
Mardi 21h30
Rues de New York
Sarah sortit d'un luxueux hotel en compagnie d'Adena. La jeune fille avait beaucoup bu et n'arrivait plus à marcher droit. Tant bien que mal, Sarah essayait de l'aider à ne pas tomber. Les passants se retournaient lorsqu'Adena parlait un peu trop fort. Sarah ne savait plus où se mettre. Ce n'était pas elle qui était en piteuse état mais elle se sentait tout de même très mal face aux regards accusateurs de tout ces inconnus. Plusieurs taxis passèrent devant les deux adolescentes avant que Sarah finisse par en arrêter un presque de force. Elle en avait tellement assez de les voir tous les ignorer qu'elle finit par se mettre en plein milieu de la route. Un chauffeur de taxi serait bien obligé de s'arrêter si il ne voulait pas l'écraser. Lorsque finalement, une voiture s'arrêta, elle aida Adena, assise par terre sur le bitume à se relever. Elle la jeta ensuite litérallement dans la voiture jaune avant de s'installer à ses côtés.
Adena : Aïe ! Tu pourrais pas faire attention !
Sarah : ça va, t'es pas en sucre !
Sarah se demanda alors ce qui lui avait pris. Une heure plus tôt, alors qu'elle révisait tranquillement chez elle, elle avait reçu cet appel étrange. C'était en fait le barman de l'hôtel qui lui demandait si quelqu'un pouvait venir récupérer Adena. Elle n'était pas en état de rentrer seule. Sarah aurait pu refuser, après tout, pourquoi elle rendrait un tel service. Adena et elle étaient plus ennemies qu'amies.
Le chauffeur arriva à un feu rouge et se retourna vers ses passagères.
Le chauffeur : Je vous dépose où ?
Sarah : Adena, c'est quoi ton adresse ?
Aucune réponse. Sarah se tourna et vit qu'Adena dormait profondément, la joue contre la portière. Elle se demandait encore pourquoi elle avait acceptée de venir la chercher et regrettait déjà son geste.
Sarah : Génial ! Merci Adena ! Franchement, il faut que j'arrête d'être si gentille !
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Mercredi 7h30
Appartement des soeurs Baker
Jenny, la soeur ainée de Sarah, se servit du café dans la tasse posée devant elle. Elle en but une gorgée avant d'ouvrir le frigo.
Jenny : Sarah ! Y'a plus de lait ! T'aurais pu en racheter !
En entendant sa soeur hurler, Sarah sortit en trombe de sa chambre. Elle ouvrit un placard et sortit une nouvelle brique de lait. Elle la posa brutalement sur le comptoir, renversant presque le café de Jenny.
Sarah : Tiens, le voilà ton lait !La prochaine fois, cherches un peu avant d'ameuter tout le quartier.
Jenny : La prochaine fois, range le lait dans le frigo !
Sarah : Et dis moi, tu pourrais parler moins fort ? Tu vas finir par la réveiller.
Jenny : Réveiller qui ?
Sarah
désigna le sofa du salon. Jenny s'approcha et aperçut une tête
blonde, complètement décoiffée, qui dépassait d'une
converture.
Jenny : C'est qui ? Une de tes copines ?
Sarah : Une copine ? Plutôt mourir !
Jenny : Et... je la reconnais... c'est la fille que l'on a croisé Chez Barney, quand on faisait les boutiques. Tu l'évitais comme la peste cette fille, non ?
Sarah : A l'époque on était en froid.
Jenny : Et ça a changé ?
Sarah : Non, on peut pas vraiment dire ça...
Jenny : Dans ce cas là, qu'est ce qu'elle fait dans notre salon ?
Sarah : Disons qu'hier soir, elle n'était pas.... pas en état de rentrer chez elle.
Adena choisit ce moment pour se lever ou en tout cas, pour essayer. Elle avait tellement la gueule de bois qu'elle ne devait pas faire de mouvements trop brusques. Elle avait l'impression qu'un marteau-piqueur lui fracassait le crane. La jeune fille finit par ouvrir lentement les yeux. Elle sursauta en voyant d'un seul coup, le visage de Jenny apparaître devant elle.
Jenny : Alors on a fait la fête et on a du mal à récupérer ? A voir ta tête, un aspirine ne serait pas de trop, non ?
