
Mardi 12h15
Studio radio
Sarah entra dans le studio et se laissa tomber sur une chaise à roulettes. Elle avait sa tête des mauvais jours. Elle soupira longuement. Elle qui, d'habitude, adorait présenter l'émission radio du lycée, elle n'avait aucune envie de parler dans un micro aujourd'hui. Elle s'était trainée, péniblement jusqu'ici.
Contrairement à elle, Adena était surexcitée. Elle allait et venait dans la pièce, ne tenant pas en place. Elle était encore toute impressionnée par les changements qu'avait connu le studio.
Il y a quelques semaines, tout le studio avait littéralement sauté. En se battant pour récupérer l'émission radio, Sarah et Adena qui finalement s'étaient jettées l'une sur l'autre après s'être longtemps disputées et avaient provoqué un petit incident technique. Un bouteille d'eau s'était renversé sur la console, faisant sauté les plombs et endommageant tout le matériel.
L'ensemble du matériel avait été changé et même un coup de peinture avait été donné. Le studio avait gagné un coup de jeune.
Adena n'arrêtait pas de regarder l'horloge murale. L'émission débutait à 12h30, elle était impatiente de pouvoir commencer.
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Mardi 12h20
Studio radio
Adena : J'espère que tu ne feras pas cette tête durant l'émission.
Sarah : On fait de la radio au cas où tu aurais oublié. Personne ne me verra. C'est pas de la télé.
Adena : Peut-être mais le sourire ça s'entend. Alors, s'il te plait, fais un effort. Si tu ne veux pas être là, je te retiens pas. Je suis capable de présenter l'émission toute seule.
Sarah : Hors de question que je partes !
Sarah lui fit un grand sourire hypocrite.
Sarah : Et comme ça, ça te va ?
Adena : C'est le fait que Charlie sorte avec Nikki qui te mets dans un état pareil ?
Sarah : Je n'ai pas envie d'en parler.
Adena : Si tu veux mais dans ce cas-là, arrêtes de jouer la dépressive... en tout cas avec moi. On travaille juste ensemble, j'ai aucune envie que tu me prennes la tête avec des pleurnicheries. Tu n'as qu'à voir ça avec ta copine Nobuko. Nous, on est là pour l'émission. Je ne veux pas que le principal nous la retire parce que tu n'assures pas.
Sarah : Je t'ai déjà dit que ne te laisserais jamais l'émission. Tu n'attends que ça que j'aille voir le principal et que je lui dise que j'arrête. Mais tu rêves, je ne te ferais pas ce plaisir. C'est moi qui est lancé la radio au lycée, c'était mon projet.
Adena: Peut-être mais si tu peux à nouveau être derrière un micro aujourd'hui, c'est tout de même grâce à moi.
Sarah : C'est surtout grâce à tes fesses !
Adena : Restes polie !
Sarah : Bon, c'est vrai que sans le "généreux don" de Monsieur Hennessy, le studio n'aurait surement pas pû être rénové.
Adena : Jake s'est tire bien dans l'histoire. Certes il est maintenant en école militaire mais ça aurait pu aller plus loin. Son père a réussi à faire étouffer l'affaire au lycée en payant et m'a convaincu de ne pas porter plainte...
Sarah : Je ne sais pas comment tu fais. Moi, je n'aurais jamais pu remettre les pieds au lycée. Tout le monde t'a vu à poil, ça ne te fais rien ?
Adena : Qu'est ce que tu crois, bien sûr que c'est dur mais je dois revenir. Sinon, Jake aura gagné et je ne lui fera pas se plaisir.
Sarah : Mais quand même....
Adena : D'ailleurs, toi aussi, tu devrais prendre cette grande claque comme une bénédiction.
Sarah : Quoi ?
Adena : Avec Charlie...
Sarah : Je croyais que nous étions des "collègues" et non des amies. Pourquoi tu veux que te parles de Charlie ?
Adena : Ma petite Sarah, je sais bien que tu es amoureuse de Charlie et que de le voir avec une autre te rend malade...
