
Bibliothèque pour enfants
10h30
Une dizaine d'enfants étaient assis autour d'une grande table et faisaient tranquillement leurs devoirs. Sarah était avec une petite fille d'environ 10 ans. Elle l'aidait pour un exercice de mathématiques.
Un peu plus loin, Adena qui semblait ne pas avoir fini sa nuit. Cachée derrière des lunettes, elle n'adressait pas un mot. Lorsqu'un petit garçon, une feuille à la main, s'approcha de lui pour lui poser une question, Adena lui répondit sur un ton qui l'effraya. En voyant ça, Sarah vint vers eux, aida le garçon puis entraina Adena à l'écart.
Sarah : Moi aussi, j'aimerais être ailleurs, mais s'il te
plait, soit un minimum agéable ! Les enfants n'ont pas besoin de
subir ta mauvaise humeur !
Adena (ironiquement) : Tu as fini ?
Sarah : Non ! Enlèves ces lunettes ! Tu te crois en vacances ?
Tu fais peur aux gamins avec ce look.
Sarah lui enleva ses lunettes. Adena grimaça.
Sarah : Finalement, gardes les ! C'est encore pire !
Adena : Gardes tes reflexions, tu veux bien ! J'ai peut-être la
gueule de bois mais j'ai encore les idées claires.
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Tokyo, Appartement de Masaki
Dimanche, 1h30
Masaki, la grande soeur de Nobuko, vivait dans ce petit studio depuis plus d'un an, depuis qu'elle avait décroché un emploi à la Create Agency, une agence de publicité. Elle avait elle-même fait tout la décoration, durant ses rares moments de liberté.
La jeune femme était face
à son PC et discutait du Goukon auquel elle avait participé un
peu plus tôt dans la soirée avec sa soeur qui était à New
York.
* Goukon : soirée organisée pour des groupes d'hommes et de
femmes pour faire des rencontres.
Masaki : Enfin bref, la perle rare, je ne l'ai pas trouvé ce
soir.
Nobuko : Tu es bien trop exigeante. Tu recherches l'homme parfait.
Il faudrait que tu revoies tes critères, tu vas finir vieille
fille ! Si ça trouve, je me marierais avant toi !
Masaki : Mais bien sûr !
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Chambre de Nobuko
Au même moment, soit Samedi, à 11h30
Nobuko souria devant son écran en lisant ce que lui écrivait sa soeur pour justifier son manque de vie sentimentale. Soudain, une sonnerie de portable retentit. Nobuko se retourna et chercha l'origine de cette musique. Elle regarda sous son lit et vit un portable qu'elle ne connaissait pas qui continuait de sonner. Elle le prit et vit sur l'écran « Maison ». Elle décrocha.
Nobuko : Moshi moshi ?
* Moshi moshi : Allô en japonais.
Nobuko se reprit. Elle venait de parler avec sa soeur en japonais et avait complètement oublié qu'elle était aux Etats-Unis. Elle continua en anglais.
Nobuko : Allô ?
Une femme : Excuses moi, j'ai dû me tromper de numéro, je
voulais parler à Akira.
Nobuko : Il n'est pas là. Je viens tout juste de trouver son téléphone.
Il a dû l'oublier hier soir...
Une femme : Ah, vous êtes Nobuko ?
Nobuko : Euh, oui...
Une femme : Akira m'a beaucoup parlé de vous.
Nobuko se demanda qui était cette femme et pourquoi Akira lui aurait parlé d'elle.
Une femme : Vous ne savez pas où se trouve Akira ?
Nobuko : Désolé, je ne l'ai pas vu depuis hier.
Une femme : Bien, je ne vais pas vous déranger davantage.
Nobuko : Mais vous ne me
déranger pas du tout.
Une femme : Je peux vous demander autre chose ?
Nobuko : Bien sûr.
Une femme : Pourriez-vous rapporter le portable. Cela ne vous dérange
pas au moins ?
Nobuko : Non, non.... Je passerais dans l'après-midi.
Une femme : Vous êtes vraiment très sympathique, mademoiselle.
La femme donna une adresse et Nobuko la nota sur un post-it. Après avoir raccrocher, Nobuko se demanda qui était cette femme. Elle n'eut pas le temps de penser à une solution que son PC la rappela à l'ordre. Sa soeur s'impatientait sur MSN. Nobuko lui répondit.
Nobuko : Désolé, Sarah au téléphone.
Nobuko appuya sur la touche « Entrée » et se demanda pourquoi elle n'avait pas dit la vérité. Elle disait tout à sa soeur. Mais cette fois-ci, elle avait préféré éviter le sujet Akira. Elle savait très bien que si elle commençait à lui parler d'Akira, Masaki n'arrêterait pas de la taquiner.
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Central Park
12h30
Adena et Sarah étaient assises sur un banc et profitaient de leur pause déjeuner. Dans l'après-midi, elles devaient faire la lecture à de jeunes enfants du quartier et n'avaient pas le temps de rentrer chez elles. Sarah l'avait convaincue de manger dans le parc car il y avait un beau soleil malgré le froid de Janvier.
