
Appartement des Okayasu
15h40
Nobuko était passée chez Akira afin de lui rendre le portable qu'il avait oublié chez elle la veille. Visiblement, Akira n'était pas là. Nobuko se fit cependant offrir une tasse de thé par la femme qui lui avait téléphonné un peu plus tôt dans la journée.
Nobuko : C'est très joli chez vous, madame Okayasu.
Kumiko (en souriant) : C'est très gentil mais je ne suis pas
madame Okayasu. Je ne suis pas la mère d'Akira bien qu'il soit
comme un fils pour moi.
![]()
![]()
Appartement des Okayasu
15h41
Nobuko était en compagnie de cette femme et l'écoutait avec intérêt. Elle voulait en savoir plus. Si elle n'était pas sa mère alors qui pouvait-elle bien être ?
Kumiko : Je m'appelle Kumiko Yamaguchi. Je suis au service de la famille Okayasu depuis plus de 16 ans maintenant. Depuis qu'Akira est bébé en fait, je m'occupais de lui quand il était petit.
Nobuko : Je vois... C'est
vrai qu'après toutes ces années, vous devez les considérer
comme des membres de la famille.
Kumiko : En effet. Et puis, avec son père qui vit au Japon,
Akira n'a plus que moi, ça nous a rappoché.
Nobuko : Sa mère est au Japon également ? Akira ne vit pas avec
ses parents ?
Kumiko : Madame Okayasu est décédée, il y aura bientôt cinq
ans de cela.
Nobuko : Je suis désolé, je l'ignorais.
Kumiko : Je pensais qu'Akira te l'avais dit. Vous êtes amis, non
?
Nobuko encore génée d'avoir posé toutes ces questions personnelles ne savait pas quoi répondre. Elle réalisa qu'elle cotoyait Akira depuis deux mois et qu'elle ne connaissait rien de lui si ce n'est qu'il soit japonais et ami de Jake.
Kumiko : En tout cas, Akira me parle souvent de toi.
Nobuko (surprise d'entendre cela) : C'est vrai ?
Kumiko : ça te surprend ?
Nobuko : Eh bien, un peu oui... En fait, on est pas vraiment ce
que l'on peut appeler des amis. Disons que l'on ai amené à se
rencontrer...
Kumiko : Il m'a raconté ce qui s'était passé sur le toit... Je
te remercie d'avoir pris soin de lui... Je n'ose pas imaginer ce
qui aurait pu se passer si tu n'avais pas été là.
Nobuko se demanda de quoi elle parlait. Qu'est ce qu'Akira lui avait raconté ? Cependant, elle n'avait pas vraiment envie de reparler de cet incident et répondit poliment avant de de passer à un autre sujet.
![]()
Bibliothèque pour enfants
16h30
Adena était au milieu d'un groupe d'enfants et leur lisait une histoire. Elle y mettait beaucoup d'énergie, changeant sa voix pour chaque personnage et ne cessant de faire de grands gestes pour mimer les différents élèments de l'histoire. Son public était fasciné.
Sarah la regardait, debout dans un coin de la pièce. Elle ne put que constater le changement radical du comportement d'Adena. Dans la matinée, cette dernière était un véritable zombie, faisant fuir les enfants. Maintenant, elle était devenue leur star. Ils ne voulaient plus la lâcher alors qu'elle refermait le livre lorsqu'elle termina sa lecture.
Adena : C'est fini ! Je vous promets de vous lire pleins d'autres histoires la semaine prochaine !
Alors que les enfants se dispersaient, Sarah en profita pour la rejoindre.
Sarah : Alors là, tu m'impressionnes !
Adena : Je vois pas pourquoi.
Sarah : Et bien, pour commencer, tu as un vrai don pour conter
une histoire. Ensuite, je trouve que tu gères plutôt bien ce
qui c'est passé ce midi avec Jake.
Adena : A ce propos, j'aimerais que tu ne parles de ça à
personne !
Sarah : Euh, pourquoi je ferais ça ? Je peux savoir ce que je
gagne à me taire ?
Adena : Quoi, tu me fais du chantage ? Toi ?
Sarah (qui perdit tout à coup sa confiance) : Non, enfin...
J'appellerais pas ça du chantage. C'est juste que...
Adena : Ecoutes ma
petite Sarah. On ne joue pas dans la même catégorie. Si tu veux
que l'on continue de travailler ici dans de bonnes conditions, il
serait préférable que tu ne me fasses pas de mauvais coup. Si
tu crois que je vais te laisser raconter ce que tu as vu...
Sarah : De toute manière, votre séparation ne va pas mettre
longtemps avant de faire le tour du lycée.
Adena : Peut-être mais pour ta sécurité, tu ferais mieux de te
la boucler !
Adena monta d'un ton en disant cela. Voyant l'effet qu'elle venait de produire, elle souria et s'en alla.
