2.06 Sarah's present

Mardi 18h00
Salon de thé de Jenny

Occupée à servir des clients, Sarah remarqua à peine l'entrée de Charlie dans la boutique. Il s'installa à une table libre près de la fenêtre et commanda à un café à l'autre serveuse. Quelques minutes plus tard, il fut rejoint par Sarah. Alors qu'elle s'assseyait, Charlie lui tendit un sac.

Charlie : Tiens, le voilà !

La jeune femme le prit en souriant. Elle en sortit un camescope numérique.

Sarah : Merci, c'est sympa d'avoir fait si vite.

Charlie : Tu peux me dire à quoi ça va te service au juste ?

Sarah : A filmer, bien sûr !

Charlie : Je m'en doute, me prends pas pour un imbécile quand même. Tu veux filmer quoi ?

Sarah : Mais tu sais bien !

Charlie : Non, c'est pour ça que je te le demande !

Charlie était bien curieux. Sarah souffla et rangea le camescope à côté d'elle.

Sarah : Je te l'ai déjà dit ! Tu n'écoutes donc jamais ! Trop occupé à reluquer ta garce de copine !

Charlie : Il faut toujours que tu parles de Nikki ?

Sarah : Je ne l'aime pas !

Charlie : Waouh ! Quelle excuse ! C'est pas une raison pour la dénigrer à tout bout de champ !

Sarah : Et pourquoi pas ! On est dans un pays libre que je sache ! J'ai bien le droit d'exprimer mes opinions.

Charlie : Quand tu parles d'elle comme ça, j'ai l'impression que tu me fais une crise de jalousie.

Sarah : N'importes quoi ! Charlie : Tu te prends pour ma petite amie ou quoi ? Des fois, je me poses des questions...

Sarah : Arrêtes ton délire, tu veux bien !

Charlie : Si tu arrêtes de critiquer Nikki !

Sarah : J'y peux rien, c'est chronique chez moi!

Charlie : Fais un effort, s'il te plait !

Sarah : Je vais essayer...

Charlie : Bon, alors, c'est pour quoi au juste cette caméra ? Tu peux me le dire maintenant ?

Sarah : C'est pour Nobuko. J'aimerais une vidéo souvenir de New York.

Charlie : Ça lui fera sûrement plaisir, c'est une très bonne idée !

Sarah : Normal, ça vient de moi. C'est pas le genre de choses que ferait Nikki.

Charlie : Sarah !

Sarah : Désolé... l'habitude !

 

Générique

Chambre de Nobuko
18 h30

Nobuko était devant son ordinateur. Elle vérifiait ses emails. Elle essayait surtout de s'occuper pour éviter de penser à tout ses soucis. Entre son départ imminent pour le Japon et ce « I love you and you », elle ne savait plus où donner de la tête. Lorsqu'elle vit sur son écran que sa soeur essayait de lui parler, elle sauta sur l'occasion. Elle répondit immédiatement.

Nobuko : Je suis bien contente de te parler.

Masaki : Qu'est ce qu'il t'arrive encore ? Nobuko : Je peux savoir ce que tu sous-entends avec ce « encore » ?

Masaki : Rien ! Mais avec toi, tout prend d'énorme proportion.

Nobuko : Dis tout de suite que je suis excessive !

Masaki : Tu vois, tu t'emportes !

Nobuko resta bouche bée devant son écran. Sa soeur venait de lui clouer le bec, elle ne savait pas quoi répondre. Elle avait peut-être raison, dans le fond.

Masaki : Et oh, t'es encore là ?

Nobuko essaya de retrouver ses esprits et reprit la discussion.

Nobuko : Oui, je suis là.

Masaki : Je ne voulais pas te blesser.

Nobuko : Non, tu as raison. Je n'accordes pas ma confiance facilement. Et si on trahi cette confiance, je suis très rancunière.

Masaki : Au moins, tu t'en rends compte, c'est déjà ça. Bon, allez, dis-moi ce qui ne va pas.

Nobuko : On m'a inscrit au jeu « I love you and you ».

Masaki : C'est quoi ce truc ?

Nobuko : Un garçon va me faire sa déclaration publiquement, à la soirée de samedi, pour la St Valentin.

Masaki : Et il faut que tu lui donnes une réponse ?

Nobuko : Tu connais ?

Masaki : Ça me penser au 114.

Nobuko : Le 114 ?

Masaki : J'ai vu ça lorsque j'étais au lycée à Tokyo. Le 4 novembre (114), c'est le jour où l'on peut se déclarer à la personne que l'on aime. Une seule personne peut le faire dans l'école dans l'année. Crois-moi, peu d'élèves tentent l'aventure.

Nobuko : Pourquoi ?

Masaki : La personne qui doit répondre à sa demande doit le faire en tirant sur une des deux cordes disponibles. L'une mène à un sceau de pétale de fleurs, si elle répond qu'elle l'aime aussi, elle choisit cette option. Si elle refuse, le pauvre élève reçoit l'autre sceau, celui remplit d'eau.

Nobuko : Moi, j'ai le choix entre l'embrasser ou lui renverser le sceau rouge.

Masaki : Et qui est prêt à prendre ce risque ?

Nobuko : Akira.

Masaki : Le garçon avec qui tu es resté bloquer sur le toit ? Où est le problème ? Embrasses le ! Ne nous la joue pas effarouchée pour un baiser ! Tu n'es pas au Japon, on ne dira rien si tu l'embrasses en public.

Nobuko : C'est pas si simple !

Nobuko s'apprêtait à lui expliquer plus en détails la situation. Elle n'avait jamais parlé d'Akira à sa soeur mais aujourd'hui, elle voulait son avis sur ce qui était le mieux à faire. Elle n'en eut pas l'occasion, sa soeur se déconectait.

