1.12 And the winner is...

Studio de radio
Vendredi 15h10

Sarah était assise face au micro et s'amusait à jouer à l'animatrice. Elle était sûre d'avoir gagner, ce n'était qu'une question de minutes pour en être sûr. Le principal allait entrer et lui annoncer qu'elle était la gagnante du concours, elle en était convaincue.

La porte du studio s'ouvrit et Sarah se retourna en souriant pensant que c'était le principal. Elle se rendit vite compte qu'elle s'était trompée. Adena posa son sac et la bouteille d'eau qu'elle tenait à la main sur la table puis se tourna vers Sarah, le regard noir.

Adena : Dégages de cette chaise ! C'est ma place !
Sarah : Hors de question que je bouge !
Adena : Attends, tu crois vraiment que tu as une chance de gagner ?

Elle éclata de rire. Sarah sentait sa colère montée mais essaya de rester le plus calme possible. Adena cherchait à la mettre hors d'elle, elle n'allait pas lui faire ce plaisir.

Adena : Non, tu as vraiment cru que l'on pourrait voter pour toi ? Comme c'est touchant !
Sarah : En tout cas, une chose est sûre. Si les élèves ont votés pour moi, c'est parce qu'ils auront apprécié mon émission.
Adena : Tu insinues quoi ?
Sarah : Juste que tu es la pire animatrice radio que j'ai rencontré !
Adena : Ma patience a des limites, pousses toi de cette chaise immédiatement.
Sarah : Je ne bougerais pas !
Adena : Tu veux jouer les rebelles ? Très bien, comme tu veux !

Adena saisit Sarah par le col de son uniforme et la poussa vers le mur. Cette dernière tomba par terre mais se releva tout de suite. Adena avait prit place sur la chaise. Sarah la délogea à son tour. Les deux jeunes filles commencèrent à se donner des coups. Le spectacle était cependant assez comique car aucune d'elles ne savait réellement se battre. Cepandant, aucune ne voulait laisser la victoire à l'autre et rien ne semblait pouvoir les arrêter.

Soudain, elles trébuchèrent sur la table et la bouteille d'eau qu'Adena avait posé là quelques minutes plus tôt se déversa sur la console radio. L'eau en contact avec l'electricité produisit quelques étincelles. Les deux lycéennes arrêtèrent de se battre et regardaient ce spectacle, impuissantes. Quelques secondes plus tard, les plombs sautèrent et tout le lycée se retrouva privé de courant.

 

Générique

Salle de cours
15h20

Le professeur d'économie donnait une explication en utilisant un schéma. Il était projeté au mur grâce au retro-projecteur. L'appareil s'éteignit soudainement. Le prof essaya de le rallumer puis se rendit compte que les plombs avaient sautés lorsqu'il appuya sur l'interrupteur des néons et qu'aucune lumière n'apparut.

Le prof : En attendant le courant revienne, je vais vous expliquer ce que j'attend de vous pour votre premier devoir.
Charly (à voix basse à Nobuko, assise juste à côté de lui) : C'est notre deuxième cours il nous donne déjà un devoir ! Il perd pas de temps.
Le prof : L'étude du budget familial ! Ne vous inquiétez pas, c'est plus marrant qu'il n'y paraît !
Charly (chuchotant) : Je demande à voir !
Le prof : Ce travail se fera en couple. Dans cette boite, se trouvent vos noms. Vous tirerez chacun votre tour un partenaire au sort et je vous attribuerais ensuite une identité. Votre objectif sera de préparer le budget fictif de votre foyer. Combien d'argent devez-vous consacrer dans l'année pour la nourriture, les vêtements, les voyages ? Ce sont des questions que se posent tous les ménages. Ce sont les questions auxquelles je veux que vous répondiez. Qui veut commencer ?

Une jeune fille du premier rang se proposa puis peu à peu tout le monde se trouva un partenaire. Il ne restait plus que cinq élèves : Nobuko, Charly, Akira, Nikki et Justin, un autre lycéen. Ce fut le tour de Charly de tirer au sort. Nobuko ferma les yeux et pria de toute ces forces pour qu'il tombe sur son nom. Elle ne voulait surtout pas se retrouver avec Nikki, elle gardait un mauvais souvenir de leur dernière « discussion » et aurait bien voulu éviter de passer du temps avec Akira.

Charly : Justin !

Nobuko ouvrit les yeux et se demanda bien pourquoi le sort s'acharnait contre elle.

Le prof : Bien, vous êtes un couple de même sexe.
Charly : Un couple gay, quoi !
Le prof : Charly, vous êtes cadre dans une société et vous Justin, vous êtes avocat. Vous êtes un couple aisé, vous projettez de vous marier dans l'année, il faudra le prévoir dans votre budget. Très bien, continuons.

