
Appartement des Nobuko
Vendredi 17h30
Nobuko : Tadaïma* !
Une voix se fit entendre, venant de l'entrée de l'appartement. Nobuko entra dans le salon, trempée jusqu'aux os. Elle s'était faite surprise par la pluie en sortant du lycée et bien qu'elle est couru pour arrivé le plus vite possible à l'appartement, elle n'avait pas pu y échappé. Elle soupira en trainant son sac. Akira, tout aussi trempé, la suivait.
Nobuko : J'ai tellement froid ! Je rêve d'une douche bien chaude.
Akira : Bonne idée ! Je te rejoins si tu veux !
Nobuko : Tu prends tes rêves pour des réalités !
Akira : Si tu préfères, j'ai une autre solution pour te réchauffer.
Akira l'embrassa et Nobuko souria, sachant très bien à quoi il pensait. Elle le repoussa gentiment et avança dans l'appartement en direction de sa chambre.
Elle s'arrêta net en voyant, assis dans le salon, ses parents. Ils étaient en compagnie d'un couple qu'elle ne connaissait pas. Son père se retourna vers elle, lui lançant un regard désapprobateur.
Nobuko : Oto-san ! Maman !
Madame Kotani : Nobuko, notre fille.
Nobuko : Bonsoir.
Madame
Kotani : J'ai l'impression que tu as oublié que l'on faisait
visiter l'appartement.
Monsieur Kotani : Bonsoir Akira-kun.
Akira
ne savait plus où se mettre sachant que le père de sa petite
amie avait entendu ce qu'il venait de dire. Il en oubliant
presque les bonnes manières et hocha juste la tête pour le
saluer. Nobuko, toute aussi honteuse préféra fuir la situation.
Nobuko : On va dans ma chambre.... on...a... on a un devoir d'économie à terminer.
Monsieur Kotani : Tu ferais mieux de te changer avant. Je ne voudrais pas que tu attrapes froid.
Nobuko tira Akira par la manche en direction de sa chambre. Elle était rouge de honte, il était clair que son père avait tout entendu. Il la regarda en souriant et se retourna vers les acheteurs potentiels de l'appartement.
* Tadaima : Je suis rentré / Je suis de retour (à la maison) ! (Au Japon c'est la phrase rituelle quand on vient de rentrer chez soi).
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Chambre d'Adena
18h30
Elle ne rêvait pas, elle était bien là, dans la chambre d'Adena. Elle passait son vendredi soir chez sa meilleure ennemie. Sarah se demandait parfois si elle ne devenait pas folle.
Adena qui lui proposa de s'asseoir sur son lit. Elle s'exécuta et ne put s'empêcher de regarder tout autour d'elle. Finalement, cette chambre était moins horrible qu'elle ne le pensait, ça ressemblait d'ailleurs un peu à la sienne : le luxe en plus. D'un autre côté, c'était assez effrayant de voir qu'Adena vivait comme une adolescente normale alors qu'elle pouvait agir en véritable monstre au lycée.
Adena : Je ne pensais pas que tu passerais ce soir.
Sarah : Je veux boucler cette affaire le plus rapidement possible.
Adena : D'accord mais tu n'as rien de mieux à faire un vendredi soir ? Tu n'as pas de rencard ?
Sarah : Adena, je suis venu pour bosser sur le projet d'émission de radio. Pas pour parler de moi. Je me serais bien passé d'une visite chez toi.
Adena : Rassures toi, ça me déplait autant qu'à toi !
Sarah : Le proviseur m'oblige à travailler avec toi mais ce n'est pas une raison pour que je m'adapte à l'emploi du temps de Madame.
Adena : Bien, j'ai compris ! J'essaie juste de faire la conversation ! Ne t'énerves pas pour si peu.
Sarah : Je ne m'énerve pas !
Adena : Et si tu ne veux vraiment pas travailler avec moi, laisse tomber. Je suis capable de faire cette émission radio toute seule.
Sarah : Hors de question que je fasse une chose pareille ! Cette émission, c'était la mienne avant que tu t'en mêles ! Je ne vais pas abandonner si facilement ! Toi, abandonnes !
Adena : Tu rêves ou quoi ? C'est le seul moyen de me refaire un nom au lycée !
Sarah : La popularité ! Il n'y a que ça qui compte pour toi ? Ce que les autres pensent de toi ?
Adena : Parce que toi, ça ne t'intéresse pas ?
Sarah : Pas tant que ça !
Adena : J'en doute, tout le monde veut être populaire. D'ailleurs, si tu t'investies tant dans les activités du lycée, c'est pour ça ! Représentante des élèves, animatrice radio et j'en passe
Sarah
: Je ne le fais pas pour la notoriété, seulement pour avoir un
dossier irréprochable pour mon entrée en fac. Contrairement à
toi, je n'ai pas les moyens de soudoyer les responsables des
admissions.
La discussion coupa net car on frappa à la porte. Adena n'eut
pas le temps de répondre qu'une femme blonde, d'une quarante
d'années, entra. Adena grimaça, elle détestait quand sa mère
s'incrustait de la sorte.
