennuyeuse... J'espère que je ne finirais jamais comme elle. Il y a beaucoup de personnes comme elle autour de moi, ma famille, mes amis...
Max : Et toi tu es différente ?
Adena : Un peu... enfin je l'espère...
Max : Bien, je ne dirais rien à oncle Carlos mais à la seule condition que tu m'offres une énorme glace.
Adena : Eh ! A cause de toi et tes bétises j'ai failli payer 500 dollars pour une veste ! Tu penses pas que tu exagères un peu ?

Retour