2.01 The following day

Chambre d'hôtel
Dimanche matin

La nuit passée dans cette chambre avait dû être agitée car il y régnait une vraie pagaille. A travers toute la pièce étaient éparpillés des vêtements et sur la table se trouvait une bouteille de champagne à moitié entamée. Au milieu de la pièce, un grand lit double où dormait une jeune femme blonde. Il s'agisait d'Adena. Lorsqu'elle se réveilla enfin, elle ouvrit difficilement un oeil mais rapidement, elle remarqua que quelque chose clochait. Elle se releva d'un coup et regarda tout autour d'elle.

Adena : Mais où je suis tombée ?

La jeune fille réalisa qu'elle n'était pas chez elle. Elle essaya de se rappeller ce qui c'était passé la veille mais avait du mal à faire le point. Elle avait un mal de tête atroce et ses souvenirs étaient flous. Elle sortit du lit, récupéra ses sous-vêtements posés négligemment sur une lampe et prit la direction de la salle de bains. Elle avait besoin d'une bonne douche, ça la réveillerait peut-être.

 

Générique

Chambre de Nobuko
12h00

Assise sur son lit, Nobuko fixait la même page de son livre depuis une éternité. Elle ne pouvait pas se concentrer dans sa lecture. Elle avait l'esprit bien trop occupé pour ça. On toqua à la porte et la jeune fille ne leva même pas la tête pour voir de qui il s'agissait.

Nobuko : J'ai dit que je ne voulais pas vous parler ! Laissez moi !

Sarah : Bon, d'accord, je m'en vais !

Nobuko tourna la tête et vit Sarah sur le pas de la porte. Elle se leva d'un bond de son lit.

Nobuko : Ah, c'est toi ! Entres, je t'en pries ! Je croyais que c'était mes parents...

Sarah : J'ai appellé ce matin, ta mère m'a dit que tu n'avais pas quitter ta chambre depuis hier soir... Je me suis dit que tu avais peut-être faim !

Sarah leva le bras et montra une boite venant de la pâtisserie de sa soeur.

Nobuko : Tu essaies de me remonter le moral avec du sucre ?

Sarah : Et ça marche ?

Nobuko (en prenant la boite) : Je sais pas, il faut d'abord que je goûte !

Alors que Nobuko goutait ce cadeau, Sarah s'assit en face d'elle et la fixa.

Sarah : Alors, tu vas m'expliquer ce qui se passe ? Je ne suis pas seulement venue faire une livraison ! Alors... C'est grave

Nobuko : ça tu peux le dire !

Nobuko continua de s'empiffrer de gateau ne donnant aucune réelle explication. Si elle voulait mettre les nerfs de Sarah en pelotte, c'était réussi. En ne donnant que quelques informations, elle éveillait sa curiosité.

Sarah : Bah alors ? Tu comptes me faire languir longtemps ? Hier, tu disparais soudainement sans donner d'explications, tu es injoignable depuis et...

Nobuko : Désolé je voulais pas t'inquiéter....

Sarah : Trop tard !

Sarah s'empara de la seconde fourchette et gouta un peu de gateau. Elle regarda Nobuko qui semblait vraiment desespérée

Sarah : C'est Akira ? Il te harcèles encore ? Il est vraiment pas possible ce mec, on a beau lui dire que...

Nobuko : Pourquoi tu me parles d'Akira ? Qu'est ce qui te fais penser qu'il a quelque chose à voir là dedans ?

Sarah : Je sais pas, c'est juste une supposition. Hier, j'ai vu que tu avais reçu un email en japonais et tu es parti juste après. Ce n'était pas Akira ?

Nobuko : J'aurais préféré !

Sarah : Dis moi ! Ça me stresse de tourner autour du pot comme ça !

Nobuko : On doit partir pour Tokyo, ma prochaine rentrée se fera au Japon.

Sarah : Oh, c'est vrai ?

Nobuko : Masaki m'en parlait dans un email croyant que j'étais dèjà au courant. Imagines le choc quand j'ai lu ça ! Je suis désolé de t'avoir planté comme ça mais il fallait absolument que je mettes cette histoire au clair avec mes parents.

Sarah : Je comprends...

Nobuko : Mon père a obtenu une belle promotion. C'est le poste qu'il espère depuis toujours. Je ne peux pas lui en vouloir d'avoir de l'ambition...

Sarah : Et vous devez déménager quand ? Cet été ?

Nobuko : En Mars !

Sarah : Quoi ? Mais tu as dit que tu devais partir avant la rentrée !

Nobuko : La rentrée a lieu au printemps au Japon, en Avril.