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Appartement des Kotani
8h00
Vêtue de son uniforme scolaire aux tons bleus, Nobuko passa dans la cuisine pour prendre rapidement son petit déjeuner. Sa mère lisait les pages culturelles du journal tout en buvant son café. Nobuko prit des céréales dans un placard avant de s'installer en face de sa mère.
Nobuko : Papa n'est pas là ?
Sa mère : Il est parti à Tokyo jusqu'à la fin de la semaine.
Nobuko : Alors c'est officiel, on part ?
Sa mère : Oui, c'est officiel. Ton père est parti organiser notre arrivée... Trouver une nouvelle maison, un lycée pour toi, ce genre de choses.... Tu lui en veux toujours ?
Nobuko : De toute façon, que je lui en veuilles ou non, ça ne changera rien, on déménage.
Nobuko consulta sa montre et termina rapidement son bol de céréales. Elle attrapa son sac posé un peu plus loin et partit pour le lycée.
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Appartement des soeurs Baker
8h15
Sarah terminait de se coiffer. Elle chercha ensuite dans tout l'appartement sa veste d'uniforme. Elle finit par la trouver sur le canapé, à moitié cachée par Adena qui s'était finalement ralongée. Depuis le départ de Jenny, elle n'avait pas bougée d'un milimètre. Ce comportement mettait Sarah complètement hors d'elle. Elle était pressée alors qu'Adena ne se souciait nullement de l'heure.
Sarah tira Adena pour la mettre debout. Elle récupéra sa veste qu'elle enfila immédiatement.
Sarah : J'aurais pu encore chercher longtemps ! Tu aurais pu me le dire qu'elle était là !
Adena : C'est bon, tu as fini par la trouver. Tu vas pas en faire tout une histoire.
Sarah : Tu te presses, on va être en retard au lycée :
Adena : Je ne vais pas au lycée !
Sarah resta bouche bée devant Adena qui semblait d'un seul coup bien plus réveillée. Elle pensait avoir mal entendu.
Adena : Je ne vais pas au lycée ! Tout le monde se fiche de moi.
Sarah : Et quoi ? Tu crois que je vais te plaindre ? Tout ça, c'est de ta faute, il ne fallait pas jouer avec le feu.
Sarah ne souhaitait pas éterniser la conversation. Elle lança son manteau à Adena pour l'inciter à partir. Elle noua son écharpe, prit ses affaires de cours et s'approcha de la porte d'entrée. Adena finit par la suivre. Alors qu'elle s'apprétait à sortir, Sarah tendit son bras pour lui bloquer le passage.
Sarah : Au fait, tu me dois 30 dollars !
Adena : Quoi ?
Sarah : . Je roule pas sur l'or et j'ai pas demandé à venir te récupérer complétement bourrée hier. Il a fallut que je prenne un taxi pour venir te chercher et te ramener ici.
Sarah tendit la main et attendit qu'Adena y dépose des billets.
Sarah : J'attends !
Adena (elle soupira puis jeta un oeil dans son sac à main) : Je n'ai rien sur moi !
Sarah : ça m'aurait étonné, tu as tout dépensé hier soir en te saoulant !
Adena : Si tu veux récupérer ton fric, gardes tes remarques pour toi ! Tu n'as qu'à passer chez moi !
Adena lui tendit une carte de visite puis quitta l'appartement. Sarah regarda ce petit bout de papier et regretta amérement de ne pas avoir cherché dans ce sac hier soir. Elle n'aurait pas eu besoin de l'accueillir chez elle. De plus, elle n'aurait pas eu besoin de voir Adena de nouveau pour se faire rembourser car moins elle la voyait, mieux elle se portait.
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Vendredi 12h30
Couloirs du lycée
Nikki se rendait au refectoire lorsqu'elle aperçut au loin Veronica, la petite soeur d'Adena qui était en train de discuter avec deux autres filles. Elle l'appella et la jeune fille s'arrêta laissant ses deux copines partir devant. A voir sa tête, Nikki comprit qu'elle la dérangeait.
Veronica : Qu'est ce que tu veux ?
Nikki : Je vais très bien, merci de t'en inquiéter.
Veronica leva les yeux et commença à s'éloigner. Nikki la rattrapa.
Veronica : Je suis pressée...
Nikki : Toujours aussi aimable à ce que je vois !
Veronica n'avait vraiment envie de perdre son temps à écouter les sarcasmes de Nikki. Elle s'en alla, encore plus énervée qu'elle l'était déjà.
Nikki : Rony, attends !
Veronica (en se retournant violement) : Quoi ?
