
Mercredi 16h00
Salon de thé de Jenny
A l'occasion de la Saint Valentin, tout le salon avait été entièrement décoré de curs et autres décorations rose bonbon. Sarah s'efforçait de rester aimable et de garder le sourire bien que tous les couples qu'elles voyaient l'écuraient. Ils s'embrassaient ou se disaient des mots doux, Sarah trouvait cette fête de Saint Valentin complètement surfaite. Ce n'était que commercial, depuis quand avait-on besoin d'un jour spécial dans l'année pour dire à l'autre qu'on l'aime ? Encore une fête inventée par les fleuristes et chocolatiers.
Sarah retourna au comptoir et préparait une commande lorsqu'elle aperçut Charlie qui entrait dans la boutique. Elle oublia ses clients, et se cacha derrière le comptoir sous le regard étonné de sa soeur qui était juste à côté d'elle.
Jenny : Il y a un problème ?
Sarah : Chut ! Tu vas me faire repérer. Si Charlie me cherche, tu ne m'a pas vu.
Jenny : C'est quoi encore....
Sarah : S'il te plait, fais le !
A peine trente secondes plus tard, Charlie arriva en face de Jenny. Toujours cachée, Sarah suivait la conversation.
Jenny : Salut Charlie, une petite part de gâteau ? (elle s'apprêtait à lui servir un morceau)
Charlie : Non merci. Sarah n'est pas là ?
Jenny : Non, elle m'a demandé son après-midi. Appelles là sur son portable.
Charlie : Elle filtre mes appels. Je n'ai pas réussi à lui parler depuis samedi.
Jenny : Samedi ? Il s'est passé quelque chose ?
Charlie : Non, rien... Tu pourras lui dire que j'aimerais lui parler, c'est important.
Jenny : Je lui dirais.
Charlie : Tu pourrais lui donner ça ?
Charlie tendit une boite enveloppée dans un papier cadeau. Jenny le prit et Charlie s'en alla, visiblement déçu de ne pas l'avoir remis en personne. Sarah attendit d'entendre la porte se refermer pour sortir de sa cachette.
Jenny : Il a l'air complètement abattu ce pauvre Charlie. Il s'est passé quoi au juste samedi ?
Sarah : Ça ne te regarde pas.
Jenny : Ne t'énerves pas, j'ai bien le droit d'être un peu curieuse. Tiens, il a laissé ça pour toi. Tu ne l'ouvres pas ?
Sarah : J'ai des clients qui m'attendent.
Jenny : Et j'en fais quoi de ce cadeau ?
Sarah : Je suis très occupée, tu ne vois pas ? Poses le n'importe où ce cadeau débile !
![]()
![]()
Chambre de Nobuko
20h00
Nobuko avait retourné pratiquement toute son armoire pour se trouver la tenue idéale. Après en avoir essayé plusieurs, elle finit par se décider par une petite robe noire certes assez classique mais dans laquelle était à l'aise. C'était la première fois qu'elle sortait "officiellement" avec Akira. En ce jour de Saint Valentin, il l'avait invité à diner. Elle ne savait pas où il voulait l'emmener. Elle avait tout juste eu quelques informations, juste assez pour savoir comment s'habiller.
Elle
était presque prête lorsqu'on toqua à la porte. Nobuko tourna
la tête pensant voir sa mettre. Elle avait d'ailleurs trouvé étrange
qu'elle ne soit pas encore passé la voir pour lui donner les
dernières recommandations du genre "ne rentre pas trop tard",
"ne fais pas de bétises". Elle fut surprise de voir
apparaître Sarah.
Sarah : Je dérange ?
Nobuko : Non, enfin, j'allais bientôt partir.
Sarah ne fit pas attention aux remarques de Nobuko et entra dans la chambre. Elle poussa quelques vêtements posés sur le lit pour se faire un peu de place.
Sarah : Tu t'es fait toute belle. Tu vois Akira ce soir ?
Nobuko : Il m'a invité pour la Saint Valentin.
Sarah : Waouh, ça devient sérieux Alors finalement, le harcèlement à payer, tu as finalement craqué ?
Nobuko : On peut dire ça comme ça
Sarah : Et vous ferez comment, une fois que tu seras parti à Tokyo ? Vous continuerez de vous voir ?
Nobuko : J'en sais rien et je n'ai pas envie d'y penser. J'ai décidé de vivre le moment présent, seulement le moment présent. On verra bien le moment venu, pour le moment, j'ai envie de profiter.
