2.18 The choice

Appartement des Kotani
19h00

Nobuko entra dans l'appartement suivie par sa soeur Masaki. Elle lui en voulait d'avoir envoyer boulet l'agent immobilier. Elle devait quitter l'appartement de leurs parents dans les jours à venir et elles n'avaient encore rien trouver. Nobuko s'inquiétait d'autant plus que ses parents n'étaient pas très partants pour la laisser seule à New York et elle envisageait le pire. Ils pouvaient encore changer d'avis si Masaki se montrait irresponsable et décider qu'elle doive les suivre au Japon.

Masaki : Ne t'inquiètes pas, je vais nous trouver un appartement et je le promets, il sera mille fois mieux que tout ceux que l'on a visiter aujourd'hui.

Nobuko : Je demande à voir...

Masaki : Je te le dis. Dans une semaine, on posera les premiers cartons dans notre appart.

Nobuko voulait bien la croire mais tout ça, ce n'était que des paroles. Pour le moment, l'appartement de leur rêve était encore entrouvable. La jeune fille traversa le salon en direction de sa chambre lorsqu'elle aperçut Sarah installée confortablement sur un des fauteils, lisant un livre. Nobuko s'arrêta net, étonnée de la voir ici.

Nobuko : Sarah ? Mais qu'est ce que tu fais là ?

Sarah se leva d'un bond et s'approcha de Nobuko toute énervée.

Sarah : Nobuko, tu vas jamais le croire.

Nobuko : Je peux savoir ce qui te rend si joyeuse ?

Sarah tendit son bras et releva la manche de son pull, révélant un bracelet en or incrusté de quelques pierres précieuses. Nobuko resta bouche bée devant le bijou.

Sarah : Pas mal, non ?

Nobuko : Ce bracelet est magnifique, il doit valoir une vraie fortune. Qui te l'a donné ?

Sarah : Je ne sais pas.

Nobuko : Quoi ? Attends, on t'offre un bijou qui vaut plusieurs centaines de dollars et toi, tu ne sais pas qui te l'offre ? C'est ton amnésie qui te reprend ?

Sarah : Je te le jures, je ne sais pas. Je dois avoir un admirateur secret.

Nobuko : Vraiment ?

Sarah : Adena me l'a rapporté cet aprés-midi, je l'avais laissé au lycée.

Nobuko : Adena ? Adena Stiles est venue chez toi ?

Sarah : Ce n'était pas vraiment une visite de courtoisie...

Nobuko : Et tu as quelques indices sur ce mystérieux admirateur ?

Sarah : Non.... Il y avait juste un mot sur une carte qui disait « Bonne Saint Valentin ».

Nobuko : Minute ! Ce cadeau, il n'était pas enveloppé de papier rouge et...

Sarah : Si, comment tu le sais ?

Nobuko : Sarah, tu n'as pas d'admirateur secret, c'est le cadeau de Charlie, celui que tu ne voulais pas ouvrir.

Sarah : Arrêtes de raconter n'importe quoi. Charlie et moi, on est juste amis. Pourquoi il m'offrirait ce genre de chose, surtout à la Saint Valentin ? Nobuko, tu as vraiment trop d'imagination. Et puis même si c'était vrai, pourquoi je ne l'aurais pas ouvert plus tôt ? Et de toute façon, Charlie m'en aurait parlé, non ?

Nobuko : Charlie te cache beaucoup de choses.

Sarah : Il n'a aucune raison de me cacher quoi que ce soit, si ?

Générique

Rues de New York
Au même moment

Charlie s'arrêta finalement devant un grand immeuble. Il leva les yeux vers les étages, dans l'un de ses appartements, il y avait Nikki qui l'attendait. Après l'ultimatum qu'elle lui avait lancé un peu plus tôt, il ne savait plus vraiment quoi faire. Il était tiraillé entre Sarah et Nikki et ne savait pas qui choisir car il était clair qu'il devait faire un choix. Il souffla et entra finalement dans le hall de l'immeuble. Il s'avança vers la réception où il reconnut le concierge qui l'avait aidé lors de sa dernière visite.

Le concierge : Bonsoir Monsieur Todd, je suppose que vous venez voir Mademoiselle Hargrove.

Charlie : Bonsoir John.

Le concierge : Vous voulez que je la prévienne de votre arrivée ?

Charlie : En fait, non... Je ne suis pas vraiment sûre de vouloir la voir.

Le concierge : Un problème ?

Charlie : En fait je... non je ne veux pas vous embêter avec mes histoires. En plus, vous allez trouver ça complètement débile. Vous avez surement d'autres choses à faire bien plus passionnante qu'écouter un ado se plaindre de sa vie.

Le concierge : Un problème de fille ?

Charlie : Comment vous le savez ?

Le concierge : Il y a toujours une fille.

Charlie : En vérité, il y en a deux.

Le concierge : Deux ? Mon garçon, tu peux me croire, il n'est jamais bon de courir deux lièvres à la fois. Je suppose que Nicole est l'une de ses filles, qui est l'autre ?

