2.07 To come or not to come ?

Bureau du principal
Jeudi 9h00

Jake patientait dans le bureau. Avachi sur son siège, il se redressa néanmoins lorsque le proviseur le rejoignit. Il prit place dans un confortable fauteuil en cuir. Un imposant bureau le séparait de Jake.

Le principal : Merci d'avoir attendu, je devais convoqué vos parents.

Jake : Parce que j'ai un peu bousculé ce gars ?

Le principal : Monsieur Hennessy, j'ai l'impression que vous ne saisissez pas la gravité de la situation.

Jake : Monsieur, il n'est pas nécessaire de les déranger pour une petite bagarre....

Le principal : Vous n'êtes pas là à cause de Charlie ! Je n'approuve pas le comportement que vous avez eu avec lui mais ce n'est pas pour ça que je vous ai convoqué. Vous êtes ici pour Adena Stiles. Plus précisément pour les photos que vous avez prises d'elle dans le plus simple appareil puis placardé dans tout le lycée.

Jake : Je n'ai rien à voir là-dedans !

Jake était très convaincant, en tout cas, c'est ce qu'il pensait. Avec son air de chien battu, il arrivait toujours à ses fins, faisant croire ce qu'il voulait à qui il voulait. Son petit numéro ne marcha pas cette fois sur le principal. Ce dernier le regardait toujours fixement puis souria hyprocritement.

Le principal : Vraiment ?

Jake : Monsieur, vous croyez vraiment que je puisse faire une chose pareille ! C'est un manque de respect pour Adena, je ne pourrais jamais faire une telle chose.

Le principal : Vous ne teniez pas le même discours hier.

Le principal tourna son fauteuil et se leva. Il lança une vidéo sur la petite télévision qui était posée dans un coin. On y distinguait parfaitement Jake qui parlait à une fille dont on ne voyait que le dos. Jake mit quelques secondes avant de comprendre. Sarah l'avait piégée, il n'avait rien vu venir.

Jake (sur la vidéo) : Cette imbécile d'Adena croyait être la plus forte, elle s'est trompée. Crois-moi, ça n'a pas été très difficile de lui faire prendre du GHB. En soirée, elle enchaine les verres, c'était un jeu d'enfant. Ensuite, il me suffisait de l'entrainer dans une chambre d'hôtel et de prendre ses photos.

 

Générique

 

Couloirs du lycée
15h15

Durant toute la journée, le lycée avait été en ébullition. La raison de ce remue-ménage : Jake. Après l'altercation du matin avec Sarah, il avait été convoqué par le principal. On ne l'avait pas revu en classe par la suite. Quelques élèves affirmaient l'avoir vu en compagnie du principal, près de son casier, un carton dans les bras. Aurait-il été inviter à récupérer ses affaires et quitter le lycée ? Tout le monde y allait de son explication.

Sarah sortit du secrétariat. Elle venait de récupérer sa caméra vidéo qu'elle avait laisser au principal un peu plus tôt. La veille, elle avait en effet réussi à faire parler Jake sur sa responsabilité dans le scandale Adena, le tout filmé par cette caméra dissimulée dans la classe. La jeune fille s'apprétait à rentrer chez elle lorsqu'une élève la bouscula. Au lieu de s'excuser, elle resta devant elle, les bras croisés, le regard mauvais. Sarah reconnut immédiatement Veronica, la petite soeur d'Adena.

Veronica : Tu es fière de toi ?

Sarah : Fière de quoi ?

Veronica (en se moquant) : Fière de quoi ? Arrêtes de faire l'imbécile, tu veux bien. A cause de toi, Jake s'est fait renvoyer.

Sarah : Il s'est fait virer pour ce qu'il a fait à Adena, nuance. Il est le seul reponsable dans l'affaire. Je n'y suis pour rien.

Veronica : A cause de ta vidéo, il va finir son année scolaire dans une école militaire.

Sarah : Très bien ! J'espère qu'il y apprendra le respect. C'est une notion qu'il a vraiment du mal à assimiler !

Sarah n'avait aucune envie de s'éterniser ici. Elle n'était pas du tout impressionnée par cette gamine. Elle contourna Veronica et s'apprétait à partir lorsque cette dernière lui agrippa le bras.

Sarah : Qu'est ce que tu veux encore ? Veronica : Je voudrais juste savoir une chose. Pourquoi ?

Sarah (qui perdait patience) : Pourquoi quoi ?

Veronica : Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi avoir piégé Jake ? Il me semble que tu ne portes pas ma soeur dans ton coeur, vous n'êtes même pas amies, vous n'êtes rien. Pourquoi ?

Sarah : Parce qu'il a fait quelque chose de grave ! Il devrait se réjouir que j'ai montré cette vidéo au principal plutôt qu'à la police. Maintenant, lâches moi et fais moi plasir : mèles toi de tes affaires !

Sarah retira brusquement son bras. Cette fille commençait à l'énerver sérieusement en se mélant de tout.