Nobuko aperçut un paquet qui dépassait du sac de Sarah. Elle le prit, curieuse de savoir de quoi il s'agissait.
Nobuko : Tiens, tiens, tu as un admirateur secret pour la Saint Valentin ? Tu aurais pu me le dire.
Sarah : Ça vient pas d'un admirateur, c'est un cadeau de Charlie. Il l'a déposé à la boutique cet après-midi.
Nobuko : Et tu ne l'as pas ouvert ? Tu n'es pas curieuse de savoir ce que c'est ?
Sarah : Non.
Nobuko : Et il t'en fais souvent des cadeaux dans ce genre ?
Sarah : Il essaie seulement de se faire pardonner mais moi, on ne m'achète pas. Ce n'est pas en m'offrant des cadeaux que je lui pardonnerais. Je ne veux rien venant de lui.
Nobuko : Je vois.
Nobuko, toujours le cadeau entre les mains, se dirigea vers la poubelle et le jeta. Sarah, horrifiée, se leva d'un bond et le récupéra au fond de la corbeille.
Sarah : Qu'est ce qui te prend ?
Nobuko : Tu as dit que tu ne veux rien qui vienne de Charlie.
Sarah : C'est pas une raison pour jeter son cadeau. C'est peut-être fragile, ne le jettes pas comme ça.
Nobuko : Pour le savoir, il faudrait déjà que tu l'ouvres.
Sarah : Je ne peux pas, je n'y arrive pas.
Nobuko : C'est pas tellement compliqué, tu déchires le papier cadeau et
Sarah : Tu me prends pour une idiote ?
Nobuko : Je me mêles peut-être de ce qui ne me regarde pas mais tu n'en fais pas trop.
Sarah : Tu as raison... ça ne te regardes pas.
Nobuko : D'accord, Charlie n'aurait pas dû te mentir et faire semblant de sortir avec Nikki. Mais, ce n'est pas une raison pour te rendre malade à ce point. Lorsque je te regarde, j'ai l'impression de voir une fille trompée par son petit ami. Samedi, lorsque tu courrais après Nikki tu as réagis un peu excessivement, non ?
Sarah : Mais pourquoi il a fallu qu'il choisisse cette garce. Pourquoi elle ?
Nobuko : Pourquoi pas toi ? C'est pas plutôt ça qui te tracasse.
Sarah
: Je suis sa meilleure amie. Pourquoi il ne me l'a pas demandé
à moi ? Qu'est ce qu'elle a de mieux que moi cette fille ? C'est
pas crédible que lui et moi, on puisse sortir ensemble ?
Nobuko : Sarah, mais si, c'est crédible.
Sarah : Alors pourquoi Nikki ? Hein ?
Sarah se laissa tomber sur le dos sur le lit moelleux de Nobuko. Cette dernière jetta un il à son radioréveil et réalisa que sa soirée romantique avec Akira était compromise.
![]()
Jeudi 12h30
Réfectoire du lycée
Akira déjeunait seul à une table. Il se retourna vers la table d'à côté qui riait. Il était la cible des moqueries mais s'en fichait complètement. Sur un mur du réfectoire venait d'être accroché les clichés pris par le club photo du lycée lors de la soirée de samedi. Une grande partie de l'exposition était consacré à Akira ou plutôt de sa participation au jeu « I love you and you » qui avait complètement dérapé. Il jeta un coup d'oeil aux photos qui le montrait recouvert de peinture et autres saletés. Cette photo allait à coup sûr, figuré sur le livre de l'année. Ce grand moment de honte allait le poursuivre encore longtemps. Pourtant, Akira s'en fichait. Tout ce qu'il retenait de ces photos, c'était qu'à côté de lui, il y avait Nobuko.
Flashback
Samedi
Sur la scène
Akira et Nobuko étaient debouts sur la scène, incapables de faire un geste. D'abord à cause de la surprise, ils venaient juste recevoir des sceaux remplis de saletés sans être prevenus. Ensuite, parce qu'avec tout ce qu'ils avaient reçus, ils étaient physiquement incapables de bouger. Devant eux, la salle, tout le lycée, riait, même Sarah, un peu plus loin sur la scène avait du mal à se retenir.
