2.22 No way to say

Jeudi 15 h00
Couloirs du lycée

Akira courait à travers les couloirs. La cloche avait sonné et il était en retard pour son cours d'économie. Il passait dans le couloir lorsqu'il aperçut le principal. Il le salua rapidement et vit qu'il discutait avec un homme. Akira ne le reconnut qu'une fois arriver près d'eux.

Akira : Oto-san ! Mais.... je croyais que vous arriviez ce soir ?
Le père d'Akira : Akira-kun, je viens de voir tes notes, tu peux faire beaucoup mieux.
Akira : Je vais très bien, c'est gentil de vous en soucier !
Le père d'Akira : Comment ?
Akira : On ne s'est pas vu depuis des mois, la moindre des choses serait de me demander comment je vais. Enfin, c'est ce que ferait n'importe quel père. Visiblement, ce n'est pas...

Akira n'eut pas le temps de terminer sa phrase car il reçut une gifle qui résonna à travers out le couloir. Le principal sursauta, il ne savait plus où se mettre, ne sachant pas s'il devait intervenir. Etait-ce du domaine scolaire ou une simple dispute entre un père et son fils ?

Le père d'Akira : Je vois que tu es toujours le même adolescent arrogant. (en se tournant vers le principal) Merci d'avoir pris le temps de me recevoir, votre lycée est magnifique.

Le principal, toujours un peu sous le choc, lui serra la main et marmonna quelques remerciements. Le père d'Akira se retourna vers son fils qui se frottait la joue. Il n'avait frappé qu'une fois mais avait frappé fort. Akira lui tint tête et le fixa méchamment.

Le père d'Akira : Nous nous verrons au diner, j'ai des choses importantes à te dire.
Akira : J'ai d'autres projets pour ce soir.
Le père d'Akira : Comme tu l'as si bien fait remarqué, nous nous voyons peu alors pour une fois, laisses tomber des projets. Nous dinons à 20h30.

Akira aurait bien voulut lui répondre mais rien ne sortit lorsqu'il ouvrit la bouche. Son père eut un petit sourire, ce qui ne fit qu'augmenter la colère d'Akira, puis il s'en alla.

 

Générique

 

Chambre de Sarah
Jeudi 18h30

Allongée sur son lit, Sarah avait monté le volume de sa chaine-hifi et tentait de chasser Charlie de son esprit. C'était peine perdue, elle n'arrêtait pas de l'imaginer dans les bras de Nikki et sa la rendait encore plus dingue. Son téléphone portable se mit alors à vibrer, elle regarda rapidement qui essayait de la joindre. En voyant le nom de Nobuko apparaître, elle soupira et le remit sur sa table de chevet. Nobuko voulait probablement savoir ce qui c'était réellement passer cet après-midi avec Nikki mais Sarah n'avait pas envie de lui expliquer.

Elle n'arrivait d'ailleurs toujours pas à réaliser ce qui c'était passer, alors, en parler, c'était impossible. Sarah se sentait complètement stupide, elle voulait récupérer Charlie. Elle avait réussi tout l'inverse.

Flashback

Infirmerie du lycée
15h00

Quelques minutes après la sonnerie annonçant la fin des cours, Charlie débarqua à l'infirmerie, à bout de souffle. Il avait traversé tout le lycée en courant. Chacune dans un coin de l'infirmerie, Nikki et Sarah s'évitaient du regard. L'infirmière terminait de mettre un pansement à Nikki lorsque Charlie entra. Sarah pensa qu'il allait d'abord aller la voir, après tout, c'était elle, sa meilleure amie. Elle manqua de faire une crise cardiaque lorsqu'il lui lança un regard accusateur tout en s'approchant vers Nikki.

Sarah n'avait plus rien à faire ici, surtout si c'était pour les voir tout les deux. Elle se leva du lit et prit la direction de la sortie. Dans le couloir, elle fut interpellée par Charlie qui la poursuivait. Elle l'ignora, ce qu'il venait de faire, c'était pire que tout. Il venait clairement de lui faire comprendre qu'il préférait Nikki, Sarah n'arrivait pas à le supporter.

Sarah : Laisses-moi, retournes donc avec ta pétasse !
Charlie : Sarah ! Attends !

Alors que Sarah s'apprêtait à descendre les escaliers, Charlie l'arrêta et l'obligea à lui parler en se mettant devant elle.

Sarah : Laisses moi et d'ailleurs, à l'avenir, ne m'adresses plus la parole.
Charlie : Qu'est ce que...
Sarah : Ce serait plus simple pour tout les deux, que l'on arrête de se parler.
Charlie : Plus simple pour quoi ? Sarah, c'est quoi encore ton délire ? Je ne te suis plus.
Sarah : Je ne peux plus faire semblant !
Charlie : Semblant de quoi ?