Madame Stiles : Je passais voir si vous aviez besoin de quelque chose. Je peux demander à Rosa de vous apporter quelque chose à boire. A moins que ton amie est faim. Tu veux manger quelque chose ?
Adena : Maman ! ça t'arrive jamais de frapper et d'attendre ma réponse ?
Madame Stiles : Quoi ? Tu n'étais pas avec Jake. D'ailleurs, je ne le vois plus à la maison ces temps-ci Il va bien ?
Adena : Je n'en sais rien. Je ne le vois plus, c'est fini entre nous.
Madame Stiles : Quel dommage, c'était un charmant jeune homme.
Adena : Pas si charmant que ça, crois-moi.
Madame Stiles : Ah bon, qu'est ce qu'il a fait ?
Adena : Rien! Bon, maman, on a besoin de rien. Merci de t'inquiéter.
Madame Stiles : Tu pourrais être plus aimable. Je suis ta mère, tu pourrais me respecter un peu plus.
Adena : Je te respecterais quand toi, tu respecteras mon intimité. Tu entres dans ma chambre comme dans un moulin.
Madame Stiles (en se tournant vers Sarah) : Il faut l'excuser, elle s'emporte facilement. Bonsoir, je ne crois pas avoir eu le plaisir de te rencontrer, tu es une amie d'Adena ?
Sarah : En quelque sorte On est dans la même classe. Vous êtes vraiment sa mère ? Vous faites si jeune.
Madame Stiles : Merci, c'est très gentil. (en se tournant vers Adena) : Elle est bien élevée au moins cette jeune fille !
Adena : Maman !
Madame Stiles : Bien, d'accord, je m'en vais ! Ne viens pas
dire après que je ne m'intéresse pas à ta vie !
Madame Stiles quitta la chambre et Adena soupira de soulagement.
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Chambre d'Adena
21h30
Sarah rangeait ses affaires dans son sac tandis qu'Adena remettait un peu d'ordre sur son bureau. Après y avoir passé près de trois heures, elles avaient enfin un projet solide à présenter au principal. Après des discussions plutôt houleuses, elles avaient finalement fait des compromis et avaient réussi à se partager l'émission en deux. Chacune avait ses rubriques.
Sarah : On pourra passez chez le principal, lundi, pendant la pause déjeuner?.
Adena : Très bien !
Sarah : Bien, on se voit lundi, au lycée.
Sarah s'apprétait à sortir. La main sur la poignée de porte, elle s'arrêta lorsqu'Adena l'interpella.
Adena : Attends ! Je n'ai pas encore eu l'occasion de te remercier pour...
Sarah : Stop ! Je t'arrête ! Je ne veux pas de tes remerciements.
Adena
: Je veux vraiment faire quelque chose pour te remercier.
Sarah : C'est pas la peine.
Adena : Si j'insiste !
Sarah : Non, laisses tomber !
Adena : Oh, je sais ! Et tu es obligé de dire oui.
Sarah : Non !
Adena : Tu ne sais pas ce que c'est.
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Chambre de Nobuko
21h30
Akira était finalement resté diner chez les Kotani. Il avait eu du mal à regarder le père de Nobuko dans les yeux. En rentrant du lycée, il s'était complètement ridiculiser devant lui en faisant de petites allusions sexuelles à Nobuko. Rien de bien méchant, c'était pour rire plus qu'autre chose mais ce n'était pas le genre de chose que l'on souhaite que les parents apprennent.
C'était leur premier rendez-vous et n'avait pas du tout envisager de passer une telle soirée. Nobuko s'était vu contrainte par sa mère de rester chez elle et de faire du rangement dans sa chambre. Cela faisait plus d'une semaine qu'elle disait qu'elle allait faire ses cartons mais rien n'avait encore bougé.
Akira, au lieu de rentrer chez lui, était resté pour l'aider. Ce n'était pas très romantique comme soirée mais finalement, il en apprenait beaucoup sur Nobuko car sa chambre était rempli d'objets du monde entier, chacun ayant son histoire, son anecdote. Il en avait plus appris sur elle en une heure que depuis qu'il la connaissait.
Le regard d'Akira s'arrêta sur un gros livre qui dépassait légèrement dessous le lit. Il le saisit et découvrir qu'il s'agissait d'un album photo. Nobuko remarqua qu'il venait de s'asseoir sur le bord du lit et qu'il ne disait plus rien.
Nobuko : Qu'est ce que tu regardes ? Eh, c'est personnel.
Elle tenta de lui prendre l'album des mains mais Akira ne voulait pas le lâcher. Il s'arrêta sur une photo d'une jeune fille aux cheveux noirs longs qui avait l'air assez triste.
Akira
: C'est toi sur la photo ? Pourquoi tu fais cette tête ?
Nobuko : Je suis horrible là-dessus ! Donnes moi ça !
Akira : Hors de question ! tu t'es pas gêné pour regarder des photos lorsque tu es venu chez moi. Et je suis sûr qu'avec Yankumi, tu as dû bien rigoler. A mon tour maintenant !
