
Rues de New York
Lundi 23h00
Masaki sortit du restaurant, épuisée par sa journée de travail. Elle ne pensait qu'à une seule chose : dormir. Elle détestait de plus en plus ce travail de serveuse. Bien que les clients soient la plupart du temps très gentils avec elle, elle se demandait encore combien de temps elle allait pouvoir tenir. Son patron était du genre difficile à vivre. Toujours sur son dos, il ne manquait pas une occasion de la rabaisser. Masaki ne rêvait que d'une chose : lui mettre son poing dans la figure.
Le destin semblait s'acharner contre elle ce soir car elle eut la mauvaise surprise de voir que quelqu'un l'attendait à la sortie.
Masaki : Qu'est ce que tu me veux encore ?
Sano : Oui, je vais bien moi aussi, merci t'en inquiéter.
Masaki était consciente d'être peu aimable mais il faut dire qu'elle avait ses raisons. Cet idiot de Sano s'était amusé à lui faire croire qu'il allait la faire virer et elle avait cavalée à travers les rues de New York pour rien. Elle pensait en avoir enfin terminé avec lui et espérait de ne plus jamais le revoir. Malheureusement, Sano n'avait visiblement pas les mêmes projets. Elle le contourna et poursuivit sa route mais le jeune homme la rattrapa.
Sano : Eh ! T'enfuies pas comme ça ! Pourquoi tu es si pressée
? Tu dois rejoindre ton petit ami ?
Masaki : Quoi ?
Sano : Oh, mademoiselle est célibataire peut-être ?
Masaki : Quoi ?
Sano : Tu sais dire autre chose que "quoi" ?
Masaki : Quoi ?
Sano : Tu viens encore de le dire !
Masaki se retourna brutalement vers Sano, le regard sévère. Il avait vraiment le chic pour la mettre hors d'elle en deux temps, trois mouvements. Le jeune homme réalisa qu'il avait peut-être poussé le bouchon un peu trop loin car Masaki semblait vraiment furieuse.
Masaki : Dis-moi, tu comptes me pourrir la vie encore
longtemps ? Et pourquoi moi ?
Sano : Excuses moi, j'ai tendance parfois à en faire un peu trop.
Masaki : Rectification, tu en fais toujours trop.
Sano : Désolé mais quand je vois une si jolie fille, je
commence à dire n'importe quoi
.
Masaki : Mais bien sûr ! Je t'en prie, gardes ta drague à deux
balles pour une autre, ça ne marche avec moi.
Sano : Tu serais bien la première à résister à mon charme légendaire.
Masaki : Il faut une première fois à tout ! Et puis d'abord,
qu'est ce que tu veux ? Je croyais t'avoir dit que je ne voulais
plus te voir.
Sano : J'aurais besoin que tu m'aides...
Masaki : T'aider ? Tu n'es pas un peu fou ? Je te connais à
peine !
Sano : Il n'y a que toi qui puisses m'aider.
Masaki : Hors de question.
Sano : Tu ne sais même pas ce que c'est !
Masaki : Et je n'ai pas envie d'en savoir plus ! Débrouilles toi
tout seul !
Sur ces mots, Masaki ne s'attarda pas plus longtemps et elle continua sa route, laissant Sano.
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Appartement des Kotani
Mardi 8h30
Nobuko : Masaki ! Lèves toi !
Sans réponse de son sur, Nobuko ouvrit la porte de la chambre d'ami, Masaki dormait encore à poings fermés. Elle entra et ouvrit les rideaux, laissant entrer la lumière du jour brutalement.
Masaki : No-chan ! C'est mon jour de congé !
Nobuko : C'est toi qui m'as demandé de te réveiller de bonne
heure. Tu as dit que tu avais un tas de choses à faire.
Masaki : Hum....
Nobuko : Et puis, je ne voudrais pas te mettre la pression mais
les nouveaux propriétaires emménagent ici dans deux semaines et
on n'a toujours nulle part où aller....
Masaki : Hé ! Ce n'est pas de ma faute, j'ai été beaucoup
prise par mon travail cette semaine.
Masaki finit par se lever car Nobuko la fixait et semblait prête à rester ainsi jusqu'à ce qu'elle sorte de son lit. Elle s'étira et marcha au radar jusqu'à la cuisine. Si elle voulait tenir toute la journée, il lui fallait absolument sa dose de caféine. Elle s'en servit une tasse et s'empara du journal. Elle s'arrêta aux annonces immobilières mais rien de très intéressant n'était proposé.
