
Hall de l'hôtel
Dimanche 11h00
Madame Iwasaki était descendue dans le hall et s'apprêtait à prendre un taxi pour l'aéroport. Elle avait des affaires professionnelles à régler dès le lendemain et prenait donc un vol pour Tokyo un jour plus tôt. Sano sortit de l'ascenseur et rejoignit sa mère. Cette dernière fut surprise de le voir seul.
Madame Iwasaki : Masaki n'est pas avec toi ?
Sano : Elle ne sent pas très bien ce matin.
Madame Iwasaki : Rien de grave j'espère.
Sano
: Non, juste une petite indigestion
Je lui avais pourtant
bien dit que ce qu'elle mangeait hier soir, ça n'avait pas l'air
très frais. En tout cas, elle est désolée de ne pas pouvoir te
dire au revoir.
Madame Iwasaki : Mieux vaut rester coucher si elle est malade.
En réalité, Masaki n'était pas malade du tout. Seulement, après ce qui s'était passé cette nuit, elle n'avait envie de voir personne. Bien qu'elle apprécie un peu Madame Iwasaki, elle n'était pas en mesure de jouer la gentille belle-fille aujourd'hui. Sano n'avait pas insisté et avait préféré la laisser seule dans sa chambre.
Sano : Tu veux que je t'accompagne à l'aéroport ?
Madame Iwasaki : Pas la peine, un taxi m'attend dehors. Occupes
donc plutôt de Masaki. Je l'aime beaucoup cette petite.
Sano : Vraiment ?
Madame Iwasaki : Oui, je n'aurais pas pu te trouver une meilleure
fiancée : intelligente, drôle et sympathique. Moi qui pensais
que tu vivais une vie de débauché en Amérique.
Sano : Mais tu me prenais pour quel genre de garçon ?
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New York, appartement des Okayasu
8h30
Ce matin, Akira avait trainé un peu trop longtemps au lit. Résultat, il allait être en retard au lycée si il ne se pressait pas un peu. Il traversa en trombe le salon mais se prit les pieds dans un tapis et s'étalla de tout son long par terre. Il entendit alors un rire derrière lui. Il se releva rapidement, furieux que l'on se moque ainsi de lui. Il se retourna et vit sa belle mère qui lui souriait, tentant de contenir son rire. Elle avait bien remarqué qu'Akira ne trouvait pas la situation aussi comique. « Encore une raison de plus pour la détester » fut la première chose qui vint à l'esprit d'Akira.
Claudia : Tu ne t'es pas fait mal ?
Akira : Qu'est ce que ça peut vous faire ?
La jeune allemande perdit sa bonne humeur. Elle savait qu'Akira ne la portait pas dans son coeur mais qu'il soit toujours agressif avec elle la touchait.
Claudia : Je voulais juste... Enfin...
Akira : Et puis c'est quoi ce bordel ? Je peux savoir ce qui se
passe ici ?
Akira
réalisa soudain que s'il s'était lamentablement ridiculiser de
beau matin, c'était parce qu'il s'était pris les pieds dans un
tapis qui n'était pas à sa place habituelle. D'ailleurs, rien
n'était à sa place ou plutôt, il n'y avait plus rien à sa
place. Les étagères avaient été vidées et un tas de cartons
gisaient sur le sol.
Claudia : J'ai décidé de revoir un peu la déco du salon.
Akira : J'y crois pas ! Vous êtes là depuis à peine trois
jours et vous voulez déjà tout refaire. Vous vous prenez pour
qui ? Vous êtes ici chez moi ?
Claudia pouvait comprendre Akira mais dans une certaine limite. Elle n'allait pas se laisser intimider par un adolescent de 17 ans. Si Akira avait eu des révolvers à la place des yeux, la pauvre femme serait déjà morte. Cependant, ces menaces ne l'effrayaient pas et elle s'approcha du jeune homme.
Claudia : Ecoutes moi bien, je sais que tu n'apprécie pas ma
présence mais il va falloir t'y habituer. Ici, ce n'est pas chez
toi
Akira : Je vous demande pardon ?
Claudia : Cet appartement appartient à ton père, pas à toi !
Je te rappelle que je suis sa femme. Ce qui est à lui est à moi
!
Akira resta stoïque devant elle, ne sachant quoi répliquer. C'était la première fois qu'il voyait Claudia être autre chose que la blonde sans cervelle mielleuse qu'il avait jusqu'à présent cotôyer. D'un côté, ça le rassurait de voir que son père n'avait pas épouser une parfaite idiote, de l'autre, ça l'inquiétait car la jeune femme semblait bien différente de l'image qu'elle donnait. Akira se mit alors à penser qu'il avait raison de se méfier de cette Claudia. Il préfèra alors mettre un terme à leur discussion qui restait de déraper. Il ramassa ses affaires et prit la direction de la porte d'entrée sous le regard de Claudia, ravit d'avoir réussi à lui faire ravaler ses paroles.