Sarah : Tu vas voir, ce sont les meilleurs hot-dogs de la
ville.
Adena : Rien que ça !
Sarah : Goûtes au lieu de parler !
Adena croqua dans son hot-dog et dû admettre que c'était très bon.
Adena : Je dois admettre que sur ce coup là, c'est toi qui
gagnes !
Sarah : Waouh ! C'est la première fois que j'entends quelque
chose de gentil sortir de ta bouche.
Adena : Arrêtes ! A t'entendre je suis une vraie sorcière ! Je
suis si horrible que ça ?
Sarah : Et bien.... Oui !
Adena : Quelle franchise !
Sarah : Je dis juste tout haut ce que tout le monde pense tout
bas.
Adena : Sympa !
Sarah : Et ton mal de crâne ?
Adena : ça va mieux, merci.
Les deux jeunes filles continuèrent de déjeuner sans se disputer. Quelqu'un qui ne les connaissait pas aurait pu les prendre pour deux amies en les voyant comme ça. Soudain, Adena se figea.
Sarah : Qu'est ce qu'il y a ?
Adena ne répondit pas. Elle laissa tomber son reste de hot-dog et se mit à courir dans un coin du parc. Sarah la suivit du regard et comprit ce qui se passait lorsqu'elle vit vers qui elle se dirigeait.
A quelques mètres, se trouvait Jake. Il était accompagné d'une jeune fille blonde que Sarah ne connaissait pas. Elle comprit que cette dernière était bien plus qu'une simple amie lorsque les lèvres de Jake se posèrent sur les siennes. De loin, elle vit Adena s'approcher. Jake l'aperçut mais n'eut pas le temps de réagir qu'elle lui hurlait déjà dessus.
Adena : Mais qu'est ce que tu fais ? Ça fait combien de temps
que tu me mènes en bateau ? Hein, dis-moi, ça fait combien de
temps que tu te fous de moi ? Et moi qui te faisait confiance !
Ce que j'ai pu être idiote...
Jake : Adena, je vais t'expliquer...
Adena : M'EXPLIQUER ?
M'expliquer quoi ? Il n'y a rien à expliquer, c'est clair, non ?
Je crois que l'on a plus rien à faire tout les deux, plus à
rien à se dire ! Retournes donc avec ta pétasse !
Jake : Elle s'appelle Andy ! Ne dis pas des choses pareil alors
qu'elle est juste devant toi !
Adena se tourna vers Andy sans prendre en compte la remarque de Jake.
Adena : C'est pourtant ce que tu es ! Une pétasse ! Une
voleuse de petit ami !
Andy : Si ça te rassures de penser ça !
Adena ne pensait pas qu'elle répondrait et se trouva prise au dépourvu. Sa rivale continua.
Andy : Tu ferais mieux de te demander pourquoi il est aller voir ailleurs ! Si Jake est venu me trouver, c'est parce qu'il considérait votre histoire comme terminée ! Fais toi à cette idée !
Bléssée de voir Jake au bras d'une autre, Adena sortit de ses gonds lorsque cette dernière commença à jouer avec ses nerfs. Mais qui était-elle pour lui parler de la sorte ? Elle leva la main et lui donna une gifle. Jake s'interposa et c'est lui qui la reçu.
Adena resta bouche bée, paralysée, durant quelques instants. Jake protégeait Andy. Avant, c'était elle qu'il aurait protéger comme ça. Une larme coula sur sa joue. Elle comprit que Jake l'avait abandonnée. Elle s'enfuit en direction de la sortie du parc. Jake se retourna vers Andy sans un regard pour Adena.
Sarah avait suivi toute la scène un peu plus loin. Elle se dépécha de rattrapper Adena.
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5ème avenue
15h30
Nobuko n'avait pas eu de mal à trouver l'immeuble où vivait Akira. C'était à deux pas de chez elle et y était aller à pieds. Elle fut cependant surprise en entrant dans le hall car tout semblait assez luxueux. Elle savait qu'Akira était quelqu'un d'aisé mais ne le pensait pas si riche.
Elle s'adressa à la réception pour se faire annoncer. Quelques minutes plus tard, elle se trouvait dans l'ascenseur qui la déposa au 12ème étage. Elle toqua à la porte et une femme asiatique d'une quarantaine d'années lui ouvrit. A sa voix, Nobuko reconnut la femme qui l'avait appelé par téléphonne.
Femme : Je te remercie d'être passée, entres donc un instant ! Je préparais du thé, tu en veux ?
Nobuko suivit la femme. En entrant, elle se déchaussa puis tout en avançant dans l'appartement, elle se sentit toute petite. Aux murs, se trouvaient des toiles de maitres et dans toutes les pièces, Nobuko ne put que remarquer les diverses oeuvres d'art. Elle s'asseya au salon et vit la femme qui revenait avec du thé.
Nobuko : C'est très joli
chez vous, madame Okayasu.
Femme (en souriant) : C'est très gentil mais, je ne suis pas
madame Okayasu !