Charlie regarda un instant le concierge se demandant ce qu'il faisait. Il était en train de parler de sa vie sentimentale à un parfait inconnu qui plus est, devait avoir quatre fois son âge. Il avait presque l'impression de se confier à son grand-père. Cependant, il avait vraiment besoin de parler et John semblait prêt à l'écouter. Charlie continua donc son explication.

Charlie : Elle s'appelle Sarah, en fait, c'est une des mes amies. On se connait depuis quelques années, c'est ma meilleure amie, elle connait tout de moi et je la connais par coeur. Je crois qu'en fait, je l'ai toujours aimé mais j'ai pris ça pour de l'amitié.

Le concierge : Et qu'est ce qui à changer ?

Charlie : J'ai toujours pensé que mes sentiments étaient à sens uniques alors je n'ai jamais rien tenté. Cependant, il y a quelques semaines, elle était complètement saoule et elle m'a laissé un message où elle m'avouait ses sentiments. Lorsque j'ai voulu lui en parler, elle a tout nié en bloc mais je sais qu'elle mentait.

Le concierge : Lorsque l'on est saoul, on raconte parfois n'importe quoi.

Charlie : En plus de cette déclaration, elle a réagit très violement lorsqu'elle a sût que je sortais avec Nikki. Et puis il y a eu cet accident de voiture. Sarah a failli mourir à cause de moi, à cause de nos disputes.

Le concierge : Quoi, tu l'a jeté sous une voiture ?

Charlie : C'est tout comme.

Le concierge : Cette Sarah semble beaucoup compter pour toi, pourquoi tu hésites ?

Charlie : Sarah me voit toujours comme un ami, cet accident lui a causé quelques pertes de mémoire et elle a complètement zappé les dernières semaines. D'un côté je voudrais qu'elle se souvienne mais d'un autre, ça voudrait dire qu'elle se rappelerait tout les méchancetés que j'ai pu lui dire. Et puis, il y a Nikki qui finalement, n'est pas si méchante qu'elle le laisse paraître. Elle est même parfois adorable.

Le concierge : Et donc ? Qui choisis-tu ? Sarah ou Nikki ?

Appartement des Kotani
19h30

Nobuko venait de tout raconter à Sarah, de la fausse rumeur sur Charlie jusqu'à son accident, comment Nikki en était venu à sortir avec lui et comment elle l'avait appris. Sarah était encore sous le choc, elle avait du mal à digérer toutes ces informations aussi rapidement. Pourtant, sachant tout cela, elle comprenait un peu mieux le comportement parfois étrange qu'avait eu le garçon avec elle cette semaine. Il était aux petits soins pour elle comme si il avait quelque chose à se pardonner.

Sarah s'empara de son téléphone portable pour essayer de joindre Charlie. Elle tomba sur le répondeur et soudain, elle se souvint du fameux message qu'elle lui avait laisser. Tel un flash, elle se revoyait devant ce club en compagnie d'Adena laissant cette déclaration d'amour sur la messagerie de Charlie. Elle raccrocha, elle ne pouvait pas dire ce genre de choses par téléphonne.

Nobuko : Qu'est ce que tu vas faire maintenant ?

Sarah : Il faut absolument que je l'empêche de voir cette trainée de Nikki. Il est hors de question qu'une fille comme elle sorte avec Charlie. Charlie, c'est la gentillesse incarnée alors qu'elle... Il serait bien mieux avec une fille comme... comme....

Nobuko : Comme toi ?

Sarah : Parfaitement. Et puis, tu crois qu'il m'aurait offert un cadeau pareil si il ne m'aimait pas un peu ?

Nobuko : Et tu vas faire comment pour Nikki ?

Sarah : Tu crois qu'il va rester longtemps avec elle si je lui dit que je l'aime ? Crois-moi, Nikki aura disparu de la vie de Charlie d'ici ce soir. Il est sorti avec elle juste pour me rendre jalouse. Cette pseudo aventure, c'est du vent !

Rues de New York
20h00

Sarah sortit d'un taxi après avoir payé la course. Elle fit quelques pas sur le trottoir et son téléphonne portable se mit à vibrer dans son sac. Elle se dépécha de le récupérer dans son sac, espérant qu'il s'agisse de Charlie. En voyant le nom de sa soeur sur l'écran, elle décrocha, visiblement déçu.

Sarah : Mouais ?

Jenny : Sarah, mais tu es où ? Tu pourrais prévenir lorsque tu sors !

Sarah : Je t'en prie, arrêtes de jouer les mamans, ça ne te vas pas !

Jenny : Tu crois que je vais te laisser trainer dans les rues de New York en pleine nuit ? Tu rentres immédiatement !

Sarah : Avant tu étais beaucoup plus cool. Depuis mon accident, tu es tout le temps sur mon dos.

Jenny : Je m'inquiètes pour toi, j'ai le droit non ?

Sarah : Ce n'est pas ça qui m'empêchera de me faire renverser par un camion !