Sarah releva sa manche et détacha le bracelet offert pour la Saint Valentin par Charlie. Elle le balança par terre avant de s'enfuir en pleurant. Charlie ramassa le bijou puis la regarda descendre les escaliers. Il aurait peut-être fallu qu'il la rattrape mais il n'arrivait pas à faire un mouvement.

 

Bar d'un hôtel
20h00

Sano buvait seul au comptoir lorsqu'il aperçut une jolie fille blonde qui lui faisait les yeux doux. Il la rejoignit et commença à la draguer, comme il en avait l'habitude, en n'en faisant beaucoup trop. La jeune fille se laissait charmer et alors qu'elle allait lui donner son numéro de portable, Masaki fit irruption.

Masaki : Sano, qu'est ce que tu fais ? On t'attend tous pour notre réunion de l'ADS.
La blonde : ADS ?
Masaki : Association des Dépendants Sexuels.
Sano : Ne l'écoutes pas, elle raconte n'importe quoi.
Masaki : Tu recommences à nier que tu as un problème… Comment veux-tu t'en sortir un jour si tu persistes dans cette voie là, hein ? Tu ne peux vraiment pas t'empêcher de coucher avec toutes les filles qui passent ?
Sano : Elle est folle, ne l'écoutes pas.
La blonde : Je pense que je devrais y aller. Je te rappelle !
Masaki : Oui, je crois que c'est le mieux à faire.
Sano : Mais tu n'as pas mon numéro !

La jeune blonde s'était littéralement enfuit en apprenant que Sano était un accro du sexe. Elle n'avait pas envie de fréquenter ce genre de pervers et elle partit sans demander son reste. Sano ne tenta pas de la rattraper car visiblement, elle avait cru toutes les bêtises de Masaki. Cette dernière était ravie de son coup et se mit à rire en voyant Sano si dépité.

Sano : Tu es fière de toi ?
Masaki : Quoi ? C'est juste une blague ! Ce n'est pas de ma faute si cette bimbo croit tout ce qu'on lui dit. C'était quoi son prénom au fait ?
Sano : Euh…
Masaki : Tu t'en souviens déjà plus ? Tu es désespérant !

Masaki s'installa à la place de la blonde et commanda un verre au serveur. Elle tenait sa petite revanche sur sa mauvaise blague, elle était aux anges.

 

Chambre de Charlie
Au même moment

Comme le plus souvent, lorsqu'ils étaient tout les deux, Nikki et Charlie s'embrassaient. Allongés sur le lit, Nikki laissait son petit ami avoir la main baladeuse sous son tee-shirt. Cependant, lorsqu'il tenta de déboutonner son jean, elle le repoussa gentiment. Charlie remarqua que quelque chose clochait lorsqu'elle l'empêcha de nouveau d'aller plus loin.

Charlie : Il y a un problème ?
Nikki : C'est pour ça que tu m'as fait venir chez toi ? Pour coucher ?
Charlie : Tu te doutais bien qu'on aller pas jouer aux petits chevaux toute la soirée…

Nikki repoussa brutalement Charlie qui l'embrassait dans le cou et se leva. Ce n'était pas vraiment le genre de réponses qu'elle souhaitait entendre. Elle passa son pull et se pencha pour chercher ses baskets. Charlie qui venait de se cogner au mur, se frottait la tête tout en regardant Nikki. Elle semblait très énervée, pressée de s'enfuir.

Charlie : Où tu vas ?
Nikki : Je rentre chez moi !
Charlie : Qu'est ce qui te prend tout à coup ? J'ai fait quelque chose de mal ?
Nikki : Des fois, j'aimerais bien que l'on joue aux petits chevaux, pour changer !
Charlie : Hein ? Je dois comprendre quelque chose ?
Nikki : Laisses tomber !

Nikki trouva enfin ses baskets sous le lit et elle les enfila à la va-vite. Elle s'apprêtait à sortir de la chambre lorsque Charlie la rattrapa.

Charlie : Je pourrais savoir ce qui te prend ? Pourquoi tu es si étrange tout à coup ? Si j'ai fais quelque chose de mal, dis le moi !
Nikki : J'en ai juste assez qu'à chaque fois que l'on se voit, on finisse au lit. Je vais finir par croire qu'il n'y a que ça qui t'intéresse chez moi.
Charlie : Ne sois pas stupide.
Nikki : Sarah a raison, tu ne m'aimes pas, même pas un peu. Tu sors avec moi juste pour….
Charlie : Depuis quand tu fais attention à ce que disent les autres ?
Nikki : Depuis qu'ils disent des choses censées.