Nobuko passa en vitesse devant elle, attrapant au passage son sac de cours. Elle n'avait pas vu l'heure passée et risquait d'arriver en retard. Elle ouvrit la porte d'entrée rapidement et se retrouva face à un homme qu'elle ne connaissait pas qui était sur le point de sonner.
Nobuko : Vous cherchez quelqu'un ?
Sano : Bonjour, je suis un ami de Masaki et...
Nobuko : (en criant vers l'appartement) Onee-chan ! Tu as de la
visite ! (elle se retourna vers Sano) Désolé mais je vais être
en retard au lycée.
Nobuko s'en alla et laissa rentrer Sano. Un peu gêné, il s'avança. Masaki n'avait probablement pas entendu sa sur car elle n'avait pas bougé. Elle était toujours dans la cuisine. Elle manqua de s'étrangler avec son café lorsque Sano la salua.
Sano : Bonjour !
Masaki : Eh !
Sano : Jolie coiffure !
Masaki passa la main dans ses cheveux et tenta de les démêler. On aurait dit qu'une bombe avait explosé sur sa tête. Elle réalisa soudain qu'elle était presque à moitié nue, ne portant qu'une simple nuisette. Elle ouvrit le journal et tenta de cacher ce qu'elle put avec. Sano sourit tandis que Masaki, rouge pivoine de honte, tenta de faire comme si de rien n'était.
Masaki : Je peux savoir ce que tu fais là ? Je t'ai déjà
dit que je ne voulais plus te voir ! Et d'abord, comment tu
connais mon adresse ? Tu m'as suivi ?
Sano : J'ai bien été obligé.
Masaki : Mais tu es qui au juste ? Un pervers sexuel ? Je ne veux
pas sortir avec toi, désolé.
Sano : Je te rassure, je ne le veux pas non plus. Tu ne m'attires
pas du tout.
Masaki : Dans ce cas là, pourquoi tu n'arrêtes pas de me suivre
?
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Parc près du lycée
12h30
Pour changer un peu, Akira et Nobuko étaient sortis dehors durant l'heure de déjeuner. Ils achetèrent un hot-dog au vendeur du coin de la rue et se promenèrent ensuite dans le parc. Akira n'avait quasiment rien dit, ce n'était pas vraiment une habitude chez lui d'être si silencieux. Nobuko s'inquiéta un peu.
Nobuko : Tu ne dis rien depuis tout à l'heure. Tu m'en veux ?
J'ai fais quelque chose ?
Akira : Cela n'a rien à voir avec toi
C'est juste que
Mon père doit arriver de Tokyo vendredi et je me pose quelques
questions.
Nobuko : Pourquoi ?
Akira : Parce qu'il ne vient jamais me voir. Il ne prend jamais
le temps pour me voir, que ce soit pour mon anniversaire, pour Noël
Nobuko : Jamais ? Tu ne crois pas que t'exagères un peu ? C'est
ton père, il
Akira : Cela fait cinq ans que je suis à New York, la seule fois
où il est venu me rendre visite, c'était lorsqu'il était de
passage en ville pour affaires. Depuis la mort de ma mère, il
m'a zappé de sa vie. Je me demande bien pourquoi il vient
Nobuko : Il n'a pas dit pourquoi il venait ?
Akira : Non, il a dit à Yankumi qu'il voulait me voir, qu'il
avait des choses à me dire.
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Aéroport JFK
15h00
Le hall d'attente était presque désert. Masaki était tranquillement assise, elle tourna la tête et vit un homme qui tenait un énorme bouquet de fleurs et qui n'arrêtait pas de regarder sa montre. A tous les coups, il attendait sa petite amie. La jeune fille se leva lorsqu'elle vit Sano revenir vers elle. Elle se demandait encore pourquoi elle avait accepté de venir.
Flashback
Appartement des Kotani
8h45
Masaki était passée rapidement dans sa chambre pour enfiler quelques vêtements plus convenables et rejoignit Sano qui l'attendait dans le salon. Bien qu'elle n'ait pas franchement apprécié la manière dont il était entré chez elle, Masaki était cependant intriguée par Sano. Si il était venu la voir de si bonne heure, c'était probablement parce que c'était important.
Masaki : Si tu ne veux pas sortir avec moi, pourquoi tu me
colles comme ça ?
