
Lundi 12h30
Réfectoire du lycée
Son plateau à la main, Nobuko traversait le réfectoire à la recherche de Sarah. Cette dernière était sortie de classe un peu avant elle et elle devait la retrouver ici. Elle tomba des nues lorsqu'elle vit où son amie avait choisit de s'assoir.
Sarah : Ah te voilà, tiens, assieds toi là ! Charlie nous racontait justement que....
Nobuko n'écoutait déjà plus. Tel un robot elle s'assied à côté de Sarah tout en continuant à se demander ce qui ne tournait pas rond chez son amie. Comment pouvait-elle déjeuner avec Charlie et Nikki ? Sarah ne lui avait pourtant bien dit qu'elle n'accepterait jamais que Charlie puisse sortir avec cette fille. Nobuko aurait tout imaginer sauf ça. Sarah faisait-elle semblant d'être aimable avec Nikki ou avait-elle vraiment accepter ?
Nobuko ne pouvait pas attendre. Elle se leva d'un bond et saisit Sarah par le bras pour l'entrainer à l'écart, dans le couloir, manquant de la faire tomber.
![]()
![]()
Couloirs du lycée
Une fois seules dans le couloir, Nobuko se retourna vers Sarah qui avait peu apprécié de se faire trainer de force. Nobuko osait à peine la regarder, se sentant trahie. Elle n'avait toujours pas complètement digérer tout les mauvais coups qu'avait pu lui faire Nikki depuis son arrivée au lycée. Elle supportait déjà difficilement qu'Akira continue à la fréquenter si aujourd'ui, Sarah s'y mettait, c'était le bouquet,
Nobuko : Non mais tu as perdu la tête ou quoi ?
Sarah : Quoi ? Qu'est ce que j'ai fait ?
Nobuko : Tu te fiches de moi ? C'est quoi ce numéro ? Qu'est ce
qui te prend de faire amie-amie avec cette fille ?
Sarah : Je... Ce n'est pas ce que tu crois...
Nobuko : Et bien vas-y, expliques moi ! Et comment cela se fait-il
que Charlie soit toujours collée à cette blonde sans cervelle ?
Tu ne lui a pas parler ?
Sarah : Disons que tout ne s'est pas dérouler comme prévu.
Sarah semblait génée, elle n'arrivait pas à dire à son amie qu'elle avait complètement ratée sa déclaration vendredi. Elle n'avait même pas eu l'occasion de voir Charlie.
Sarah : Nikki a été plus rapide, elle a mis le grappin sur
Charlie mais je ne vais pas la laisser faire. Elle a peut-être
gagner une bataille mais elle n'a pas encore gagnée la guerre.
Nobuko : Mais qu'est ce que tu me racontes ? Tu pourrais être
plus claire, je n'arrive pas à te suivre. C'est quoi ce plan
avec Charlie et Nikki ?
Sarah : Ne t'inquiètes pas, cette Nikki me sort toujours pas les
yeux.
Nobuko : Vraiment ?
Sarah : J'essaie juste de lui faire croire qu'elle a gagnée. Si
elle pense que j'ai oubliée Charlie, elle sera moins méfiante
et je pourrais alors le récupérer. Il me suffit d'attendre le
bon moment.
Nobuko fixa un instant Sarah qui souriait. Visiblement, tout ça faisait parti d'un plan. Pourtant, Nobuko ne put s'empêcher d'imaginer le pire. Elle avait l'intuition que toute cette histoire n'allait pas être si simple et que les choses n'allaient pas se passer aussi bien que le pensait Sarah.
![]()
Restaurant du centre-ville
13h00
Masaki traversa la salle, deux assiettes dans la main. Elle manqua d'en faire tomber une lorsqu'elle se cogna à une table. Elle leva les yeux au ciel, regrettant déjà d'avoir accepter ce poste de serveuse. Elle servit ses deux clients, s'excusant d'avoir mis autant de temps et jeta un oeil à son supérieur qui la regardait d'un air mauvais. Elle ne le conaissait que depuis quelques heures mais elle ne le supportait déjà plus. Il trouvait toujours un prétexte pour la critiquer bien que Masaki fasse de son mieux.