![]()
Appartement des Okayasu
17h00
Akira : Tadaima !
* Tadaima : Je suis rentré / Je suis de retour (à la maison)
! (Au Japon c'est la phrase rituelle quand on vient de rentrer
chez soi).
Lorsqu'il entra, Akira remarqua dans l'entrée une paire de chaussures inhabituelles, signe qu'il y avait un visiteur. Il s'avança dans le couloir, à la recherche de Kumiko. Il vit alors Nobuko aux côtés de sa gouvernante. Toutes les deux regardaient des albums photo.
Kumiko : Okaerinasai !
*Okaerinasai : Bienvenue (au retour de qq'un à la maison) (Content
de te voir de retour!) (Bonsoir)
Akira : Yankumi! Nobuko-chan ! Qu'est ce que vous faites ?
Nobuko
: Kumiko me montrait des photos de toi. T'étais mignon avec ton
look de rebelle et tes cheveux décolorés.
Nobuko lui montra une photo. Akira n'était pas ravi de voir son intimité dévoilé de la sorte.
Akira : Yankumi, pourquoi tu lui montres ça ? C'est privé !
Et puis d'abord, pourquoi tu es là ?
Nobuko : Tu avais oublié ton portable chez moi hier soir, je
suis venu le rapporter. Bien, je ne vais pas rester plus
longtemps, il faut que je rentre, j'ai un tas de choses à faire.
Kumiko-san, j'ai été ravie de vous rencontrer et je vous
remercie pour le thé.
Kumiko : Reviens me voir quand tu veux.
Nobuko : Avec plaisir.
Nobuko rejoignit la porte d'entrée. Alors qu'elle remettait ses chaussures, Akira arriva vers elle.
Nobuko : Qu'est ce que tu fais ?
Akira : Je te racompagne en bas.
Nobuko : Merci mais je crois que j'arriverais très bien à
prendre l'ascenseur toute seule.
Akira (en souriant) : Je n'en doutes pas mais Yankumi insiste
donc...
Nobuko :Tu fais toujours ce que te demandes ta nounou ?
Akira : Gouvernante ! Pas nounou, s'il te plait !
![]()
Rues de New York
17h00
Sarah sortait d'une station de métro et marchait tranquillement à travers la foule. Elle rentrait chez elle lorsqu'elle entendit la sonnerie de son téléphone portable. Elle sortit l'appareil de sa poche, à l'autre bout du fil, il y avait Charlie qui venait au rapport.
Charlie : Alors, ta journée avec la sorcière ?
Bien sûr, il parlait d'Adena. Sarah aurait voulu lui parler de ce qui c'était passé dans le parc, ça lui brulait les lèvres. Pourtant, elle n'arrivait pas à parler lorsqu'elle repensa aux menaces d'Adena. Même en étant séparée de Jake, elle allait continuer à être dangereuse, il ne valait mieux ne pas la chercher.
Charlie : Eh oh, t'es là ?
Sarah : Euh, oui, désolé ! Je suis juste un peu fatiguée.
Charlie : Je pensais te proposer une sortie...
Sarah : Désolé, je suis pas d'humeur à sortir ce soir.
Charlie : Bien, alors on se fait une soirée tranquille tout les
deux. Je passe chez toi avec la pizza. Je te laisse le choix du
film.
Sarah : OK, je choisirais un DVD. Je téléphonerais à Nobuko,
histoire de voir si elle veut se joindre avec nous.
![]()
Immeuble d'Akira, ascenseur
17h05
Nobuko s'engoufra dans l'ascenseur, suivit par Akira. Ce dernier appuya sur le bouton de rez-de-chaussée et les portes se refermèrent. L'ascenseur commença à descendre et brusquement, s'arrêta. La cabine se retrouva dans le noir. La lumière revint au bout de quelques secondes. Nobuko appuya de nouveau sur le bouton du rez-de-chaussée mais rien ne fonctionnait.
Nobuko : C'est pas vrai ! J'ai l'impression d'être dans un
mauvais film. Une fois de plus, on se retrouve bloqué tout les
deux. Cela va finir par devenir une habitude.
Akira : Au moins, cette fois-ci, tu ne feras pas une hypothermie.
Nobuko : Très drôle ! (elle appuya de nouveau sur le bouton)
Non, mais c'est pas croyable ! Cet immeuble est un vrai palace et
l'ascenseur qui tombe en panne. Ils feraient mieux d'investir
dans la technique plutôt que dans la déco !
Nobuko abandonna et se laissa tomber par terre. Akira appuya sur le bouton d'urgence et entra en communication avec un homme qui lui assura qu'une équipe les libérerait bientôt.