Nikki s'en alla en claquant la porte.Charlie resta interloqué. C'était la deuxième fois aujourd'hui qu'il vivait cette situation. D'abord Sarah, maintenant Nikki. Qu'est ce qu'elle avait donc toute aujourd'hui ?

 

20h15
Bar d'un hôtel

Masaki : Elle a fait quoi ? Mais pourquoi tu as accepté ? Je n'ai pas envie d'aller ces quelques jours avec toi là-bas !
Sano : Ecoutes, ça me déplait autant qu'à toi mais ça lui faisait plaisir de nous offrir ce week-end...
Masaki : Las Vegas ? Qu'est qu'on va aller faire à Las Vegas ? Ne réponds pas... je sais très bien que tu te trouveras facilement une occcupation, ce n'est pas les filles qui manquent là bas.

Masaki n'arrivait toujours pas à en revenir. La mère de Sano leur offrait un week-end à Las Vegas.

Sano : Tu plaisantes ? Ma mère veut nous accompagner ! Si elle me voit flirter avec d'autres filles, elle va faire une attaque.
Masaki : Trouves une excuse, que tu travailles... Je ne sais pas moi, n'importe quoi ! J'en ai plus qu'assez de jouer à être ta petite amie.
Sano : Masaki, s'il te plait ! Juste ce week-end. Encore quelques jours. Elle reprendra un vol pour Tokyo dimanche, à Las Vegas. Je te demande juste de jouer le jeu encore quelques jours.
Masaki : Mais pourquoi j'ai accepté de te rendre service, hein ?

 

Restaurant chic du centre ville
20h20

Akira avait rendez-vous avec son père dans un restaurant du centre ville. Il n'avait vraiment envie de le voir. La seule raison qui l'avait poussé à venir, c'était cette chose soit disant importante qu'il devait lui dire. Les rares fois qu'il voyait son père, c'est à dire les rares fois où il trouvait un peu de temps entre de deux rendez-vous lorsqu'il était de passage en ville, cela se terminait toujours en dispute. Les relations étaient plus que tendues entre les deux hommes et cela, depuis le décès de la mère d'Akira. Avant le terrible accident, la famille Okayasu vivait une vie normale.

Nobuko : Akira, je sais que tu es stressé mais cette serviette ne t'a rien fait !

Akira sortit de ses pensées et regarda la serviette qu'il tenait entre les mains. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il commençait à déchirer le tissu à force de la torde. Il la reposa sur la table et se tourna vers Nobuko qui lui souriait.

Nobuko : On dirait que tu vas passer un examen tellement tu es stressé. Respires un bon coup ! Ce n'est que ton père, ce n'est pas un monstre.
Akira : On voit bien que tu ne le connais pas.
Nobuko : Dis moi, ça ne le dérangera vraiment pas que je sois là ? Je n'ai même pas été invité....
Akira : Je sais mais j'ai besoin de toi ! Je te remercie d'avoir accepté de m'accompagner. Tu avais probablement un tas de choses prévues, bien plus passionnantes pour ce soir, non ?
Nobuko : Si tu considères le ménage comme une chose passionnante, oui, j'avais un tas de projet. Pour dire la vérité, je préfère largement ce changement de plan.
Akira : Tu dis ça maintenant mais lorsque tu rencontreras mon père, tu changeras d'avis, j'en suis sûr.
Nobuko : C'est quoi cette chose qu'il doit de dire ?
Akira : Aucune idée mais je demande pourquoi il y a deux autres couverts sur cette table.
Nobuko : Il est peut-être accompagné.
Akira : Je ne serais qu'à moitié étonné de le voir accompagner de sa secrétaire. Quand on y pense, elle a surement passé plus de temps avec mon père que moi !

Akira et Nobuko n'eurent pas le temps de continuer à imaginer la raison du pourquoi ils étaient là car monsieur Okayasu fit son apparition. Il était accompagné d'une femme blonde, plus jeune que lui. Les deux lycéens partirent dans un petit fou rire en réalisant que leurs prévisions étaient bonnes. Ils s'arrêtèrent brusquement de rire lorsque le père d'Akira arriva à leur table. Il ne semblait pas d'humeur à plaisanter.

Akira : Oto-san, je te présente ma petite amie.
Nobuko : Nobuko Kotani, heureuse de vous rencontrer.

Nobuko, en bonne japonaise qui se respecte, se courba pour le saluer. Il la salua rapidement puis aida son assistante à s'installer avant de prendre lui aussi, place autour de la table.