 

 

Vendredi 8h30
Rues de New York

Nobuko sortit de son immeuble. Elle parla un instant au portier et en profita pour fermer son manteau correctement car elle avait un peu froid. Alors qu'elle prenait la direction du lycée, elle vit Akira, adossé au mur. Il était clair qu'il l'attendait. Depuis qu'elle avait appris que Nikki était à l'origine de la rumeur sur Akira et elle, elle l'évitait comme la peste. Il savait que c'était un coup de son ex mais lui avait caché. Nobuko s'était sentie trahie. Pourtant, en l'entendant prendre sa défense face à Jake, elle n'avait pu que constater qu'il n'était pas si mauvais que cela, dans le fond. Elle s'arrêta face à lui, curieuse de savoir ce qu'il lui voulait.

Nobuko : Tu es là pour me donner un autre conseil ?

Akira la regarda, les yeux ronds. Il ne comprenait rien à cette allusion.

Nobuko : La dernière fois que m'a attendu comme ça, en bas de chez moi, c'était pour me conseiller de me faire oublier. Tu sais, lorsque j'ai lancé l'idée du concours radio.

Akira : Ah oui, c'est vrai... Conseil que tu n'as pas suivi d'ailleurs.

Nobuko : J'ai horreur que l'on me dise ce qui est bon pour moi !

Akira : J'ai remarqué !

Les deux lycéens marchaient tranquillement sur le trottoir. Un silence s'installa. Si ce n'était plus vraiment la guerre entre eux, ce n'était pas pour autant la paix. Nobuko avait du mal à faire comme si rien ne s'était passé. Finalement, Akira commença à parler.

Akira : Alors... Tu sais ce que tu choisiras demain, à la soirée ?

Nobuko : C'est pour ça qe tu es si gentil avec moi tout à coup ? Tu as peur que je renverse le sceau rouge !

Akira : Tu en serais bien capable, j'en suis sûr.

Nobuko : C'est vrai que j'ai pensé que ça aurait été une bonne solution pour me venger mais...

Akira : Minute ! Aurait été ? Tu veux dire que tu as choisi l'autre option, tu vas m'embrasser ? Je savais que tu ne pouvais pas résister à mon charme !

Nobuko se retourna vers Akira qui en faisait des tonnes. Elle souria en le voyant jouer au séducteur.

Nobuko : Désolé mais ton charme n'a rien à voir là-dedans.

Akira : J'en doute...

Nobuko : De toute manière je ne t'embrasserais pas.

Akira : Tu plaisantes ?

Nobuko : Non.

Akira : Comment ça non ?

Nobuko : Je n'ai pas envie de venir à cette soirée de toute façon surtout si je dois participer à ce stupide jeu.

Akira : Tu dois venir ! Ta présence est obligatoire.

Nobuko : Je n'ai pas envie de participer à ce jeu !

Akira : Il faut que tu viennes sinon, ça sera encore pire pour moi. Balances le sceau si tu veux mais viens.

Nobuko : Si je fais ça, tu seras la risée du lycée.

Akira : Je m'en fiche. De toute manière, ça peut pas être plus dur que d'être sur la Black List comme tu l'as été.

Ils étaient arrivés devant le lycée. Nobuko ne savait pas quoi répondre. Elle ne voulait pas venir mais visiblement, Akira comptait sur sa présence. Si il était venu la chercher chez elle, s'était surement pour la convaincre de venir. Cela faisit des jours qu'il essayait de se faire pardonner mais Nobuko faisait la sourde oreille. Il sortit de sa poche des photos prises dans un photomaton et les donna à Nobuko.

Akira : Tiens, je n'ai pas eu l'occasion de te les donner. On les a pris lorsque l'on a séché les cours. J'ai pensé que tu voudrais peut-être les voir.

Nobuko jetta un oeil aux photos. Elle souria en voyant les grimaces qu'ils faisaient devant l'objectif. Ils avaient passé un bon moment tout les deux, ce jour-là. Elle releva la tête et s'apprétait à remercier Akira mais n'était plus là.

 

 

Lycée, toilettes des filles
15h00

Face au miroir, Sarah se remaquillait. Elle appliqua une dernière touche de masacara avant de ranger toutes ces affaires dans son sac. Nobuko, assise sur un radiateur, semblait perdue dans ses pensées. Sarah s'approcha d'elle.

Sarah : Tu ne devrais pas être en cours à cette heure-ci ?

Nobuko : Si, en économie.

Sarah : Et tu n'y vas pas ?

Nobuko : Une heure de plus ou de moins... Je ne pense pas que ça change grand chose.

Sarah : Super, tu vas pouvoir m'accompagner.

Nobuko : T'accompagner ?

Sarah : Oui, pour faire les boutiques. Je n'ai rien à ne me mettre pour demain soir.

Nobuko : Tu vas à cette soirée ?

Sarah : Bien sûr ! Oui, je sais, c'est une soirée de Saint Valentin et je suis célibataire. Je n'y serais probablement pas aller mais cette fois, c'est différent. C'est pas tout les jours qu'il y a le « I love you and you ». Je ne vais pas manquer ça. C'est un vrai événement. Tout le monde ne parle que de ça.