![]()
Immeuble d'Akira, ascenseur
17h30
Nobuko et Akira étaient enfermés depuis près d'une demi-heure, attendant patiement que l'on vienne les sortir de là. Le silence commençait à être pesant. Finalement, pour s'occuper un peu, Nobuko entama la conversation.
Nobuko : Ta gouvernante m'a dit que ton père vivait à Tokyo.
Il fait quoi exactement dans la vie ?
Akira : Il est PDG d'un grand groupe qui compte un tas sociétés.
Principalement des sociétés de communication.
Nobuko : Et ça ne te déranges pas de vivre tout seul ici ?
Akira : Moins je le vois, mieux je me porte. Je peux savoir ce
que t'as raconté Yankumi ? Tu sembles bien curieuse tout à coup.
Nobuko : Moi ? Non, pas du tout... Et d'abord pourquoi tu
l'appelles Yankumi ?
Akira : C'est un surnom. J'ai dû commencer à l'appeller comme
ça lorsqu'on est venu s'installer à New York...
Nobuko : Quand ta mère est morte.
Akira releva la tête vers Nobuko, visiblement surpris qu'elle en sache autant sur son compte.
Nobuko : Kumiko m'en a un peu parlé. Elle est restée très vague. Elle m'a juste dit que depuis son décès, c'était très tendu entre ton père et toi mais elle n'a pas voulu me dire pourquoi.
Akira : C'est parce que mon père me tient responsable de sa mort.
Nobuko : Attends ! Comment un enfant de 12 ans peut être responsable de la mort de sa mère ?
Akira s'arreta de parler mais il avait éveillé la curiosité de Nobuko. Elle n'allait pas le lâcher avant d'en savoir plus. Elle s'approcha de lui et vint s'assoir juste en face de lui. Il soupira puis finalement commença à donner une explication.
Akira : C'était il y a cinq ans, le 10 janvier 2002. A ce moment là, je vivais encore au Japon avec mes parents. Ce jour-là, j'avais rendez-vous avec ma mère après les cours. J'avais un peu de temps avant de la rejoindre alors je suis passé à la salle d'arcade avec des copains. J'ai joué aux jeux vidéos et lorsque j'ai réalisé que j'étais en retard, je me suis précipité. Lorsque je suis finalement arrivé, les secours étaient là. Ma mère s'était fait renversé par un chauffard.
Nobuko : C'est un accident ! Tu n'est pas responsable.
Akira : Ma mère est morte parce que je jouais à des jeux vidéos
avec des potes ! Si j'avais été là comme prévu, elle ne
serait pas restée à m'attendre à cet endroit. Elle s'en fait
renversée parce qu'elle m'attendait ! C'est de ma faute si elle
est morte ! J'ai tué ma mère !
Nobuko regarda longuement Akira sans savoir quoi lui dire. Elle voulait lui remonter le moral mais elle ne savait pas comment s'y prendre. Elle regrettait d'avoir posé toutes ces questions.
Nobuko : Excuses-moi.
Akira : Pourquoi tu t'excuses ?
Nobuko : Pour tout. Franchement, à côté, moi et mes petits
problèmes, ce n'est rien par rapport à ce que tu dois supporter
tout les jours. Hier, j'ai été un peu dure en te disant qu'il
n'y avait personne qui t'attendait chez toi. Gomen ! (*Gomen : je
suis désolée)
Akira : C'est rien, je vais pas t'en vouloir pour ça.
Nobuko : Bien, je suis contente de l'apprendre... Par contre,
j'aurais une dernière petite question à te poser. Promis, après
j'arrête de t'embêter mais Kumiko m'a dit quelque chose et je
n'ai pas vraiment compris de quoi elle parlait.
Akira : Poses toujours ta question, je verrais si je peux y répondre.
Nobuko : C'est à propos de ce qui s'est passé sur le toit du
lycée. Elle m'a remercié d'avoir pris soin de toi. Comment ça
se fait que tu ne te sois pas vanter de m'avoir sauvé la vie ?
C'est pourtant la version que tu as servi à mes parents.
Akira : Je n'allais pas leur dire toute la vérité.
Nobuko : Quelle vérité ?
Akira : Si j'étais sur le toit ce jour là, c'était pour une
bonne raison. J'avais décidé de... Enfin, tu vois quoi...
Nobuko : Quoi ? Te jeter dans le vide ? Tu veux dire que si je n'étais
pas arrivé, tu aurais sauté ! Mais qu'est ce qui t'a fait
changer d'avis ? Moi ?
L'ascenseur se remit soudain en marche puis les portes s'ouvrirent au rez-de-chaussée. Nobuko se releva et sortit de la cabine sans attendre d'autres explications. Toutes ses révélations avaient mis la jeune fille dans une situation délicate. Elle ne savait pas quoi dire, comment réagir. Finalement, elle opta pour la fuite.
Nobuko : On en reparlera plus tard, de toute manière on se verra en cours. Bye !