Le prof continua à se balader dans la classe et s'approcha d'Akira pour qu'il choissise un nom. Nikki, assise au fond de la classe, semblait très concentrée et n'attendait qu'une chose, être tirer au sort.

Akira : Nobuko ! (il se tourna vers elle) Je vais vraiment finir par croire que le destin s'acharne.
Nobuko : Monsieur, y'a pas moyen de changer ? J'ai pas envie d'être avec lui ! Je pourrais pas le faire seule ce devoir ?
Le prof : Désolé, si l'on tire au sort, cest justement pour vous ne choissisiez pas. Le hasard en a décidé, vous êtes marié avec Akira.
Nobuko (en ironisant) : Quelle chance !
Le prof : Akira vous êtes employé dans la pub. Nobuko, vous êtes traductrice, vous travaillez chez vous. Vous avez deux enfants de 8 et 10 ans à l'école primaire. Il ne reste plus que vous Nikki. Vous avez divorcée, un enfant et êtes la gérante d'un grand hôtel. Voilà, tout le monde a été servi. Vous avez deux semaines pour me rendre ce devoir. Et faites le conscieusement, il comptera pour 25% de votre note trimestrielle.

 

Bureau du principal
15h40

Assises devant le bureau du principal, Adena et Sarah évitaient de croiser leurs regards. Elles attendaient que le principal et ne s'échangeaient pas un mot depuis plusieurs minutes. Finalement, c'est Adena qui brisa le silence.

Adena : En tout cas, merci ! Grâce à toi je peux dire adieu à l'émission !
Sarah : Mais c'est qui l'idiote qui a ramené une bouteille d'eau dans le studio ?
Adena : Et qui c'est l'idiote qui la renversé ?

Sarah : C'est facile d'accuser les autres ! On n'en serait pas là si tu n'avais pas cette obssession de pouvoir et de domination. Tu devrais te faire soigner, ça t'aiderait tu sais !
Adena : Mais pour qui tu te prends ?

Adena s'apprétait à lui sauter dessus mais le principal choisit ce moment pour entrer.

Le principal : On vous entend à l'autre bout du couloir, vous avez bientôt fini de vous disputer ? Je peux savoir ce qui vous prend ? Qu'est ce que c'est que ces comportements ? Vous me decevez beaucoup. Mademoiselle Baker, je vous pensais plus responsable que ça. Vous battre avec une camarade, vous pensez que c'est une bonne image à donner en tant que représentante des élèves ?
Sarah : Non, je suis désolé.

Sarah baissa la tête, elle ne pouvait pas affronter le regard du principal. En voyant cette dernière se faire sermoner, Adena souria.

Le principal : Mademoiselle Stiles, cela vaut également pour vous ! Avez-vous pensez aux conséquences ?
Adena : Ne vous en faites pas, mes parents paieront les dégats.
Le principal : Ce n'est pas qu'une question d'argent ! C'est trop facile de régler les problèmes de cette manière. Votre altercation a détruit entièrement le studio radio et a endommager une partie de l'installation électrique du lycée.
Sarah : Vous allez nous renvoyer ?
Le principal : Je le pourrais mais nous sommes à six mois de la remise des diplômes et vous faites parti de nos meilleures élèves. Je ne peux pas laisser cette erreur vous empêcher d'intégrer une bonne université l'année prochaine.
Adena : Et qu'est ce qui va nous arriver ?

 

Chambre de Nobuko
18h00

Allongée sur son lit, Nobuko était au téléphone avec Sarah depuis un petit bout de temps déjà. Sarah ne se remettait toujours pas de la sanction qu'avait choisi le principal.

Sarah : Mais le pire dans l'histoire, ce n'est pas le travail d'intérêt général, après tout, je suis en partie responsable des dégats et il faut bien rembourser. Non, le pire, c'est que je sois obligé de le faire avec Adena ! Je ne pourrais pas passer tout ce temps avec elle !
Nobuko : A mon avis, elle pense comme toi ! Vois les choses du bon côté, tu aurais pu te faire renvoyer, passer quelques heures avec Adena, c'est quand même mieux, non ?
Sarah : A vrai dire, je n'en suis pas si sûre ! Et dire que je vais passer mon samedi avec elle ! La galère !
Nobuko : Quoi, tu commences demain ? Mais c'est quoi au juste de travail ? J'ai pas bien compris.
Sarah : Durant deux semaines, on va donner des cours de soutien à des gamins et leur faire la lecture.
Nobuko : Le principal n'a pas été tellement dur avec vous.
Sarah : Nobuko, je vais devoir supporter Adena, c'est ça la vraie sanction !