Nobuko : J'ai pas le choix on dirait. OK, si tu le prends comme ça.
Akira : Bon alors, pourquoi tu as l'air si triste sur cette photo ?
Nobuko : Je sais plus Je devais avoir 12 ans à l'époque, je ne me souviens plus.
Akira tourna les pages et s'arrêta sur des photos de Nobuko en compagnie d'une asiatique un peu plus âgée. Nobuko devança la question d'Akira.
Nobuko : Masaki, ma soeur.
Akira : Elle est plutôt sexy !
Nobuko : Non mais ça va pas ! Tu parles de ma soeur alors s'il te plait, un peu de respect !
Akira : Jalouse va ! C'était juste un compliment.
Akira tourna les pages de l'album et s'arrêta sur une série de photos qui montraient Nobuko entourée d'un tas d'adolescents. Il s'aperçut que sur les pages suivantes, il y avait près de chaque photos, pleins de messages écrits dans une langue qu'il ne comprenait pas.
Akira : Tes amis de Paris ?
Nobuko : Oui ! On a pris ces photos la semaine précédent mon départ... Tiens, regardes, là c'est Mélanie. A chaque fois que je disais les mots New York ou déménagement, elle se mettait à pleurer. Elle me manque, qu'est ce que j'ai pu rigoler avec elle.
Akira : Et elle c'est qui ? C'est quoi qu'elle a dans les mains ? Un furet ?
Nobuko : C'est un chaton. Elle l'a eu à son anniversaire et elle l'emmenait partout. Elle l'a même emmené en classe une fois, le genre de choses qui n'a vraiment pas plu au prof.
Akira : Et eux ? Ils ont l'air sympa !
Nobuko : Tu vas tous les passer en revue ? Je te préviens, je pourrais t'en parler pendant des heures. La France, c'est toute une partie de ma vie. Ils me manquent tellement !
Akira : Et lui, c'est qui ? Pourquoi vous faites des têtes d'enterement tout les deux ? Vous êtiez fachés ?
Akira montra une photo de Nobuko assis près d'un jeune garçon brun. Tout les deux avaient l'air de s'éviter du regard. Nobuko prit l'album des mains d'Akira et le ferma brutalement. Elle le rangea dans un carton sous le regard surpris de ce dernier.
Nobuko : C'est personne. Bien, si on passait à autre chose, on va pas s'éterniser trois heures sur de vieilles photos.
Akira : Tu viens de me dire le contraire il n'y a pas deux minutes.
Nobuko : J'ai changé d'avis.
Akira : Pourquoi tu le prends comme ça ? C'est à cause du type sur la photo ? C'est qui ?
Akira : Et il a un nom ce personne ?
Nobuko : En quoi ça peut t'intéresser ?
Akira : J'aimerais bien savoir qui est ce type qui te rend si nerveuse.
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Rues de New York
22h30
Adena sortit d'un taxi et paya la course tandis que Sarah, toujours assise à l'arrière ne voulait pas bouger. Adena, lassée d'attendre, lui saisit le bras et la sortit de force.
Sarah : Adena, je ne pense pas que ce soit une très bonne idée.
Adena : Mais si ! Tu vas voir, tu vas passer une soirée mémorable, je te le promets.
Sarah : J'imagine le pire !
Adena avait réussi à convaincre Sarah de l'accompagner en boite. Cette dernière n'était pas vraiment partante, passer la nuit dans les clubs new-yokais pouvait être agréable mais avec Adena, était-ce une bonne idée ?
Flasback
Chambre d'Adena
21h30
Sarah : Bon, c'est quoi ton super truc ?
Adena : Je vais t'emmener en boite, je suis sûre que tu n'a jamais mis les pieds dans ce genre d'endroit.
Sarah : Tu me prends pour qui au juste ? Je suis déjà sortie en boîte.
Adena : Je te parles pas de ces boites pourries où tout les loosers comme toi...
Sarah : Merci, toujours sympa.
Adena : Excuses moi mais j'ai vu où tu habitais !
Sarah : Ce n'est pas parce que je ne vis pas dans un palace que je ne sais pas m'amuser. Bien, où tu veux m'emmener ?
Adena : Un club très sympa mais... Je ne suis pas sûre que tu puisses entrer. Tu as vu ta tenue ?
Sarah : Quoi ?
Adena : Il faut absolument changé ça. Je vais te prêter des fringues. Il est hors de question qu'on me voit avec toi si tu es habillée comme ça.
Adena : C'est quoi le problème ?
Sarah : Je ferais mieux de rentrer, désolé !
Sarah leva le bras pour appeler un taxi mais Adena ne la laissa pas faire. Elle lui pris la main et l'entraina vers le club. Elles passèrent devant toute une file d'attente. Adena arriva à la hauteur du videur et lui fit son plus beau sourire.
Adena : Salut, ça va ce soir ? Elle est avec moi !
Sarah, à contrecoeur, suivit Adena qui entra dans le club. Visiblement, elle devait être une habituée car le videur ne fit aucune histoire, ne demandant pas de voir leur carte d'identité alors qu'elles étaient toutes les deux mineures.