Il lui fit un signe de la tête pour lui indiquer qu'il voulait lui parler. Masaki souffla, se demandant encore quelles erreurs elle avait faite. Elle réussit cependant à dissimuler sa rancoeur derrière un large sourire.
L'homme : Masaki, occupez-vous de ses touristes. Je ne comprends rien à ce qu'ils me racontent. Vous parlez le japonais alors occupez-vous et j'espère que cette fois, vous ne ferez pas d'erreurs.
Masaki ne prit la peine de répondre car elle aurait été capable, elle le savait bien, de lui dire ces quatre vérités à ce chauve qui prenait un malin plaisir à abuser de son autorité. Cependant, c'était plus fort qu'elle, elle lui lança une petite vacherie mais prit soin de le faire en souriant.
Masaki : Je m'en occupe, baka* !
*baka : idiot
Un jeune asiatique qui faisait parti du groupe se mit à rire en entendant Masaki mais se tut rapidement lorsqu'il aperçut que le patron avait des doutes sur ce qui venait d'être dit. Masaki paniqua légèrement, bien qu'elle déteste ce travail, elle ne voulait pas le perdre dès le premier jour. Elle conduisit ses clients à une table de libre, priant pour ce jeune homme brun ne lui fasse pas de remarques sur ses paroles. Manque de chance pour elle, c'est ce qu'il fit une fois installé.
Le jeune asiatique : Ce n'est pas bien de traiter son patron
d'idiot.
Masaki : Quoi ? S'il vous plait, ne lui dites pas, j'ai pas envie
de me faire virer. Mais... vous parler l'anglais ?
Le jeune asiatique : Quelle perspicacité ! Tenez, appellez moi
à l'occasion ! Vous me semblez être une personne très intéressante...
Le jeune homme sortit une carte de visite qu'il tendit à Masaki. Elle regarda un instant ce bout de papier et lut ce qui était écrit.
Masaki : Sano Iwasaki...
Sano : Oui, c'est moi !
Masaki : Je peux savoir pourquoi vous me donner ça au juste ?
Sano : Ecoutez, je dois m'occuper de ce groupe de touristes
aujourd'hui mais demain je suis libre, appellez moi !
Masaki : Qui vous dit que j'ai envie de vous revoir ?
Sano : Je le sais c'est tout !
Masaki : Vous vous prenez pour qui au juste ?
Sano : Si vous m'appellez pas, je serais bien capable de repasser
ici et dire à votre patron que vous vous moquez de lui.
Masaki : Non, vous n'oseriez pas faire une chose pareille ?
Sano : Qui sait....
Masaki ne trouva aucune bonne répartie. Cet homme, Sano, la fixait en souriant, ravi de l'effet qu'il venait de produire. Il semblait convaincu que Masaki allait l'appeller. D'un autre côté, elle n'avait pas vraiment le choix. La jeune fille savait très bien que c'était le genre de personne à mettre ses menaces à execution. Finalement, elle rangea la carte dans sa poche lorsqu'un client l'interpella.
![]()
Chambre d'Adena
18h00
Adena était allongée sur son lit tandis que Nikki était assise à son bureau, devant l'ordinateur. Elle semblait très concentrée.
Adena : N'oublies pas d'ajouter quelques fautes d'orthographe
et changent aussi quelques mots.
Nikki : Ne t'inquiètes pas, je suis très douée pour bidonner
des devoirs trouvés sur le net.
Nikki mis la touche finale à son chef d'oeuvre, rajoutant quelques fautes par ci par là et finit par cliquer sur imprimer. Elle récupera les copies, les rangea dans son sac et rejoignit Adena.
Nikki : Qu'est ce que tu lis ?
Adena : Vivez vous le grand amour ?
Nikki : Quoi, encore un test débile ? T'es vraiment accro à ces
magazines débiles.
Adena : Tu ferais peut-être d'en lire plus souvent.
Nikki : Qu'est ce que tu sous entend ?
Adena
: On ne peut pas dire que tu sois réellement féminine. Tu as vu
tes cheveux ?
Nikki se leva d'un bond et se dirigea vers la coiffeuse. Elle se regarda dans le mémoire et passa la main dans ses cheveux.
Nikki : Quoi mes cheveux ? J'ai été chez le coiffeur il n'y
pas trois semaines.