Akira finit par se retourner vers Nobuko. Cette dernière était morte de honte et regardait horrifié le public. Il finit par éclater de rire, il se moquait bien évidement de Nobuko. Elle commença à lui frapper le bras pour le faire taire mais cela ne fonctionnait pas. Au contraire, Akira partait en fou rire. Nobuko se laissa tomber à terre. Le visage enfoui dans ses mains, elle ne bougeait plus. Akira s'arrêta net en la voyant. Il se baissa pour s'excuser.
Akira : Ne le prends pas mal...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Nobuko se releva brutalement et lui balança en plein visage ce qu'elle trouva sur le sol. Elle éclata de rire en voyant la tête d'ahuri d'Akira.
Akira : Eh !
Nobuko : Ne le prends pas mal !
Akira : Alors tu veux jouer à ça !
Akira se pencha et prit un peu de peinture rouge qu'il lança le peu de tissus encore blanc que portait Nobuko, Bientôt, une petite guerre s'installa, se lançant tout ce qu'il trouvait l'un sur l'autre. Soudain, ils virent passer Jake et Veronica devant la scène. Ils suivaient le principal qui avait l'air très en colère. Ils jetèrent à peine un regard aux responsables du carnage. Jake bouillonait de rage, il s'était fait prendre et en plus, son plan avait complètement échoué. Il voulait mettre la honte à Akira et ce dernier avait l'air de s'amuser comme un fou.
Complètement
absorbé par ses souvenirs, Akira remarqua à peine que Nobuko le
rejoignait. Elle posa son plateau et se laissa tomber sur une
chaise. Akira fronça les sourcils en la voyant si peu motivée.
Akira : Tu as l'air ravi de me voir, ça fait peur !
Nobuko : Désolé, je suis fatiguée ! Sarah et Charlie vont fnir par me rendre complètement dingue.
Akira : Je t'ai attendu pendant près de deux heures hier soir. J'avais un peu l'air idiot dans ce restaurant. J'étais entouré de couples qui fêtaient la Saint Valentin... Si tu ne veux plus que l'on sorte ensemble, il suffit juste de me le dire.
Nobuko : Tu crois que je serais asssise pour déjeuner avec toi si je ne voulais pas être avec toi ? Crois moi, j'aurais préféré passé la soirée avec toi.
Akira : T'aurais pu au moins me téléphonner...
Nobuko : Sarah a débarqué sans prévenir. Je pensais qu'elle resterait que quelques minutes mais ça a duré plus longtemps que prévu. Elle était plutôt mal hier, cette histoire avec Charlie, enfin tu vois... Je n'allais pas la laisser comme ça.
Akira : Elle va mieux maintenant au moins ?
Nobuko : Tant que Charlie et elle seront fachés, ça n'ira pas mieux. Elle ferait mieux de lui pardonner, arprès tout il lui a menti, et alors ? Il n'y pas mort d'hommes ?
Akira : C'est bizarre, pour les autres, tu accordes facilement le pardon. Lorsque c'est moi qui t'ai menti au sujet de Nikki, tu n'étais pas si cool.
Nobuko : Leur histoire et la nôtre n'ont rien en commun. Si ce n'est peut-être Nikki. Elle a vraimemnt le chic pour être toujours au centre des problèmes. D'ailleurs, toi qui la connait un peu, pourquoi elle a fait ça pour Charlie ? Personnellement, je ne la vois pas rendre un tel service.
Akira : Nikki n'est pas parfaite mais elle a tout de même quelques qualités. Je ne sais pas pourquoi elle a joué le jeu et fait semblant d'être la petite amie de Charlie. Peut-être juste pour s'amuser à moins qu'elle voulait faire une bonne action. Une chose est sûre, elle est imprévisible. Tout est possible avec Nikki.
Nobuko : En attendant, il faut absolument que je trouve un moyen de faire réconcilier Charlie et Sarah. Je ne vais pas supporter encore bien longtemps de jouer les arbitres entre eux.
Akira : Et tu as une idée ?
Nobuko : Non, pas encore mais je vais bien finir par trouver quelque chose. Il le faut ! Je ne tiendrais pas une semaine de plus coincé entre eux deux !
![]()
15h00
Couloirs du lycée
Charlie se fraya un chemin à travers la horde d'élèves qui quittaient l'établissement. Lui, avait encore une heure de cours, un cours facultatif d'économie qui n'était tout le temps très intéressant mais qui rapportait facilement des points pour l'examen final.