Sano : J'ai besoin de ton aide.
Masaki : Moi ? Pourquoi ?
Sano : J'aurais besoin que tu te fasses passer pour ma petite
amie.
Masaki : C'est quoi encore ce délire ?
Sano : Ma mère arrive cet après-midi de Tokyo. Elle veut me
marier avec une fille que je ne connais même pas.
Masaki : Dis lui que tu ne veux pas.
Sano : Ce n'est pas si simple, ma mère tient énormément aux
traditions mais si elle voit que je suis fiancé, elle arrêtera
probablement ses projets délirants
Masaki : D'accord mais pourquoi tu tiens à que ce soit moi ? Tu
pourrais demander à n'importe qui. (sur un ton ironique) Avec
ton charme légendaire tu n'as qu'à draguer la première venue.
N'importe quelle fille pourrait jouer le jeu, non ?
Sano : Le genre de filles que je fréquente ne plaira jamais à
ma mère. Elles sont
Masaki :
trop blondes ? Trop bêtes ? Après tout, si elles
croient ton baratin de Casanova, je me doute bien qu'elles ne
sont pas très futées. De toute façon, il est hors de question
que je te rende le moindre service, pas après ce que tu m'as
fait.
Sano : Tu m'en veux encore pour cette blague ? Je me suis déjà
excusé pour ça, tu vas m'en vouloir encore longtemps ? C'était
juste une petite blague, il n'y a pas eu mort d'hommes.
Masaki : Donnes moi une seule bonne raison d'aider un idiot dans
ton genre ? Personnellement, je n'en vois aucune et je n'ai pas
le temps de jouer, j'ai un tas de choses à faire
Sano : Qu'est ce qui peut être plus important que sauver ma vie
? On voit bien que tu ne connais pas ma mère.
Masaki : Je m'en fiches, c'est tes problèmes.
Sano : Kotani-san, s'il te plait
Dans le hall de l'aéroport, Sano était très tendu contrairement à Masaki qui n'avait nullement l'air inquiète. Après tout; si ce plan échouait, c'était lui qui allait en subir les conséquences.
Sano : Son avion vient d'atterrir. Tu as eu le temps de mémoriser
la liste que je t'ai faite ?
Masaki : Tu avais dit deux ou trois choses à
savoir, ta liste fait pas loin de trois pages. J'ai vraiment
besoin de connaître tout ça ?
Sano : Pour le moment, contentes toi d'être polie et de sourire.
Je sais c'est un peu difficile pour toi mais fais un effort
.
Masaki : Tu ferais bien d'être plus aimable avec moi. Je
pourrais encore te laisser en plan.
Sano : Oui mais je sais que tu ne le feras pas. Je te rappelle
que tu as signé.
Flasback
A force d'insister, Sano avait finalement réussi à convaincre Masaki à l'aider. Elle n'avait guère le choix car il semblait bien décider à ne pas partir sans qu'elle accepte sa proposition.
Sano : Je ferais tous ce que tu veux si tu acceptes.
Masaki : Tout ? Vraiment ? Tu ferais bien de faire attention à
ce que tu dis, je serais capable de te prendre au mot.
Sano : Tu m'as dit que tu cherchais un appartement
Masaki : Ce n'est pas vrai, tu as vraiment écouté ce que je
t'ai dit l'autre jour ? Tu m'impressionnes là.
Sano : J'ai justement un de mes locataires qui vient de déménager,
si ça te dit
Masaki : Toi ? Tu es propriétaire d'un appartement ? Non mais tu
t'es vu ? Tu es un gamin, comment tu pourrais te payer des biens
immobiliers.
Sano : Depuis quand il faut être vieux et moche pour être
propriétaire ?
Masaki : C'est d'accord mais sous certaines conditions.
Sano : C'est normal, qu'est ce que tu veux ?
Masaki : D'abord, je dois voir ton appartement, je veux vérifier
que tu ne me proposes pas un trou à rat.
Sano : Aucun problème.
Masaki : Combien de temps ta mère reste-t-elle à New York ?
Sano : Toute la semaine mais je te demanderais juste de venir
avec moi la chercher à l'aéroport et de diner avec nous une
fois. Cela ne te prendra pas beaucoup de temps. Autre chose ?
Masaki : Je n'ai pas confiance en toi alors je préfère que nous
mettions tout ça par écrit.
Sano : Quoi, un contrat ?
Masaki : Exactement.