Adena : Non mais tu as vu ses racines ? Devenir blonde demande un
minimum d'effort. Et puis, je ne sais pas, on ne peut pas dire
que tu sois une accro au maquillage.
Nikki : Et alors ? En quoi c'est un problème ?
Adena : Je dis ça, je ne dis rien... mais tu devrais faire
attention, Sarah fait plus attention à son apparence que toi.
Nikki : Pourquoi tu me parles de cette nana ?
Adena : Parce qu'elle veut Charlie.
Nikki : Mais non !
Adena : Nikki, je commence à savoir comment elle fonctionne.
Cette nana est amoureuse de Charlie et je doute qu'elle ne tente
rien.
Nikki : Peut-être mais Charlie m'a choisi. Il n'a pas ce genre
de sentiments pour elle.
Adena : Tu en es sûre ?
Nikki : Oui... enfin...
Adena : Méfies toi de Sarah, elle est capable de tout.
![]()
Mardi 11h00
Central Park
Masaki marchait dans le parc ou plutôt, elle se tranait jusqu'au restaurant. Elle embauchait dans moins d'une heure et elle n'avait aucune envie d'y aller. Ce travail de serveuse n'était vraiment pas fait pour elle mais elle n'avait pas le choix. Elle n'avait rien trouver dans le secteur de la publicité et il fallait qu'elle se trouve un emploi si elle voulait rester à New York. Elle était venu ici pour recommencer, prendre un nouveau départ et fuir sa vie d'avant à Tokyo. Elle n'avait jamais réellement parlé des raisons qui l'avait poussé à partir si vite, presque sur un coup de tête et n'avait pas envie d'aborder le sujet.
Elle fourra ses mains dans ses poches et sentit un bout de papier. Elle sortit la carte de visite que lui avait donné un client, hier au restaurant. Elle l'avait oublié celui-là. Pourtant, en repensant à ce qu'il avait prévu de faire, elle commença à paniquer. Elle n'était pas vraiment sûr qu'il mette son plan à execution mais dans le doute, elle préféra appeler, elle n'avait pas envie de perdre son travail à cause d'un idiot dans son genre. Elle composa le numéro sur son portable et au bout de deux sonneries, on décrocha.
Masaki : Euh... Bonjour...
Sano : Ah c'est vous ! Je me demandais si vous oseriez m'appeller.
Masaki : Et bien, je vous ai appelé donc n'allez pas voir mon
patron pour lui dire que...
Sano : Trop tard !
Masaki : Quoi trop tard ? Qu'est ce que ça veut dire ?
Sano : Je viens tout juste de parler à votre patron.
Masaki : Vous plaisantez ?
Sano : Venez vérifier par vous même, je suis devant le
restaurant.
Masaki raccrocha et se mit à courir vers le restaurant qui n'était pas très loin. Elle allait le tuer cet idiot, de quel droit se permettait-il de lui pourrir la vie. Plus elle se rapprochait, plus la rage la gagnait. Lorsqu'elle arriva enfin face au restaurant, elle vit Sano qui souriait bêtement. Elle était à bout de souffle, cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas fait de sport et elle le regretait. Quand elle put enfin parler, elle ne manqua pas de dire à Sano ce qu'elle pensait de lui.
Masaki
: Tu te prends pour qui espèce d'abruti ? Ça t'amuse de faire
virer les gens ?
Sano ne répondit pas et continua à sourir ce qui énerva encore plus Masaki.
Masaki : Et en plus ça te fait rire !
Sano : Calmes toi ! J'ai rien dit du tout !
Masaki : Quoi ?
Sano : J'ai rien dit, de toute façon le restau est fermé.
Masaki tourna la tête vers la porte d'entrée du restaurant et effectivement, le panneau « closed » était posé là. Elle se retourna vers Sano bien décidée à le tuer, elle venait de faire un sprint à travers les rues de New York pour rien. Juste parce que cet homme qu'elle ne connaissait même pas lui avait raconter n'importe quoi.
Masaki : Il te manque une case, c'est pas possible. Ça
t'arrive souvent de jouer avec les gens comme ça ?
Sano : Parfois...
Masaki : Tu sais que tu es un grand malade.
Sano
: Tu as fini ?
Masaki : ....
Sano : On dirait bien. Bon, maintenant que tu es là, ça te
dirait d'aller boire un verre quelque part ?