Jenny : Tu as fini de penser à des trucs pareils !

Sarah : Quoi ? J'ai pas le droit de faire un peu d'humour ? Je rentre bientôt, je dois juste voir Charlie, je n'en ai pas pour longtemps. A plus !

Sarah raccrocha avant que sa soeur puisse ajouter quoi que ce soit. Jenny était adorable mais à jouer les mères poules depuis une semaine, elle devenait vraiment insupportable. Elle savait pourtant que si elle agissait de la sorte, c'était surtout à cause de leurs parents.

Les rapports entre Jenny et ses parents avaient toujours été très tendus surtout lorsqu'à 18 ans, elle avait claqué la porte pour venir s'installer à New York. Ils recommençaient tout juste à se parler lorsque Sarah avait réussi à obtenir une bourse pour étudier au lycée Liberty et qu'il lui fallait un logement sur la ville de New York. C'était donc par pure obligation que la famille Baker s'était retrouvée. Bien que Jenny est plutôt bien réussie sa vie, ils ne voyaient toujours en elle que l'adolescente qui avait fuit le domicile familial. L'accident de Sarah n'avait fait que ranimer le sentiment d'irresponsabilité de Jenny bien qu'elle n'est rien à voir avec ça.

Sarah arriva devant l'immeuble de Charlie. Elle connaissait parfaitement les lieux pour y être venu des dizaines de fois. Elle s'engouffra dans l'ascenseur qui la conduisit au 12ème étage. Charlie disposait d'une partie de l'étage rien que pour lui, c'était un des avantages d'être riche. Il avait même une entrée personnelle, ce qui lui garantissait une tranquilité. Sarah toqua à la porte sans la crainte de voir les parents de celui-ci qui devaient être encore sorti diner dehors ou partis passer quelques jours dans leurs maisons de campagne, comme ils en avaient l'habitude.

Personne ne vint lui ouvrit. Elle réessaya encore et encore mais il ne semblait y avoir personne. Sarah essaya de nouveau de joindre Charlie sur son portable mais tomba une nouvelle fois sur le répondeur. Elle décida alors d'attendre le retour de Charlie et s'asseya sur le pas de la porte, espérant qu'il serait bientôt là.

Deux heures plus tard, Sarah qui s'était assouppie, se réveilla brutalement lorsqu'elle entendit le voisin du dessous ouvrir la porte d'entrée. Elle jetta un oeil à son portable pour vérifier l'heure. Voyant que Charlie n'avait toujours pas fait son apparition, elle chercha de nouveau à le joindre par téléphonne. Cette fois ci, cela sonna, signe que le portable était désormais ouvert. Elle souria lorsque l'on lui répondit mais déchanta en remarquant qu'il ne s'agissait pas du tout de Charlie. C'était une voix de femme.

Sarah : Excusez moi, j'ai du faire un mauvais numéro.

La femme : Ah, c'est toi Sarah !

Sarah : Nikki ? Mais... pourquoi tu as le portable de Charlie ? Passes le moi tout de suite, il faut que je lui parle immédiatement. C'est très important.

Nikki : Ecoutes, il vient de passer une soirée très sympa avec moi et je n'ai pas envie que tu gaches tout.

Sarah : Quoi ? Charlie n'en a rien à faire de toi, il s'en fout royalement de toi.

Nikki : Ah oui ? Ce n'est pas l'impression qu'il m'a donner tout à l'heure lorsqu'il est venu frapper à ma porte. Désolé ma petite Sarah mais tu as laissé passé ta chance.

Sarah : C'est moi qu'il aime, pas toi !

Nikki : C'est ce que tu crois ! Je pense qu'il en assez de se faire balader avec toi. Tu ne sais jamais ce que tu veux. Crois moi, les garçons n'aiment pas se faire balader.

Sarah : C'est vrai qu'avec tout les mecs qui ne te sont passer dessus, tu dois savoir comment ils pensent.

Nikki : C'est tellement facile de me traiter de trainée ! En attendant, Charlie est avec moi et je vais tout faire pour qu'il t'oublie. Et tu ferais bien de faire de même. Bonne soirée à toi, on se verra au lycée !

Nikki raccrocha tandis que Sarah, resta sans voix, le combiné près de l'oreille. Nikki semblait bien décidée à se battre contre elle pour Charlie. Sarah n'avait jamais pensé que Charlie se fasse entrainé si facilement par Nikki mais après tout, ce n'était qu'un homme et Nikki savait comment s'y prendre. Sous ses airs de rebelle, c'était une aguicheuse de première, tout le monde le savait bien au lycée. Nikki avait peut-être perdu aujourd'hui face à elle mais elle n'allait pas abandonner si facilement. Elle se releva et rentra chez elle. De tout évidence, Charlie allait passer la nuit chez sa nouvelle petite amie, Sarah se promit de ne pas refaire les mêmes erreurs et bientôt, ce n'est pas dans les bras de Nikki qu'il passerait la nuit mais dans les siens.

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