 

 

Appartement des Stiles
14h00

Adena referma la porte d'entrée le plus discrètement possible. Elle prit ensuite la direction de sa chambre sans se faire remarquer. Elle n'avait pas dû faire assez attention car une voix fémine l'interpella dans le couloir. Elle fit volte face et tomba nez à nez avec sa mère. Adena sursauta en la voyant. Elle avait masque marron-vert sur tout le visage.

Sa mère : Oh désolé !

Adena : Qu'est ce que c'est ? Ah ça pue !

Sa mère : C'est complétement naturel, ça redonne du tonus à la peau... Tu en aurais bien besoin toi ! Tu as vu ces cernes ? Tu dors assez ?

Adena : Oui, je dors assez !

Sa mère : Tu devrais faire attention, la jeunesse n'est pas éternelle, il faut faire attention à sa peau le plus tôt possible afin d'éviter le vieillissement.

Adena : Maman, je sais ! Tu me le répètes tout les jours !

Sa mère : Et bien on dirait que ça ne sert pas à grand chose quand je te vois !

Adena : Dis moi, c'est une nouvelle ride que je vois là ou bien...

Sa mère : Quoi ? Où ça ?

Adena regarda sa mère courir à la salle de bains et esquissa un sourire, c'était tellement facile de lui faire croire n'importe quoi. Elle n'avait vu aucune ride mais en disant ça, elle était sûre que sa mère ne viendrait pas l'embêter pendant un bon moment. Cette peur de vieillir devenait maladif et elle traquait la moindre ride.

Adena rentra dans sa chambre et pensait être enfin tranquille. Visiblement, tout le monde s'était donné le mot dans cette maison. Elle trouva sa soeur étendue sur son lit. Veronica avait quinze ans et comme sa soeur ainée, elle n'avait pas la langue dans sa poche. Elle était presque aussi garce qu'elle, à croire que c'était génétique.

Adena : Je pourrais savoir ce que tu fais là ? Tu le sais très bien qu'il interdit d'entrer dans ma chambre lorsque je suis absente !

Veronica : ça va, je voulais juste t'emprunter ce pull, j'ai rien à me mettre pour demain.

Adena : Tu portes l'uniforme au lycée, pourquoi tu veux ce pull ?

Veronica : Quoi ? Y'a que toi qui peut personnaliser sa tenue ?

Veronica était dans le même lycée qu'Adena, à Liberty. Pourtant, bien qu'étant la petite soeur de la reine du lycée, elle n'avait pas beaucoup d'influence. Contrairement à Adena qui vivait selon ses propres règles au lycée en s'habillant comme elle le voulait ou en ayant un certain contrôle sur la Black List, Veronica se contentait de suivre le mouvement. Elle ne pouvait rivaliser avec sa soeur mais espérait bien avoir un jour, avoir autant de pouvoir qu'elle. En attendant ce grand jour, Veronica se contentait de suivre une vie de lycéenne tranquille mais toujours au courant des derniers évènements.

Veronica : C'est quoi cette histoire, cette dispute entre Jake et toi.

Adena : Tout ça parce que j'ai fais quelques petites blagues à sa copine...On a visiblement pas le même sens de l'humour...

Veronica : Il paraît qu'il t'en veut un max..

Adena : Je sais... Il a essayé de me faire peur la semaine dernière...

Veronica : Et tu n'as pas peur de lui ?

Adena : Rony, je le connais par coeur ! Je suis sûr qu'il ne fera rien ! Il parle beaucoup, c'est tout ! Il parle beaucoup mais agit peu !

Une sonnerie de portable interrompit la discussion. Adena chercha son téléphone dans son sac et vit que c'était Akira qui essayait de joindre. Elle chassa sa soeur de la chambre puis décrocha.

Adena : Salut lâcheur !

Akira : Euh.... Salut !

Adena : J'espère que ton excuse pour m'avoir planté hier soir est en béton..

Akira : Désolé, je suis tombé sur Nikki et elle ne m'a pas lâché. Tu la connais, quand elle commence à parler, on ne peut plus l'arrêter. Un vrai moulin à paroles.

Adena (peu convaincue) : Mouais...

Akira : Et sinon... Tu as passé un bonne soirée ?

Adena : Cela avait plutôt mal commencé, je suis tombé sur Jake et Andy. Heureusement, je ne les ai pas revu après.

Akira : Ah oui ? Et... Il ne t'a rien dit ? Il n'a rien fait contre toi ?

Adena devint tout à coup suspicieuse. Pourquoi Akira posait-il autant de question ? Pourquoi avait-il l'air inquiet ?

Adena : Qu'est ce que tu me caches, Akira ?

Akira : Moi ? Rien ! Pourquoi tu t'imagines que je te caches un truc ?