Akira (vers la jeune femme blonde) : Bonsoir, je ne crois pas vous avoir déjà rencontrer, je suis le fils indigne de cet homme, Akira.
La femme blonde : Claudia Fischer, mon père m'a déjà parlé de vous.
Akira : Vraiment ? Probablement pour que vous pensiez à m'envoyer un petit quelque chose pour mon anniversaire, c'est ça ? Je sais qu'il fait ça avec toute ses assistantes...
Monsieur Okayasu : Akira-kun, ça suffit !
Akira : Je n'ai pas le droit de parler à ton personnel ? Pourquoi tu ramènes cette femme si je n'ai même pas le droit de lui dire bonjour.
Monsieur Okayasu : Je te demanderais d'être un peu plus poli.
Akira : Quoi ? Tu as peur qu'elle raconte à toute la compagnie que le fils du directeur déteste son père ? A mon avis, tout le monde s'en doute déjà.
Monsieur Okayasu : Stop !

Le père d'Akira frappa la table si fortement que les assiettes sautèrent sur quelques millimètres et les clients des tables voisines se retournèrent. Akira avait peut-être été un peu loin.

Monsieur Okayasu : Que tu me détestes, soit, mais crois-tu qu'il soit nécessaire de te donner en spectacle devant tout ce restaurant ?
Akira : ...
Monsieur Okayasu : Ne parles de cette manière devant ta mère.

Sur ces derniers mots, Akira et Nobuko levèrent la tête. Ils avaient bien-entendus ? Akira mit quelque secondes avant de savoir quoi répondre.

Akira : Ma mère est morte il y a cinq ans.
Monsieur Okayasu : Oui, et à cause de qui, hein ?
Akira : Je... Ce n'est pas... Je...
Monsieur Okayasu : Ta mère était une personne exceptionnelle, elle nous a quitté beaucoup trop tôt... Il m'aura fallu cinq longues années pour enfin accepter sa disparition et recommencer une autre histoire et tout ça, grâce à Claudia.
Akira : Claudia ? Votre assistante ?
Claudia : Je ne suis pas son assistante.
Monsieur Okayasu : Claudia est ma femme.

Akira n'en croyait pas ses oreilles. Son père, cet homme au coeur dur comme de la pierre depuis la mort de sa mère, il s'était marié. Comment une femme qui devait avoir une bonne quinzaine d'années de moins que lui pouvait l'aimer ? Et comment se faisait-il que son père ne lui ait pas parlé de cette relation plus tôt. Même si leurs relations n'étaient pas au beau fixe, Akira aurait aimé être au courant de ce mariage avant que celui-ci ne soit prononcé.

Claudia : Si tu veux, tu peux m'appeller maman !

C'était la goutte qui fit déborder le vase. Que son père se remarrie, c'était une chose mais qu'il remplace sa mère, s'en était une autre.

Akira : Ma mère est morte et personne ne pourra la remplacer. Jamais ! Ni vous ni personne d'autre !

Akira se leva d'un bond, il ne pouvait pas rester une seconde de plus. Trop d'informations lui arrivaient en même temps. Il prit la main de Nobuko et l'entraina avec lui à l'extérieur du restaurant.

Claudia : J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas.
Monsieur Okayasu : Ne t'inquiètes pas, il va se calmer. Il s'énerve très vite lorsqu'on lui parle de sa mère, il faut l'excuser.

 

Gare routière
21h00

Sarah, sa valise à la main, faisait la queue devant un guichet. La gare routière était presque déserte à cette heure-ci, quelques passagers attendaient patiemment le départ de leur bus. Lorsque l'homme qui était devant elle eut terminé, Sarah s'approcha de l'employée. Elle soupira avant de demander son billet.

Sarah : Un billet pour Atlantic City, New Jersey.
L'employée : Aller simple ou aller-retour ?
Sarah : Aller simple.

Aller simple, Sarah voulait bien un aller simple pour sa ville natale. Elle paya, récupera son billet puis pris la direction du bus qui attendait dehors. Elle avait décidé de quitter New York. Elle n'avait prevenu personne, ni Nobuko, ni le lycée et encore moins Charlie. Elle serait presque parti sans rien dire à sa soeur ainée si cette dernière ne l'avait pas surprise à faire sa valise. Jenny ne comprit pas vraiment pourquoi Sarah tenait à retourner chez ses parents et surtout pourquoi elle voulait parti dès ce soir. Sarah avait pretexté qu'elle ne sentait pas bien, qu'elle n'était pas totalement remise de son accident de voiture. Jenny savait très bien que cette histoire était inventée de toute pièce mais ne chercha pas à en savoir plus. Si sa soeur voulait s'éloigner quelque temps de New York, pourquoi pas. Elle espérait seulement qu'elle reviendrait.

Retour