Sarah : Mais, comment tu...
Adena : Je t'en pries ! J'étais là lorsque tu a laissé ton message sur son répondeur. Tu étais certes bourrée mais je suis persuadée que tu pensais tout ce que tu lui a dit.
Sarah resta un instant sans voix. Comment Adena, une personne qu'elle prenait pour une nombriliste de première, pouvait avoir vu ça. Et si c'était flagrant, Charlie avait-il lui aussi penser qu'elle pouvait avoir des sentiments autre que l'amitié pour lui ?
Adena: Et oh, descends de ton petit nuage ! C'est enfin l'heure !
Sarah reprit ses esprits et regarda Adena se mettre en place et lancer le jingle d'intro. Elle finit par elle aussi, mettre le casque sur sa tête et laissa Adena dire les premiers mots.
Adena : Il est 12h30, bonjour à tous ! Vous écoutez Radio Liberty, la radio officielle de Liberty High....
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Rues de New York
17h30
Masaki, les bras chargés de sacs de différents magasins, marchait à travers les rues de New York. Nobuko la suivait mais avait fait moins de folies que sa soeur ainée. Elle s'était contentée d'acheter deux nouveaux pulls et un pantalon contrairement à Masaki qui avait largement de quoi s'habiller jusqu'à la fin de l'hiver.
Lorsqu'elle avait vu sa soeur devant le lycée qui venait la chercher pour faire du shopping, Nobuko avait trouvé que c'était une bonne idée. Elle adorait faire les magasins et c'était quand même mieux que rentrer chez elle et passer la fin de l'après-midi à réviser pour le devoir d'histoire de la fin de semaine.
Après avoir passé plus de deux heures dans les cabines d'essayages d'innombrables magasins, Nobuko ne voulait qu'une chose : s'assoir. Elle avait les pieds en compote et cela la rendait un peu de mauvaise humeur.
Masaki s'en aperçut et préféra arrêter ses achats. Elle proposa alors à sa soeur de lui offrir un verre. Les deux soeurs entrèrent dans un café tout proche. Elles commandèrent et Masaki s'éclipsa un instant aux toilettes. Nobuko se retrouva seule et vérifia les messages sur son portable. Elle sursauta en entendant le portable de sa soeur se mettre à hurler une chanson en japonais. Nobuko reconnut une chanson du groupe Abingdon Boys School, Elle hésitait à répondre mais finalement, en voyant plusieurs têtes se tourner vers elle, le regard noir, elle comprit que la musique dérangeait.
Nobuko : Moshi Moshi* !
* Moshi Moshi : allo
A l'autre bout de la ligne, une femme lui parlait en japonais. Visiblement, elle l'avait prise pour sa soeur car elle continua à parler.
La femme : Mais où es-tu ? Je n'arrête pas de t'appeller... C'est de la folie au bureau... Tout le monde ne parle que de ça... Masaki, tu étais vraiment sérieuse ?... Tu devrais revenir et t'excuser...
Nobuko : Heu, désolé, ce n'est pas Masaki. Je suis sa soeur...
La femme : Oh... Je...
Nobuko : De quoi vous parler ? Qu'est ce que ma soeur a fait ?
La femme : Rien... Vous pourrez lui dire que Yukari a téléphoné.
Nobuko : Oui mais...
La femme : Je suis préssée...Au revoir.
La femme raccrocha et laissa Nobuko pleine de questions. Masaki revint des toilettes et vit que sa soeur avait son téléphone dans les mains.
Masaki
: Tu aurais du laisser sonner...
Nobuko : Je sais mais la sonnerie incommodait tout le monde. Qui est Yukari ? Pourquoi tu dois t'excuser ? Ta présence ici à un rapport avec ça ?
Masaki devint blanche comme un linge. C'était un véritable interrogatoire et sa soeur semblait bien décidé à ne pas rester sans réponses.