Akira : Je vais être en retard au lycée. Ittekimasu !
Claudia : Itte rasshai !
*Ittekimasu : J'y vais
Itte rasshai : Bonne journée (en réponse à Ittekimasu)
Akira se retourna en l'entendant et grimaça en la voyant de nouveau afficher un sourire. Et en plus elle avait quelques bases en japonais ? Cette femme lui tapait de plus en plus sur les nerfs.
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Couloirs du lycée
15h00
Adena sortait de la salle de cours. Elle discutait avec Nikki au sujet du cours plus qu'ennuyeux qu'elles venaient de suivre. Elle ne regardait pas vraiment où elle mettait les pieds et se cogna à une élève plus jeune qui tomba à terre, renversant ses livres et ses cahiers.
Adena : ça va ?
Adena s'apprétait à aider la jeune fille à se relever mais cette dernière ramassa à la hate ses affaires et s'enfuit en courant. Adena, la regarda partir, se demandant ce qui lui passait par la tête.
Adena : Qu'est ce qui lui prend ?
Nikki : Tu as dû l'effrayer.
Adena : C'est la deuxième fois aujourd'hui, que l'on s'enfuit
devant moi aujourd'hui. Ce midi, aux toilettes, une fille est
partie en quatrième vitesse en me voyant entrer.
Nikki : Tu ne penses pas que tu te fais des films ?
Adena
: C'est bizarre, on dirait que les gens agissent comme si la
Black List existait encore... On a peur de moi.
Nikki : Je pensais que tu aimais ça justement.
Adena : Oui mais c'est tellement soudain... La semaine encore
j'entendais des filles se fichaient de moi ouvertement,
aujourd'hui, tout le monde se tait quand je passe.
Nikki pensait qu'Adena y allait peu être un peu fort. Cependant, elle réalisa soudain que le couloir était brusquement devenu silencieux et tout le monde les regardait. Visiblement, Adena n'avait pas d'hallucinations.
Nikki : Je retire ce que je viens dire. Il se passe quelque chose de bizarre ici...
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Appartement des soeurs Kotani
18h00
Nobuko était dans sa chambre et faisait tranquillement ses devoirs lorsqu'elle entendit sa soeur qui rentrait. Elle bondit de sa chaise, bien décidée à enguirlander sa soeur. Elle avait passé le weekend a essayer en vain de l'appeller sur son portable, trois jours à se demander où sa soeur était partie. Elle la retrouva dans sa chambre où elle défaisait sa valise.
Nobuko : Regardez donc qui voilà, ce ne serait pas Masaki ?
Non, ça ne peut pas être ma soeur. Ma soeur ne partirait pas
comme une voleuse sans donner de signes de vie pendant trois
jours.
Masaki : Désolé, je n'ai pas eu le temps de t'appeler.
Nobuko : Tu as fait quoi au juste pendant trois jours ? Hein ?
C'est quoi cette excuse que tu m'as laissé, un voyage d'affaires
? Tu n'as pas de boulot si je me souviens bien...
Elle avait en effet démissionner de son horrible emploi de serveuse quelques jours plus tôt. Le samedi matin, avant de prendre son avion pour Las Vegas, elle avait rapidement laissé un mot à sa soeur dans sa cuisine, expliquant qu'elle devait s'absenter quelques jours mais n'avait donné aucun détail.
Masaki se retourna vers sa soeur. Comment lui expliquer son escapade sans évoquer Sano et le contrat qu'elle avait signé avec lui ? La jeune fille chercha rapidement une explication à donner qui soit un minium crédible.
Masaki : En fait, j'avais un rendez-vous pour un travail. J'ai
du me rendre à un entretien à Philadelphie, une boite de
publicité qui souhaite s'implanter à New York. En fait, ça
s'est décidé très vite. Yukari, tu sais, mon amie à Tokyo m'a
appelé pour me dire qu'elle avait envoyé mon CV à cette société
et qu'ils voulaient me voir dès que possible.
Nobuko : Pourquoi tu m'en a pas parler ?
Masaki : Parce que... Parce que je ne voulais pas me mettre trop
de pression. Et puis de toute manière, je n'ai pas eu la place.
Nobuko : Oh...
Masaki : Maintenant, si tu pouvais me laisser seule. J'aimerais
me reposer un peu, le voyage de retour m'a achevé.
Nobuko retourna à ses occupations et Masaki se laissa tomber sur son lit. Elle s'enfonçait dans le mensonge de plus en jour chaque jour et ça la rendait malade.