Nikki : Je voulais juste savoir comment allait Adena. Cela va faire une semaine qu'elle est absente. Elle ne réponds pas sur son portable. Elle va bien ?
Veronica : J'en sais rien moi !
Nikki : Vous vivez bien au même endroit, non ?
Veronica : Si elle croit que rester enfermée dans sa chambre est la solution. Pourquoi j'irais la contredire ? Qu'elle fasse ce qu'elle veut, ça m'est bien égal. Tant que ça n'a aucune incidence sur moi, je me fiche complètement de ce qui peut arriver à ma soeur.
Nikki : Quelle belle image de la famille !
Veronica : Tu peux parler ! Je croyais qu'Adena et toi, vous étiez les meilleures amies du monde. Et pourtant, tu ne sais même pas où elle est ! Elle est belle l'amitié !
Sur ces mots, Veronica abandonna Nikki en plein milieu du couloir. Cette dernière la regarda s'éloigner en se demandant ce qui ne tournait pas rond chez Veronica et surtout pourquoi elle avait l'air si ravie de la mauvaise tournure que prenait la réputation de sa soeur.
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Vendredi 15h00
Salle de cours
Une semaine que les photos d'Adena avaient été vu de tous. Il ne restait plus un seul clichés dans les couloirs mais on parlait encore beaucoup de cette histoire. Après l'épisode du réfectoire, elle n'avait pas remis les pieds au lycée. Un bon nombre de rumeurs circulaient sur cette absence. Certains disaient qu'elle s'était inscrite dans un autre lycée, d'autres qu'elle avait sombré dans la drogue et qu'elle suivait maintenant une cure de désintoxication. Chacun avait son avis sur la question. Cependant, la vie continuait au lycée, avec son lot de cours et d'examens.
La majorité des élèves étaient déjà parti en week-end. Nobuko et quelques autres élèves avaient encore une heure de cours d'économie. La jeune asiatique était déjà installée lorsqu'elle vit Charlie entrer dans la classe en compagnie de Nikki. Le jeune homme abandonna sa petite amie et rejoignit Nobuko qui lui avait gardé une place.
Charlie : Je peux savoir pourquoi tu me fixes comme ça ?
Charlie : Comme si j'étais un criminel en cavale et que tu venais juste de me reconnaître.
Nobuko : Si tu continues à trainer avec Nikki, ça pourrait arriver.
Charlie : Tu n'as vraiment rien d'autres à faire que de raconter des idioties ?
Nobuko : Excuses-moi mais je suis plutôt sceptique. Je me demandes bien ce que vous faites ensemble. Vous êtes si....
Charlie : .... si différents ? Je sais, Sarah n'arrête pas de le répéter.
Nobuko : Je suis curieuse, expliques-moi ! Pourquoi elle t'interesse ? Qu'est ce qui te plait chez elle ? J'aimerais bien savoir ce que tu peux apprécier chez cette vipère !
Charlie : Je sais pas....
Nobuko : Bon, aller, dis moi. C'est quoi l'embrouille ?
Charlie : Quelle embrouille ? De quoi tu parles ?
Nobuko : Du jour au lendemain, vous vous affichez tout les deux alors que vous ne vous adressiez jamais la parole. Désolé de te contredire mais cette histoire n'est pas nette, pas nette du tout.
Charlie : Tu vois vraiment le mal partout.
Nobuko : Charlie ! La Nikki que je connais m'a frappé, humilié! A cause d'elle, j'ai fais une hypothermie et en plus, elle a lancé cette rumeur.
Charlie : Une hypothermie ? C'est quoi cette histoire encore ?
Nobuko réalisa soudain qu'elle n'avait jamais expliqué les réelles raisons de sa disparition au concours radio. Elle avait préférée laisser croire que son absence était volontaire. Ni Sarah ni Charlie ne savait qu'elle s'était retrouvée enfermer sur toit avec Akira.
Nobuko : Si tu avoues que ton histoire avec Nikki est bidon, et seulement si tu m'expliques pourquoi, je te raconterais tout ce qu'elle m'a fait subir.
Charlie réfléchit un instant puis décida de mettre Nobuko dans la confidence.
Charlie : Bon, d'accord ! Nikki et moi, on sort pas vraiment ensemble.
Nobuko (parlant trop fort) : Pas vraiment ?
Charlie : Chut ! Je te racontes tout mais baisses d'un ton !
Ça doit rester entre toi et moi.