 

 

Appartement des Kotani
19h30

Nobuko n'avait pas adressé un seul mot à ses parents depuis la veille. Elle accepta cependant de diner avec eux. Sa mère avait passé l'après-midi aux fournaux pour préparer un excellent repas. Cela ne remonta pas le moral de Nobuko bien que sa mère lui avait préparer son plat préféré.

Sa mère : Ce n'est pas bon ? Tu n'as presque rien manger.

Nobuko : Je n'ai pas très faim.

Il faut dire qu'avec toutes les patisseries qu'elle avait englouti cet après-midi avec Sarah, elle n'avait plus beaucoup de place dans son estomac.

Sa mère : Ton amie Sarah est venue aujourd'hui...

Nobuko : Oui, d'ailleurs pendant que j'y pense, elle m'a proposé de venir habiter chez elle.

Son père fut tellement surpris en entendant cela qu'il faillit s'étouffer en buvant son verre d'eau.

Son père : Il en est hors de question !

Nobuko : Mais pourquoi ?

Son père : Pourquoi ? Mais voyons, tu as 16 ans ! Ta place est avec ta famille.

Sa mère : Sarah est très gentillle mais on ne connait même pas ses parents. Ce sont eux qui ont proposé de t'héberger ?

Nobuko : Elle ne vit pas chez ses parents mais avec sa soeur....

Son père : Raison de plus pour refuser !

Nobuko : Oto-san !

Son père : Je suis désolé que cela te déplaise mais nous partons pour Tokyo et tu nous accompagnes !

Nobuko : Mais je....

Son père : La discussion est close ! On quitte New York dans un mois !

Nobuko ouvrit la bouche cherchant quelque chose à dire mais rien ne sorti. Elle bouillonait de voir son père si fermé à ses propositions. Il reprit le cours de son diner et ne leva même pas la tête lorsque Nobuko quitta brusquement la table. En la voyant prendre la direction de la porte d'entrée, sa mère essaya de la retenir.

Sa mère : Où vas-tu ?

Nobuko : J'ai besoin de prendre l'air !

La jeune fille prit son manteau accroché à côté et claqua la porte en partant. Sa mère retourna dans la salle à manger où son mari n'avait pas bouger d'un centimètre.

Catherine : Ta fille vient de partir et tu ne bouges pas ?

Keitaro : Laisses lui le temps de se calmer...

Catherine : Tu aurais pu être moins direct. Bien sûr qu'il est hors de question de la laisser ici toute seule mais il faut aussi la comprendre. C'est son second déménagement en trois mois. Ce n'est pas facile pour elle !

Keitaro : C'est difficile pour tout le monde !

 

Rues de New York
20h00

Nobuko était encore très en colère contre son père lorsqu'elle sortit de l'immeuble. Elle lui en voulait de ne penser qu'à lui, qu'à son travail. Elle en avait assez de déménager et de faire comme si ce n'était pas si grave. Elle en avait assez de faire bonne figure.

Elle marcha à travers les rues du quartier sans vraiment savoir où elle allait. Il était encore tôt et les rues illuminées étaient pleines de passants.

Elle arriva à un passage piétons. Tout le monde traversa. Tout le monde sauf Nobuko qui était tellement absorbée par ses pensées qu'elle ne faisait pas attention aux feux. Le feu piéton passa au rouge mais Nobuko n'avait pas regardé. Elle allait posé un pied sur la route lorsqu'une force l'attira vers le trottoir. Elle s'apprêtait à passer un savon à la personne qui venait le faire tomber par terre lorsqu'elle apperçut une voiture passée devant elle si vite qu'elle aurait pu la faucher. En voyant le flot de véhicules, elle réalisa soudain qu'elle l'avait échappé belle.

Encore assise par terre, elle mit un moment avant de tout comprendre. Elle tourna la tête pour savoir qui lui avait sauvé la vie

Nobuko : Toi ?

La jeune fille se leva d'un bond et s'approcha de son sauveur.

Akira : Tu voulais en finir ou bien...

Nobuko : C'est rien ! Je pensais juste à autre chose ! Je n'ai pas vu que le feu était passé au rouge.

Akira : Tu as des problèmes ? Allez viens, je te paies un verre si tu veux ! Tu me raconteras tout ça.

Nobuko hésita un moment, se retrouver en tête avec Akira n'était pas dans son programme. Pourtant, elle avait froid et ne voulait pas rentrer chez elle, pas tout de suite en tout cas. Elle ne savait pas vraiment où aller, la proposition était alléchante.

Nobuko : Vas pour un café !

Akira souria. C'était la première fois depuis des jours qu'elle ne l'avait pas envoyé directement promené.

Nobuko : Mon opinion sur toi n'a pas changé ! Même après ce que tu viens de se passer ! Ce n'est pas parce que tu joues les héros que je vais....

Akira : Tu comptes camper ici ou tu préfères aller dans un endroit plus chaud ?

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