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Appartement des Stiles
19h00
Adena entra dans l'appartement. Elle portait encore son uniforme scolaire, signe qu'elle avait passer tout l'après-midi en ville sans repasser se changer. Comme souvent, elle trouva sa soeur allongée sur le canapé devant l'écran géant du salon. Elle regardait une fois de plus, un programme de téléréalité dont elle raffolait. Adena laissa son sac de cours dans l'entrée et s'assied sur un des fauteuils du salon. Veronica ne quitta pas les yeux de son écran mais cela ne l'empêcha pas de lancer une remarque à Adena.
Veronica : Tu as vu l'heure ?
Adena : Tu joues à la maman ? D'ailleurs, où sont les parents ?
Veronica : Ils dinent dehors, un diner de charité pour je ne sais plus quoi... Mais tu n'as pas répondu, tu étais où ?
Adena : Quelque part... tu n'as pas besoin de le savoir... J'avais des choses à faire. Contrairement à toi, je n'avais pas rendez-vous avec MTV. Tu regardes enore ta télé-débilité ?
Veronica : Téléréalité ! Je paries que tu as passé ton aprés-midi dans un bar. Moi, j'ai peut-être rendez-vous avec la télé mais toi, c'est avec la bouteille.
Adena : Mais tu me prends pour qui ?
Veronica : D'un côté, je te comprends, fallait bien quelque chose pour te remonter le moral vu que ton émission radio était pourrie.
Adena : Tu n'as vraiment rien d'autres à faire que raconter des conneries ? Et arrêtes de bouffer ses saloperies !
Adena arracha un paquet de chips des mains de sa soeur. Au passage, elle en renversait quelques unes sur le tapis. Veronica, comme d'habitude, détestait qu'on lui dise ce qu'elle devait faire. Elle se releva d'un bond et essaya de reprendre le sachet à sa soeur.
Adena : Tu sais le nombre de calories qu'il y a là-dedans ?
Veronica : Redonnes moi ça ! C'est mon problème.
Adena : C'est rempli de graisse, tu veux...
Veronica
: Arrêtes ! J'ai l'impression d'entendre maman ! Pour une fois
qu'elle n'est pas là pour contrôler tout ce que je mange ! Tu
vas commencer à t'y mettre aussi !
Adena s'arrêta net. Elle avait horreur que sa mère lui donne sans cesse des conseils de diététique, de beauté et sans s'en rendre compte, elle faisait la même chose. Veronica profita de la surprise pour récupérer son paquet de chips et se réinstaller dans le canapé. Adena poussa sa soeur de manière à se faire une petite place sur le canapé. Elle se servit quelques chips proposés par sa soeur.
Veronica : Je croyais que c'était pleins de graisse ?
Adena : Le corps humain a besoin d'un peu de graisse pour fonctionner, non ?
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Devant l'immeuble de Nobuko
20h00
Alors qu'Akira allait entrer dans le batiment, Masaki en sortait. Il lui tint la porte pour la laisser passer.
Masaki : Merci ! Dis-moi, tu sais où il y a un cinéma pas très loin.
Akira : Tout dépend du film que tu veux voir...
Masaki : N'importes, je peux juste être loin de Nobuko quelques heures... J'adore ma petite soeur mais là...
Akira
: C'est à propos de ce mystérieux appel ?
Masaki : Elle t'en a parlé ?
Akira : Elle s'inquiète, c'est tout !
Masaki : Je le sais bien...
Akira : C'est grave ? Il s'est passé quelque chose à Tokyo ?
Masaki : Quoi ? Elle t'a demandé d'essayer de me faire parler ?
Akira : Non, pas du tout.... C'est juste que tant qu'elle ne saura pas ce qui s'est passé, elle va être insupportable... Elle ne va parler que de ça !
Masaki : Ecoutes, dis lui d'arrêter de se prendre la tête... J'ai juste besoin de mettre mes idées au clair avant de pouvoir lui donner une explication.
Sur ces mots, elle s'éloigna n'attendant même pas qu'Akira lui indique un cinéma. Masaki avait ses raisons pour être à New York mais si elle ne voulait pas en parler, c'était son choix.