Il venait d'apercevoir Sarah et tenait absolument à lui parler. Depuis samedi, la jeune fille l'évitait comme la peste. A chaque fois qu'il entrait dans une pièce, elle partait. Il en avait plus qu'assez de cette situation ridicule. Il allait s'expliquer même si elle n'était pas décider à l'écouter.
Sarah récupérait des affaires dans son casier lorsqu'elle vit Charlie s'approcher. Elle claqua la porte et prit la direction inverse de son ami. Elle lui tournait le dos et fit mine de pas entendre Charlie qui lui criait après de l'attendre.
Elle était presque arrivée au bout du couloir lorsqu'elle sentit qu'elle faisait chemin arrière. Quelqu'un l'avait attrapé par la manche de son uniforme et la trainait plus loin. Il la poussa vers le mur un peu violement car la jeune fille se frotta la tête.
Sarah : Eh ! Mais t'es pas un peu fou ? C'est quoi ces manières de sauvages ?
Charlie : Tu ne me laisses pas le choix !
Sarah : Voilà ce qui se passe quand on passe trop de temps avec Nikki, on devient aussi violent qu'elle.
Charlie : Je voudrais juste te parler.
Sarah : Pas besoin d'employer la force. A cause de toi je vais avoir une énorme bosse sur la tête.
Charlie : Excuses moi mais c'est la seule solution pour que te voir. Tu m'évites tout le temps, je ne peux jamais te parler.
Sarah : C'est peut-être parce que je ne veux pas te parler. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je dois passer chez le principal.
Charlie : Le principal, pourquoi ?
Sarah : Je suis convoquée mais je ne vois pas en quoi ça te concerne.
Sarah essaya de repousser Charlie mais il ne voulait pas bouger d'un centimètre. Encore plus énervée qu'elle l'était déjà contre lui, Sarah le regarda droit dans les yeux mais il ne bougea pas plus. Elle s'adossa sur le mur, croisa les bras et soupira bruyamment.
Sarah : Soit bref !
Charlie : Sarah, tu es ma meilleure amie et on .
Nikki : Eh, chéri, tu viens, on va être en retard en cours !
Nikki apparut soudain. Ellle avait insisté sur le "chéri" et sourit en voyant le regard noir que lui lançait Sarah. Elle se recula cependant d'un pas, pensant recevoir un coup de cette dernière. La surprise vint de Charlie qui n'apprécia que très moyennement la blague. Il lui lança un regard si noir que Nikki en eut froid dans le dos.
Nikki : Quoi ? On ne peut plus rigoler ?
Charlie : Ce n'est pas drôle ! Je discute tu ne vois pas ?
Nikki: Elle vient de partir !
Charlie se tourna mais devant lui, il ne vit qu'un mur. Sarah avait profité que l'attention de Charlie soit portée sur Nikki pour filer en douce.
Charlie : Merci bien !
Nikki : C'est encore de ma faute ? C'est facile de toujours me mettre tout sur le dos ? A chaque fois qu'il y a un problème, c'est Nikki la responsable !
Charlie : J'avais réussi à la convaincre de m'écouter. Tu as tout foutu en l'air.
Nikki : Je t'ai vu lui courir après et l'empêcher de partir. C'est ce que tu appelles la convaincre ? Je t'ai trouvé un peu violent.
Charlie : C'est toi qui dis ça ? Mademoiselle Violence en personne me fait la morale.
Nikki : Mademoiselle quoi ?
Charlie : Mademoiselle Violence. Arrêtes, tout le monde sait que tu uses souvent de la violence pour obtenir ce que tu veux.
Nikki : Peut-être mais C'est vrai, on m'appelle Mademoiselle Violence ?
Charlie : Pourquoi, ça t'étonne ?
Nikki : Non, c'est juste que j'aurais préféré un autre surnom Mademoiselle Violence, je ne trouve pas que ça colle à mon image.
Charlie : Et c'est quoi ton image ? Tu aurais préféré qu'on t'appelle comment ?
Nikki : Je ne sais pas Super Nikki !
Charlie : Rien que ça !
Charlie sourit, oubliant que quelques minutes plus tôt il venait de se disputer encore avec Sarah. La conversation s'arrêta là. Le couloir était vide et le professeur d'économie passa la tête dans le couloir pour appeler les derniers retardataires.
Le prof : Nikki, Charlie, on n'attend que vous pour commencer ! Dépêchez vous d'entrer.