Nobuko fut surprise d'apprendre que ce jeu qu'elle considérant comme vraiment stupide pouvait intéresser tout un lycée. Elle descendit du radiateur et se plaça devant un miroir. Elle remit en place quelques mèches de cheveux tout en continuant de parler à Sarah.

Nobuko : C'est vraiment si important ?

Sarah : Il y a même un paquet d'élèves qui parie sur ce jeu. C'est très attendu. D'après mes sources, la majorité pense que tu vas lancer le sceau. Moi, je ne sais pas trop, qu'est ce tu vas choisir ? Tu peux me dire à moi, je suis ton amie... J'aurais bien quelques dollars à...

Nobuko : Et si je décidais de ne pas venir.

Dans le reflet du miroir Nobuko aperçut Sarah derrière elle. Visiblement, elle n'avait pas dit ce qu'il fallait car Sarah faisait une de ses têtes.

Sarah : Tu plaisantes, j'espère ?

Nobuko : Quoi ? C'est si grave que ça ?

Sarah : Si tu ne viens pas, Akira aura droit à la punition de Cupidon.

Nobuko se retourna vers Sarah. Elle leva les yeux au ciel en entendant ça. Il ne savait plus quoi inventer dans ce lycée. Elle trouvait cependant très drôle la façon dont Sarah prenait l'affaire au sérieux. Elle éclata de rires ce qui mit son amie un peu en colère

Nobuko : La punition de qui ? C'est quoi encore ce délire ?

Sarah : Arrêtes, c'est très sérieux !

Nobuko (en tentant de retrouver son calme) : Euh oui, excuses moi !

Sarah : En t'inscrivant au jeu « I love you and you », tu demandes à Cupidon de t'aider pour conquérir le coeur de ton amoureux.

Nobuko tentait de ne pas éclater de nouveau de rires mais c'était vraiment difficile. D'un côté, l'explication donnée était vraiment tirer par les cheveux, de l'autre, Sarah semblait tellement sérieuse. Cette dernière essaya de pas en tenir compte et continua.

Sarah : Si ton amoureux ne vient pas, tu as dérangé Cupidon pour rien. Cupidon déteste être déranger pour rien.

Nobuko (en éclatant de rire) : Non, c'est vrai ? Sacré Cupidon !

Sarah : Si tu le déranges pour rien, il te le fais payer ! Et plutôt cher !

Nobuko s'arrêta de rire en entendant ces derniers mots. Elle imagina le pire, surtout en connaissant les habitudes de violences gratuites au lycée.

Nobuko : Qu'est ce que tu veux dire par faire payer ?

Sarah : Des élèves vont se prendre pour Cupidon et vont s'amuser à torturer...

Torturer ? Le sang de Nobuko ne fit qu'un tour. Mais qu'est ce que c'était encore que ce délire. Ils étaient donc tous fous à Liberty. Comment on peut s'amuser à torturer quelqu'un.

Nobuko : Quoi ? Torturer ? Akira ? Quand tu dis torturer, tu veux dire quoi exactement ? Qu'est ce qu'il va lui faire ?

Sarah : Lui raser la tête, ce genre de choses....

 

 

Salle de cours
16h00

 

Le cours se termina enfin. Akira souffla de soulagement lorsque la sonnerie annonçant la fin de ce cours d'économie retentit. Ce cours avait été d'un ennui mortel. Le professeur avait passer toute l'heure a essayé d'expliquer la pensée de Keynes. Akira avait vraiment décroché du cours, lorsqu'il entendit le nom à ralonge de la thèse écrit par cet économiste (Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie). Le titre du bouquin était déjà barbant, le contenu ne devait pas être plus intéressant, Akira passa alors le reste du cours, à plus ou moins somnolé.

Il s'approcha alors de Charlie qui rassemblait ses affaires. Il n'avait jamais été proche de Charlie et ne savait pas vraiment comment l'aborder. Il arriva devant lui, les mains dans les poches, cherchant un prétexte pour entammer la conversation. Charlie ne lui laissa pas le temps de trouver une excuse.

Charlie : Je peux t'aider ?

Akira : Oui, je cherche Nobuko, tu ne saurais pas où elle est ?

Charlie : Je sais pas. Tu veux que je lui passes un message ou..

Akira : Non, c'est rien, je la verrais lundi. Je voulais juste lui donner sa note de l'exposé que l'on a du faire tout le deux. C'est bizarre, elle était là aujourd'hui, pourtant.

Charlie : Elle a dû sécher la dernière heure. Elle n'avait pas vraiment le moral tout à l'heure. Et puis, avec ce déménagement, je la comprends, moi non plus je ne serais pas motivé par les cours.

Akira : Le déménagement ? Qui déménage ?

Charlie : Nobuko. Elle part pour Tokyo dans quelques semaines. Elle ne t'a rien dit ?

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