Masaki : Je te laisses ! Ma supérieur vient d'entrer. C'est une vraie peau de vache celle-là. Elle va me passer un de ses savons si elle me voit te parler. On se revoit plus tard, bye !

 

 

Mercredi 15h10
Salle de cours

Sarah marchait de long en large à travers la pièce déserte. Elle essayait de se calmer mais elle avait beaucoup de mal à détresser. Elle souffla un bon coup et se retourna en voyant Jake entrer dans la classe.

Jake (en montrant un morceau de papier griffoné) : Tu voulais me voir ?

Un peu plus tôt dans la journée, Sarah lui avait déposer ce mot dans ce casier. Elle lui demandait de le rejoindre ici dès la fin des cours.

Sarah : Je voudrais te parler d'Adena. J'aurais besoin de ton aide.

Jake : Vraiment !

Sarah : Comme tu le sais, à cause d'elle, j'ai été obligé de faire des travaux d'intérêts généraux. Cet incident pourrait jouer contre moi et m'empêcher d'obtenir une bourse pour l'université.

Jake : En quoi tes problèmes me concernent ?

Sarah : Je voudrais me venger, la faire payer. On dit que le coup des photos d'Adena, c'est toi. C'est vrai ?

Jake : Possible... Mais pourquoi je te le dirais, on se connait même pas.

Sarah : Donc ça veut dire que ce n'est pas toi ? Je ne voulais pas le croire mais finalement, il ne fallait pas être aussi intelligent que je le pensais pour monter un coup pareil.

Jake : Quoi ?

Sarah : Rick se vante d'avoir pris ces photos. Je n'y croyais pas vraiment mais si ce n'est pas toi...

Jake : Rick ? Cet abruti complet ? Ce n'est pas lui, c'est moi !

Sarah : C'est ça, à d'autres... Jake : Il est bien trop stupide pour faire un si beau coup.

Sarah : Dans ce cas là, vas-y, expliques moi comment tu t'y es pris.

 

 

Couloirs du lycée
15h30

Veronica venait de s'eclipser de la salle de retenue. Une fois de plus, elle avait encore fait preuve d'irrespect face à un professeur. Se retrouver coller lui arrivait régulièrement et ce genre de punition n'avait plus aucun effet sur elle. Elle continuait d'être insolente. Elle croisa Sarah qui sortait d'une salle de cours. Elle l'ignora et se dirigea vers la sortie. Elle aperçut alors Jake qui s'apprêtait à sortir.

Veronica : Eh Jake ! T'es encore là ?

Jake : Et toi ? Encore en colle je suppose ? Pour quelle raison cette fois ?

Veronica : Je me suis fait prendre à envoyer un message avec mon portable.

Jake : Comment va ta soeur ?

Veronica : Anéhantie !

Jake : Excellent !

Veronica : Oui, ça me fait plaisir aussi. Tu attendais quelqu'un ?

Jake : Non, pourquoi ?

Veronica : Les cours sont terminés depuis une demi-heure et tu es encore là.

Jake : Je devais parler à Sarah.

Veronica : La fille brune que j'ai croisé, la copine d'Adena.

Jake : Copine ? Non, elle déteste ta soeur autant que moi.

Veronica : Vraiment ? Alors dans ce cas là, qu'est ce qu'elle faisait dans mon salon lundi ? Elle est venu voir ma soeur. On vient rarement chez les gens que l'on déteste !

 

 

Jeudi 8h45
Couloirs du lycée

Sarah posait quelques affaires dans son casier lorsque quelqu'un lui tira le bras. On la retourna brutalement dos au casier. La peur s'emparra d'elle quand elle vit le visage plein de colère de Jake.

Jake : Tu t'es bien fichu de moi ?

Sarah : Moi ? Non, pas du tout !

Jake : Qu'est ce que tu cherchais hier ?

Au bout du couloir, Charlie discutait avec Nobuko lorsqu'il aperçut Sarah pris au piège par Jake. Il courut pour la rejoindre et tenta de la sortir de cette délicate situation. Il oublia que Jake pouvait l'écraser comme un misérable insecte en deux secondes et s'interposa.

Charlie : Eh ! Qu'est ce qui se passe ? Je peux savoir pourquoi tu lui en veux ?

Jake : C'est entre elle et moi !

Charlie : Si tu veux lui parler, fais le correctement. On ne menace pas une fille comme ça...

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Jake lui envoya un violent coup de poing. Il vola littérallement sur quelques mètres avant de s'écraser brutalement sur le sol. Décidement, ces derniers temps, il était devenu un véritable punching ball humain au lycée. Alors qu'il vérifait qu'il était encore en un seul morceau, il entendit les pas d'une personne qui arrivait. Il tourna la tête et vit le principal du lycée, monsieur Baxter.

Le principal : Monsieur Hennessy, laissez mademoiselle Baker ! Je voudrais vous voir dans mon bureau. Tout de suite !

Le principal semblait en colère. Il avait dit ses derniers mots d'une manière pluôt menaçante, ce n'était pas dans ses habitudes. Jake laissa partir finalement Sarah qui se précipita vers Charlie pour l'aider à se relever. Il saignait du nez mais ne semblait pas beaucoup plus amoché.

Le principal : Sarah, accompagnez le à l'infirmerie s'il vous plait.

Sur ces mots, il fit volte face et prit la direction son bureau, suivi par Jake. Le flot d'élèves qui s'étaient agglutinés durant la bagarre se poussa, laissant un passage au principal. Sarah les regardait s'éloigner. Elle savait très bien que cette bagarre n'était pas l'unique raison de cette convocation urgente chez le principal.

Retour