On toqua à la porte, Nobuko releva la tête et vit sa mère dans l'entrebaillement de la porte.

Sa mère : Nobuko, il y a Akira qui est là ! Il m'a dit que vous aviez un devoir à faire ensemble. Il t'attend dans le salon.

Sa mère referma la porte. Nobuko perdit son sourire et revint un instant vers Sarah qui attendait à l'autre bout du fil.

Nobuko : Je dois te laisser, Akira vient de s'incruster chez moi !
Sarah : Quoi ?
Nobuko : Je t'en ai parlé, on est en cours d'économie ensemble. Le prof vient de nous coller un devoir à faire tout les deux mais je t'expliquerais plus tard, je dois te laisser. Je ne veux pas le laisser avec ma mère trop longtemps.

Nobuko raccrocha après avoir dit au revoir à Sarah puis se précipita au salon. Akira était tranquillement assis sur le canapé attendant le thé que préparait la mère de madame Kotani. Nobuko essaya de retrouver un ton calme devant sa mère.

Nobuko : Maman, on va dans ma chambre, on sera mieux, ça pose pas de problème ?
Sa mère : Très bien, je vous apporte du thé dans cinq minutes.

Akira suivit Nobuko à travers les couloirs de l'appartement et arriva finalement dans la chambre de la jeune fille. Elle referma la porte tandis qu'Akira jettait un oeil sur les différentes photos accrochées au mur. Il saisit un cadre sur le bureau mais n'eut pas le temps de demander d'explication que Nobuko lui arracha des mains.

Nobuko : Ne touches à rien !
Akira : Ne t'inquiètes pas, je vais rien casser !
Nobuko : Qu'est ce que tu fais là ? Et qu'est ce que tu as raconté à ma mère ?
Akira : Arrêtes, ta mère m'adore !

Nobuko ramassa les vêtements qui trainaient par terre, elle ne voulait pas laisser l'opportunité à Akira d'apercevoir un de ses sous-vêtements.

Nobuko : Elle ne te connait pas ! Elle pense que tu m'a sauvé la vie sur le toit du lycée !
Akira : C'est la vérité, non ?
Nobuko : N'importe quoi ! C'était juste... Oh mais c'est pas la question, pourquoi tu es là ? On n'avait pas prévu de travailler notre éco ce soir.
Akira : Je passais près de chez toi, c'était l'occasion.
Nobuko : Mais bien sûr... On est vendredi soir, tu n'as pas pensé que j'avais d'autres projets ?
Akira : Tu as d'autres projets ?
Nobuko : Quoi ? Non, enfin...
Akira : Bien, alors c'est réglé !
Nobuko : Arrêtes de tout décider comme ça !

La mère de Nobuko interrompit la discussion. Elle posa le plateau de thé sur le bureau puis se tourna vers sa fille.

Sa mère : Ton ami reste diner ?
Nobuko : Ce n'est pas mon ami, c'est juste...
Akira : son mari !
Sa mère : Comment ?
Nobuko : C'est juste un exercice pour le devoir d'économie, on doit se mettre dans la peau d'un couple marié. (elle se tourna vers Akira) Continues comme ça et on restera pas mariés très longtemps.
Akira : Madame Kotani, ça me ferait très plaisir de rester diner !
Nobuko : Tu n'as pas personne qui t'attend chez toi pour accepter si vite ou quoi ?
Sa mère : NOBUKO ! Qu'est ce qui te prend !
Nobuko : Désolé...
Sa mère : On dinera lorsque ton père rentrera vous pouvez travailler sur votre devoir en attendant.

Elle sortit de la chambre de sa fille laissant les deux adolescents seuls. Nobuko se retourna vers Akira et s'apprétait à continuer à lui dire ce qu'elle pensait de sa présence ici mais elle remarqua qu'Akira ne semblait plus si enjoué tout à coup.

Nobuko : Akira-kun ! Daijoubu* ?
*daijoubu : ça va ?

 

Bar d'un hôtel chic
21h30

Adena était seule au comptoir du bar et sirotait un cocktail Metropolitan. Elle en était à son quatrième verre et commanda un autre verre au barman. En attendant sa commande, elle sortit un portable de son sac à main et téléphonna à Jake. Elle tomba sur la messagerie. Elle soupira et attendit le bip pour parler.

Adena : Jake, je ne suis pas du tout mais pas du tout contente ! Je t'attend depuis près d'une heure ! Tu te fous de moi ? Je viens de passer une journée pourrie, je pensais me rattraper dans la soirée mais visiblement, tu n'es pas du même avis que moi. Enfin bref, j'espère que tu as une bonne excuse que pour me planter de la sorte !

Adena raccrocha et but d'une traite, le verre que le serveur venait de poser près d'elle.

 

 

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